Retour accueil
Vous êtes ici  > Enquête  > Enquêtes 2016

Internet des objets : une convergence connectée entre start-up et grands comptes

D'ici 2015/2020, deux milliards d'objets connectés devraient être vendus en France. Un potentiel qui n'a pas échappé à de grandes enseignes qui ont décidé d'accompagner de jeunes pousses spécialisées dans les objets connectés grand public.

En janvier dernier, lors du CES (1) de Las Vegas, grand show mondial de l'électronique, la French Tech est arrivée en force. Portée par les objets connectés, l'édition a tenu toutes ses promesses. Sur les 190 start-up et entreprises électroniques hexagonales ayant fait le déplacement, 20 ont reçu un CES Innovation-Award. Parmi ces start-up, des « happy few » accompagnées par de grandes enseignes dont certaines (Auchan, Boulanger, Carrefour, Darty, la Fnac, Leclerc, Lick, Orange) ont signé avec Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du Numérique, la Charte pour la distribution des objets connectés de la French Tech. Objectif : soutenir et valoriser en magasin les start-up françaises qui fabriquent des objets connectés.

D'ici cinq ans, chaque foyer devrait posséder en moyenne trente objets connectés. Le potentiel du marché n'est plus à démontrer. A l'origine de ces objets, des start-up auxquelles il n'a pas échappé que concevoir, développer et distribuer un objet connecté avait un coût. Dans ce marché émergent, les acteurs en lice ont usé, d'une certaine façon, des ficelles de l'économie  collaborative. D'un côté, de jeunes pousses qui ont un projet sans avoir l'assise financière, les connaissances juridiques et marketing suffisantes. De l'autre, des « tuteurs » pour accompagner ces jeunes pousses en leur apportant leur soutien financier, logistique, commercial et juridique.

Une stratégie de développement en adéquation avec son territoire
En Anjou, l'ambition affichée est de créer sur le territoire les conditions favorables à l'émergence, la pérennisation et le développement de startups tout en renforçant les liens avec les industriels, l'écosystème numérique et économique angevin. Entre autres acteurs aux côtés d'Angers Technopole - en charge de la maturation des projets innovants dans le domaine des objets connectés - la CCI de Maine-et-Loire dont la mission est de promouvoir auprès des entreprises « traditionnelles » l'opportunité que représentent les objets connectés pour développer de nouvelles offres (produit ou services). Il s‘agira également de détecter des projets existants dans les entreprises pour les orienter, notamment vers Angers Technopole, pour la maturation technico-économique du projet. Une fois cette maturation réalisée, la CCI49 pourra accompagner sur la recherche de financement et le développement à l'international.

C'est un écrin qu'Angers offre à ces start-up : la Cité de l'objet connecté permet de concentrer l'ensemble des compétences nécessaires à la conception de ces produits intelligents en matière d'électronique (hardware et software), de plasturgie, de mécanique ou de design et de les rendre accessibles à tout porteur de projets d'objet connecté. Trois niveaux d'intervention (incubation, prototypage et industrialisation des projets) font de ce lieu un concept unique en son genre en France et en Europe. Cette fusée à trois étages a permis cette année à une vingtaine de projets d'être expérimentés et accompagnés. L'objectif est de monter en puissance avec une soixantaine de projets. Comme l'explique Corine Busson-Benhammou, directrice Relations Extérieures AngersFrenchTech, «toute start-up, dont le projet est retenu, est accompagnée par des ingénieurs, avocats, experts en financement, marketing, distribution». Le CES de Las Vegas fut l'occasion pour trois start-up accompagnées par la Cité de l'objet connecté de mettre en lumière leur projet. Parmi ces projets, Hector, un thermomètre connecté conçu par Morgan Lavaux et Valentin Roy. «Le succès sur place a été tel que ces deux jeunes entrepreneurs ont dû changer leur business plan. Approchés par des distributeurs, et novices en la matière, Morgan et Valentin ont pu compter sur notre accompagnement». La Cité de l'objet connecté réunit 17 actionnaires. «Très au fait de ce qui s'y passe, ils approchent ces start-up lorsqu'ils sentent le potentiel d'un produit». Les accompagnements des actionnaires peuvent intégrer l'ensemble du processus : outre une participation financière, le soutien peut se traduire par une aide en nature via la mise à disposition de plateformes de services expérimentales, le soutien en compétences avec le concours d'experts marketing ou techniques, des études clients, marