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L'aura du Guide Michelin fait-elle toujours briller les étoiles ?

Au sommet de la confrérie des guides gastronomiques, l'incontournable guide Michelin, dont les étoiles font figure de Graal pour bien des restaurateurs. Une mise en lumière dont l'impact économique n'est pas neutre.

Restaurants étoilés en Maine-et-Loire :

  • - Une Île - 9 rue Max-Richard - 49000 Angers - 02 41 19 14 48
  • - Château de Noirieux - 26 Route du Moulin - 49125 Briollay - 02 41 42 50 05
  • - Auberge de la Diligence - 4 rue de la Libération - 49440 Loiré - 02 41 94 10 04
  • - Le Gambetta - 12 rue Gambetta - 49400 Saumur - 02 41 67 66 66
  • - Le Favre d'Anne (21 Foch) - 21 boulevard du Maréchal-Foch - 49000 Angers - 02 41 36 12 12

L'obtention d'une étoile, c'est un moment rare qu'un chef n'oublie jamais. Pour le public, la reconnaissance des guides gastronomiques est loin d'être anodine. Gault&Millau, Bottin Gourmand, Pudlo, Guide Michelin... sont autant de prescripteurs qui jouissent de la confiance des gourmets.
Sur ce point, l'avis de François Simon, journaliste et critique gastronomique - qui a officié plusieurs années au Figaroscope et qui anime aujourd'hui une émission sur Paris Première (« Paris Dernière ») - diffère quelque peu. « Aujourd'hui, la donne a changé dans un univers numérique ultra médiatisé. Tout a explosé, s'est fractionné. Auparavant, les guides étaient prescripteurs. Ils amenaient des clients. Qui contribue aujourd'hui à remplir les restaurants ? Les sources sont beaucoup plus diffuses. Si le Guide Michelin continue de remplir les restaurants, c'est avec moins d'impact. L'efficacité des guides s'est diluée au fil des années. Les clients démultiplient les sources d'information. Les guides gastronomiques, un monde qui se cherche sans savoir vers quoi il se dirige».  Pour autant les 20 à 30 % d'augmentation du chiffre d'affaires qui suivent l'obtention d'une étoile sont toujours une réalité. Illustration que le rôle des guides et leur notation est avant tout économique.

L'art du camouflage
Faiseurs de réputations et de tendances, critiques, ces agences de notation des grandes tables mondiales aiment à cultiver l'art du secret. Pour la plupart, les mots d'ordre sont : terrain, discrétion, objectivité. Au Michelin, ils sont une centaine d'inspecteurs à sillonner le monde, tous salariés. Anciens chefs, ou des professionnels sortis d'écoles d'hôtellerie, ils ont une grande expérience de la gastronomie et suivent ensuite une formation au cours de laquelle ils se familiarisent avec les critères de jugement du guide. Chez Gault&Millau, en fonction des années, entre 20 et 25 enquêteurs (non pas salariés mais dédommagés de la note, puis rémunérés à la pige) sillonnent les bonnes tables.
 Comme l'explique Côme de Chérisey, Directeur général du Gault&Millau, «Internet, les réseaux sociaux et autres sites d'avis ont contraint les guides gastronomiques à revoir leur modèle économique. Mais les guides ont un impact. A la différence de la multitude de sites d'avis, de blogs... notre signature est celle d'une expertise. Cet engagement amène des clients avertis. La reconnaissance d'un guide gastronomique attire toujours la lumière sur les « heureux élus » et des clients, plus gourmands. Notre approche est avant tout de découvrir des cuisiniers qui savent cuisiner, non des restaurateurs ». Dans cet esprit, le Gault&Millau a créé « la dotation Gault&Millau pour les Jeunes Talents », des cuisiniers que le guide repère et accompagne en contribuant à leur mettre le pied à l'étrier, non content d'affirmer que souvent, un établissement repéré par le Gault&Millau sera confirmé par le Guide Michelin quelques temps plus tard.

Les guides se valent-il ?
Tous sont importants avec un positionnement différent pour chacun. Mais dans cet univers de publications gourmandes, le Michelin reste la référence. Il a pour principe de ne pas commenter ses appréciations. Il a une approche un peu froide mais qui, paradoxalement, continue à entretenir l'aura de ce guide emblématique de la gastronomie française bien au-delà des frontières de l'hexagone.
Aux yeux d'une clientèle avisée pour qui les étoiles représentent le haut de gamme, le Michelin reste le premier guide consulté, selon Gérard Bossé du restaurant « Une île » (Angers). «Cette distinction reste importante et a une retombée certaine sur la fréquentation de notre établissement auprès de la clientèle de passage qui ne viendrait pas chez nous sans étoile. Paradoxalement, elle est un handicap pour une clientèle qui craint le formalisme (qui d'ailleurs n'existe plus) des tables étoilées. Enfin, être étoilé, c'est pas mal quand même !».

En 2014, lorsque le chef Pascal Favre d'Anne a décidé de faire un break de plusieurs mois et de réouvrir son restaurant dans un autre lieu en 2015 (le 21 Foch, Angers), cela a fait du bruit dans Landerneau des cuisines. Un choix audacieux qu'il a fallu assumer même si l'étoile de l'établissement s'est arrêté de scintiller pendant son absence pour lui revenir en février dernier. «Le choix de la stratégie commerciale que nous avons fait correspond à nos souhaits, à ce que nous avions envie de faire aujourd'hui, même s'il n'a pas été compris de certains». En récupérant son étoile, le chef angevin s'est senti à nouveau dans la cours des grands. Pour Pascal Favre d'Anne, figurer au panthéon des étoilés est gage d'une notoriété immédiate, d'un impact économique évident.
«Lorsque nous avons obtenu l'étoile en 2008, le chiffre d'affaires a augmenté de 25 à 30 %». L'étoile «2016» aura-t-elle les mêmes incidences positives ? Ce qui est certain c'est que cette nouvelle consécration a eu de suite un effet bénéfique sur la fréquentation du restaurant. Les retombées ne sont pas exclusivement économiques. Avoir une étoile c'est aussi s'ouvrir d'autres portes, comme se voir proposer des prestations de consulting. «L'étoile n'est pas un but en soi. C'est l'amour du produit, la recherche de l'excellence qui nous mène vers l'obtention de cette consécration». Et de toute évidence, l'aura des étoiles du Michelin brille toujours bien au-delà de l'hexagone. «Lors cette période de vacance où je suis allé en Asie, me présenter comme un chef étoilé français avait un impact indéniable, davantage que si j'avais été numéro un sur le site de Tripadvisor. La dilution des sites d'avis, des guides et autres n'a pas impacté la suprématie du Guide Michelin». Autre impact indirect du guide Michelin, celui d'être un vecteur d'attractivité pour un territoire. «Aller dans un restaurant étoilé, c'est aussi visiter la ville, dormir sur place. Il y a en France une vraie clientèle qui choisit de se déplacer pour découvrir des restaurants étoilés. Le Maine-et-Loire peut s'enorgueillir d'avoir cinq établissements étoilés, dont deux à Angers alors que Nantes et Tours n'en ont qu'un».
Comme son confrère, Mickaël Pihours, chef étoilé du restaurant Le Gambetta à Saumur, a vu son chiffre d'affaires augmenter de 25 % l'année suivant sa consécration. Le Guide Michelin l'avait déjà repéré. Six mois après son ouverture (2006), Le Gambetta se voyait attribuer un Bib gourmand. L'effet étoile s'est également fait sentir auprès de la clientèle, plus en nombre mais aussi plus exigeante ;  clientèle hexagonale comme internationale qui n'hésite pas à venir de loin comme ces touristes australiens, pour le seul plaisir de découvrir la cuisine de Mickaël Pihours. Un atout qui a naturellement une incidence sur l'attractivité touristique. Cette étoile, outre le fait d'avoir été la réalisation d'un rêve de gamin, a surtout été une formidable opportunité pour le chef saumurois de s'exprimer plus encore dans l'assiette. «L'étoile m'a donné davantage de confiance, d'assise dans ma cuisine. Il y a certes une certaine pression  et rien n'est jamais acquis. Du jour au lendemain, on peut perdre l'étoile. Mais je prends de la distance et continue à faire la cuisine qui me plait et qui plaira, je le souhaite, à mes clients».

Michel Cudraz, chef étoilé de l'Auberge de la Diligence, à Loiré, figurait lui aussi au Guide Michelin avant d'obtenir sa première étoile. Bib gourmand pendant dix ans, il a décroché l'étoile en 2008. «Dans un premier temps, l'obtention de l'étoile a fait venir une clientèle qui ne fréquente que des établissements étoilés». Cette fameuse étoile qui, selon Michel Cudraz, est la garantie d'avoir une bonne cuisine, un cadre et un accueil agréables. «Décrocher l'étoile n'était pas une fin en soi mais un souhait comme tout chef cuisinier qui tend constamment vers l'excellence. Cette étoile est une reconnaissance professionnelle au niveau mondial, non seulement de la part des clients mais aussi de nos pairs. Etre dans le guide Michelin, c'est entrer dans le cercle de grands chefs. Dans le monde entier, on sait ce que cela signifie. Qui est capable aujourd'hui de juger une bonne cuisine, des produits de qualité ? Le Guide Michelin reste le référent en la matière». Pour le chef de la Diligence, avoir une étoile n'implique pas de plus grande pression. «La pression, nous nous la mettons nous-mêmes. La seule pression, c'est la veille de la parution de la nouvelle édition du Guide». Un  regret toutefois pour Michel Cudraz : le fait que les établissements étoilés du Maine-et-Loire ne soient pas assez mis en lumière par le département. «Pourquoi ne pas utiliser notre image et communiquer davantage autour de ces restaurants étoilés ? Le Guide Michelin a référencé quelque 1 500 tables dans le monde entier. Sur ces 1 500 tables, 5 sont dans le Maine-et-Loire. Tout de même... ».
La 5ème étoile c'est à Briollay qu'elle brillait. Pour Gérard Côme, ancien chef du Château de Noirieux, «Le Guide Michelin est la plus belle récompense pour un cuisinier, la reconnaissance de ses pairs dans la profession et une valeur sûre de qualité, qu'il y ait une, deux ou trois étoiles et ce pour encore très longtemps. L'impact d'une ou des étoiles restent très grand pour tout établissement. Pour une maison comme la nôtre, elle nous procure chaque année un nombre important de clients qui ne viendraient pas à nous sans cette grande distinction».


(Au moment où nous bouclons le magazine, les cuisines du Château de Noirieux viennent d'être cédées à Marco Garfagnini).


Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°45 - octobre 2016

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Quand le vin passe au shaker numérique

Quand on pense « vin », on pense aux effluves d'une cave, au parfum d'un vin qui décante, à l'échange, au partage. Le vin, une culture vieille comme le monde, l'anti-thèse du monde virtuel et numérique. En apparence...

Contact CCI :
Pôle numérique
02.41.20.49.55
numerique@maineetloire.cci.fr

Des vignes, à l'été finissant, porteuses de lourdes grappes. Des premiers jus porteurs d'heureuses promesses suivis de dégustations quasi solennelles. Tout respire dans le vin. Tout a vocation à l'évocation. Il n'est de domaine plus sensoriel que celui du vin. Il n'est de domaine plus virtuel que celui du numérique. Cherchez l'erreur. Il n'y en a pas. Les TIC qui se sont immiscées depuis quelque temps dans nos papilles, nos verres et nos bouteilles sont au contraire des exhausteurs de sensations. Conjuguant le réel et le virtuel, ces technologies numériques libèrent les contraintes spatiales et temporelles. Elles nous plongent dans un univers propice au réveil de nos ressentis sensoriels et synesthésiques. 
C'est par la porte de l'oenotourisme que le numérique a fait son entrée, il y a quelques années. La plupart des régions vitivinicoles proposent aujourd'hui des applications numériques pour se repérer dans les vignobles à l'unisson des navigations sur écrans tactiles ou smartphones, pour suivre des parcours touristiques ou valoriser l'œnotourisme régional. Les visites de cave ou de lieux d'exposition autour de la vigne et du vin font de plus en plus appel à ces technologies appliquées à la création de mondes virtuels ou numériques, sous forme d'immersion dans des dispositifs scénographiés ou d'utilisation de supports innovants pour réenchanter la relation à cet univers. En favorisant l'immersion dans le monde du vin et la liberté de se mouvoir, de s'émouvoir, les technologies numériques amplifient les effets de la subjectivité. C'est le propre du réenchantement et la promesse du numérique. Les TIC ouvrent des voies à l'immersion sensorielle en lui permettant de gagner en rondeur et en épaisseur grâce à la multiplication des écrans et des périphériques numériques (smartphones, ordinateurs, tablettes...). La marge de progression est encore très importante pour toutes ces applications, notamment avec des attentes qui débordent l'instant de la visite.
Avec ses éléments de discours fondés sur le terroir, la tradition et l'authenticité, le secteur de la vigne et du vin ne s'impose pas d'emblée comme un modèle d'innovation. 
Mais ses valeurs de réassurance n'ont rien de contradictoire avec les capacités d'adaptation pour optimiser la qualité, précisément au nom d'un savoir-faire, d'une réputation. En 2014, une proposition de loi du Sénat soulignait : « nous devons permettre à des acteurs de valoriser ce patrimoine et cette culture via les nouvelles technologies, afin de ne pas compromettre l'avenir de l'ensemble de la filière ». Pour le secteur viticole, cette révolution numérique est un train qu'il ne faut surtout pas laisser passer. Vivier d'innovations par excellence, le monde virtuel est  - et sera demain plus encore - un levier pour stimuler et rendre le marché du vin plus accessible dans un contexte où la concurrence, désormais mondiale, s'est fortement intensifiée.

Applis, objets intelligents... Le virage vino-numérique
Le marché du vin et des spiritueux est en train de prendre un virage numérique. On attend des vins qu'ils se comportent comme des marques, avec une utilisation des outils numériques, toujours plus professionnelle et stratégique. Les systèmes sont si nombreux et sophistiqués qu'on en appelle à un écosystème digital, à une gestion cohérente entre les ordinateurs, portables, smartphones, tablettes. Par ailleurs, les blogueurs et les réseaux sociaux ont acquis une influence considérable. Simultanément, s'est développée une myriade d'applications web et mobiles permettant aux consommateurs d'acheter autrement ou d'apprendre les rudiments de la dégustation ou de la gestion de sa cave à vin. Si le numérique intensifie la concurrence dans le secteur viticole, il offre aussi de nouvelles opportunités dont peuvent se saisir les acteurs. Pour cela, ils doivent notamment savoir cibler les e-commerçants selon leurs spécificités (discounter, ventes privées, généralistes...). Côté production et producteurs d'abord, le secteur devrait bénéficier des immenses progrès de la science des données (big data) pour améliorer la qualité et les rendements du vin, notamment grâce à la collecte permanente d'informations par drone comme l'expérimente actuellement la société Vitivista (dans le Bordelais). Pour aider les producteurs de grands vins à réduire la contrefaçon, la start-up Qual'ID propose un système de traçabilité qui fonctionne avec les technologies NFC (Near Field Communication). Wine Services aide les propriétaires de grands crus à suivre de près leurs produits dans le monde entier (sont-ils à la carte des meilleurs restaurants internationaux ? Quels sont leurs prix moyens dans les pays, etc.).

Expériences numériques autour du vin
Dans le cadre de la « Semaine des Vins de Loire », en février dernier, était organisée  à Angers (*) une manifestation inédite autour du thème « Vin, numérique et créativité ». Un événement qui fit la part belle à de nombreux concepts numériques dédiés à l'univers du vin. Entre autres produits ou services qui y furent présentés : une bande-dessinée interactive (« Esprits du Vin »), dont l'objectif est de promouvoir l'oenotourisme en associant le 9ème art, la réalité augmentée et un jeu en réalité alternée ; Vinomusic, jeune marque de négoce dans le domaine du vin, dont la vocation est de mettre en avant des vins de producteurs en rapprochant le producteur du consommateur. Pour désacraliser le langage œnologique, elle utilise les termes et les codes musicaux connus de tous, associant une playlist différente pour chaque vin. Une clé de lecture musicale permet ainsi aux non-connaisseurs d'y « boire » plus clair. Autres concepts : OpenWines, l'Open-Data du Vin (créé en 2015) dont la mission est de collecter et de partager de manière collaborative et ouverte les bases d'un open-data du vin, de la vigne et des vignerons ; l'application « MilleZimU » (MilleZim Solutions) ou comment s'initier à l'œnologie et au jargon de la dégustation et Mister Hector. Remarqué lors de l'inauguration de la Cité des Objets Connectés à Angers, Hector est un thermomètre connecté « nouvelle génération », comme le qualifient Morgan Lavaux et Valentin Roy, les deux jeunes entrepreneurs et « parents » d'Hector. L'objet discret et design a été conçu pour résister aux intempéries. Connecté à un smartphone en Bluetooth 4.0, Hector promet de renseigner précisément sur la température de l'endroit où il se trouve, de relever le taux d'hygrométrie et d'alerter les utilisateurs lorsque la température ou l'humidité dépassent les seuils de minimum et maximum programmés.

La Vigne Numérique, cluster régional
Créer des synergies entre les acteurs du vin et du numérique, tel est l'objectif de La Vigne Numérique, association nantaise fondée en juin 2015. « Notre mission est de faciliter l'accès du numérique auprès des acteurs viticoles et de leur permettre d'intégrer ces nouvelles technologies dans leurs pratiques techniques et commerciales, explique Rémy Marrone, secrétaire de l'association. « Si le numérique n'est pas un Eldorado, il peut avoir un réel intérêt en matière de communication, commercialisation et de production ». D'envergure régionale, le cluster cible les acteurs du vignoble nantais, d'Anjou et de Saumur. Parmi les membres de l'association, des start-ups, dont « 10-vins », couronnée meilleure start-up lors du Consumer Electronic Show 2016 de Las Vegas - où la French Tech a débarqué en force cette année - pour sa solution innovante de dégustation de vin au verre. La Vigne Numérique s'adresse également aux consommateurs qui sont un maillon important de la chaine en les sensibilisant au numérique. Sur le site web de l'association, une FAQ pour répondre aux questions de chacun. Fin 2016, le cluster organisera un événement regroupant acteurs économiques, institutionnels et viticoles autour des « wine start-ups ». «L'objectif de notre association est de développer une dynamique collective autour du vin et du numérique, à l'instar de ce qu'a mis en place avec succès la région de Bordeaux ».
Très incarné dans nos cultures depuis des millénaires, l'univers du vin s'est emparé à son tour du possible des mondes virtuels et mondiaux de l'internet et des nouvelles technologies. Un virage numérique à prendre en considération tant il peut offrir, au-delà des stratégies commerciales, des opportunités pour communiquer différemment.


Marianne Bourgeois
Anjou Eco  n°44 - mai 2016


(*) par Aldev (Angers Loire Développement) en lien avec la Ville d'Angers et Angers Loire Métropole

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Mécène et Loire contribue au rayonnement du Maine-et-Loire

Promouvoir le territoire à travers des actions culturelles, de solidarité, du patrimoine, telle est la mission de Mécène et Loire. Cette fondation multi-entreprises et multi-activités, créée en 2007 à l'initiative de la CCI de Maine-et-Loire, renouvelle cette année son soutien, sous forme de mécénat, grâce à une dotation de 140 000 euros accordée à 17 projets culturels.

4e appel à projet
Vous avez un projet porteur d'image pour le territoire de Maine-et-Loire ? Déposez votre dossier de candidature (téléchargeable sur le site web http://www.mecene-et-loire.fr/) avant le 27 mai. Un budget d'environ 140 000 euros est accordé à une vingtaine de dossiers originaux.

  

Encadré
Découvrez les 13 autres projets soutenus sur le site www.mecene-et-loire.fr

28 entreprises engagées :
. Altoneo - Angers
Expertise-comptable, audit, conseil

. AEPR SAS - Montilliers
Intégrateur d'automatismes industriels

. Altasys Conseil - Cholet
Conseil et formation aux entreprises

. Angers Drive - McDonald's - Beaucouzé
Restauration rapide

. Aranea - Hyper U Mûrs-Erigné
Hypermarché

. Atmosphère  Communication - Angers
Agence de communication

. Avoconseil - Angers
Société d'avocats

. Bodet - Trémentines
Horlogerie industrielle, gestion de temps

. Connivence - Ecouflant
Imprimerie

. Evolis - Beaucouzé
Commercialisation de solutions de personnalisation pour cartes plastiques

. Finta Technologies - Angers
Société holding

. Fixator - Saint-Barthélemy d'Anjou
Fabrication de systèmes d'accès en hauteur

. Gesco - Angers
Expertise-comptable, commissariat aux comptes

. Gestbouch \Restaurants La Boucherie - Saint-Barthélemy d'Anjou
Restauration à thème

. Gratien Meyer - Saumur
Elaboration et vente de vins

. Cesbron - Saint-Sylvain d'Anjou
Vente matériel frigorifique, installations isothermiques

. Le Grenier à Pain - Angers
Boulangerie-pâtisserie

. Lexcap avocats - Angers
Cabinets d'avocats

. L'Orfèvrerie d'Anjou - Angers
Fabrication d'objets en étain pour l'industrie du luxe

. Marty Sports  - Saint-Clément de la Place
Conception d'équipements sportifs pour collectivités

. MCA Finance - Angers
Gestion de portefeuilles

. Motard Opticien lunetier - Angers
Opticien haut de gamme

. Oceanedas - Angers
 Holding de sociétés

. OEM Development -  Saint-Barthélemy d'Anjou
Conception de matériels industriels technologiques

.  Renoval - Yzernay
Installation de vérandas et abris de piscines en alu

. SBS Burologic - Angers
Services de management en print, consommables et informatique

. Strego - Angers
Expertise-comptable, audit, conseil

. S-TV - Sainte-Gemmes-sur-Loire
Production de directs TV, films pour télévision et institutionnel

« Depuis sa création, Mécène et Loire a attribué plus d'1,2 million d'euros à 164 projets. Première fondation de cette nature, en France et dans le cercle des CCI, elle est composée de 28 entreprises implantées en Anjou » précise son président, Stéphane Martinez. Ces chefs d'entreprises ont reconduit leur engagement en février 2013 lors de la Fondation 2. Le troisième appel à projet, clos le 30 juin 2015, a totalisé 99 dossiers éligibles pour l'année 2015/2016 et le choix s'est porté sur 17 projets artistiques, solidaires et de recherche. Parmi cette sélection, plus de 80 % de projets culturels, 7 actions musicales et deux dédiés à la solidarité. Focus sur 4 d'entre eux.



Catégorie Culture
Festival Le Printemps des Orgues - Maine et Loire
Installation du 1er orgue hybride de salle de concerts en France - 15 000 euros
Le Festival Le Printemps des Orgues, créé il y a 24 ans par l'Association pour la Connaissance, la Sauvegarde et la Promotion des Orgues du Maine-et-Loire, a pour projet d'installer un orgue hybride au Centre de Congrès d'Angers fin 2018. « Nous souhaitons réintégrer l'orgue dans les salles de concerts afin de proposer au public un nouveau répertoire d'œuvres musicales,  se réjouit Bruno Maurel, Président du Printemps des Orgues. La ville d'Angers se dote de cet instrument de 468 000 euros capable de produire conjointement les sons d'un orgue classique et ceux d'un orgue numérique. » Grâce au soutien de Mécène et Loire, le Festival a pu bénéficier d'une aide exceptionnelle de 30 000 euros répartie sur deux exercices. Composé d'un buffet d'orgue (1 500 tuyaux, 18 enceintes acoustiques) et d'une console numérique mobile (3 claviers, pédalier), la partie mobile de cet orgue hybride pourra être transportée, avec un 2e jeu d'enceintes acoustiques, n'importe où dans des lieux publics (place publique, hall de gare, salles de concert, et dans d'autres villes...). Les sons de chacun des tuyaux d'orgues d'esthétiques différentes (baroque, classique, jazz, romantique...) ont été au préalable enregistrés et mémorisés dans la console, pour être ensuite restitués par les enceintes acoustiques qui lui sont reliées. Cet ensemble équivaut à un orgue de plus de 6 000 tuyaux. Il va contribuer au développement culturel de la ville d'Angers et sera mis à disposition de l'ONPL, du Conservatoire de Musique (rôle éducatif), du Théâtre Le Quai, du Festival Premiers Plans, d'Angers-Nantes-Opéra, du CNDC, du Service éducatif Ville d'Art et d'Histoire...


Catégorie Solidarité
Unité Mobile de Premiers Secours
Acquisition d'un véhicule léger - 10 000 euros
Mise en place en 2012, l'Unité Mobile des Premiers Secours de Maine-et-Loire, basée à Angers, regroupe une quarantaine d'adhérents bénévoles. Agréée par la Sécurité Civile depuis 2013, cette structure remplit deux missions principales. Elle intervient principalement par la mise en place de postes de secours (environ 80 par an) sur des manifestations sportives, culturelles, festives. Elle peut aussi intervenir sur des opérations de secours lors de catastrophes climatiques, technologiques... Désireuse d'étendre ses missions à des actions sociales, l'U.M.P.S. 49 a décidé de mettre en place des « maraudes sociales », ces équipes de bénévoles qui sillonnent les rues à bord d'un véhicule, à la rencontre de personnes démunies, sans logement (SDF, migrants...). « Nous avons sollicité la Fondation Mécène et Loire pour participer au financement d'un véhicule de 7 places, à hauteur de 10 000 euros, équipé pour soutenir des personnes en situation de précarité»  précise la présidente, Isabelle Samson. « Etre à leur écoute, savoir partager un moment de convivialité et de réconfort autour d'une boisson chaude, tisser du lien social, telles sont les missions que ces maraudes sociales vont accomplir cet hiver dans un quartier d'Angers. » Ce véhicule permet aussi de délivrer des premiers soins à l'abri des regards. L'U.M.P.S. 49 organise des campagnes d'information pour sensibiliser un plus large public (écoles, lycées, associations, entreprises...) à ses missions de soutien.


Catégorie Culture
Association Premiers Plans
Acquisition d'une table Mashup - 5 000 euros
Créée en 2012 par le réalisateur, Romuald Beugnon, la table Mashup a été présentée à Angers lors de la 27e édition du Festival Premiers Plans. Cet outil pédagogique permet des montages vidéo simples et plus rapides sans connaissance préalable du logiciel. Le clavier et la souris sont remplacés par des cartes en papier avec un flash code au dos qui renvoie vers des séquences images, des sons, des ambiances ou des actions. Leur juxtaposition sur la table permet de construire le film. « La Fondation Mécène et Loire nous a aidés à financer l'achat de cet instrument que nous recevrons courant mars » détaille Hélène Chabiron, coordinatrice régionale de « Passeurs d'images », réseau géré par l'association Premiers Plans en Pays de la Loire. « Les jeunes cinéastes vont ainsi pouvoir aborder la création et le montage de manière décomplexée en s'appropriant des images de façon nouvelle. Nous allons doter nos ateliers découverte de cet outil innovant». Hélène Chabiron va organiser des sessions de formation auprès des animateurs et professionnels du cinéma, du réseau régional de Passeurs d'images dans un premier temps, puis plus largement pour des personnes travaillant sur des projets d'éducation à l'image auprès du jeune public. « Nous enregistrons déjà des demandes d'emprunt de la table, réservé à ceux qui ont reçu au préalable une formation ». Dans le cadre de ce dispositif national qu'est Passeurs d'images et en partenariat avec la DRAC et la Région, Hélène Chabiron coordonne aussi plusieurs projets locaux. Grâce à la table Mashup, l'association Premiers Plans deviendra le référent d'un outil innovant d'éducation à l'image en région.

http://.passeursdimages.premiersplans.org/


Catégorie Recherche
Association Angers Musées Vivants
Fouilles archéologiques à Roc-en-Pail - 4 000 euros
Découvert au XIXe siècle, le site archéologique de Roc-en-Pail, situé sur la commune de Chalonnes-sur-Loire, témoigne de la présence de l'homme de Néandertal (au cours du Paléolithique moyen, entre 100 000 et 40 000 ans). Son caractère unique à l'échelle du Centre-Ouest de la France a motivé la reprise des fouilles, sous la houlette de Sylvain Soriano, archéologue au CNRS. L'association Angers Musées Vivants, présidée par Agnès Roussineau, apporte son soutien à cette démarche. « La subvention accordée par Mécène et Loire couvrira les frais liés à la première année de fouilles qui débuteront cet été ». Ce travail de recherche, qui s'étalera sur 10 ans environ, permettra d'apporter des réponses supplémentaires à la façon dont vivaient nos ancêtres, leurs comportements économiques, sociaux. Un travail d'analyse s'ensuivra qui aura des répercussions importantes pour l'avenir de ce site. En parallèle, des visites, des conférences seront programmées auprès du grand public et des scolaires. Un projet muséographique avec le Muséum des Sciences Naturelles d'Angers mettra en valeur les collections issues des fouilles précédentes dont l'inventaire et l'étude sont en cours. (Une convention a été établie entre le MSN d'Angers et l'Université de Paris Ouest Nanterre pour un récolement des fouilles du Dr Gruet, figure emblématique du site, entre 1943 et 1969). Créée en 1979, l'association participe au rayonnement de l'art et du patrimoine en lien avec les musées.

http://angers-musees-vivants.fr/


Dominique Gruson
Anjou Eco n°43 - janvier\février 2016



Pour en savoir plus :
Corentin Brichon
02 41 20 49 27
Corentin.brichon@mecene-et-loire.fr
http://www.mecene-et-loire.fr/

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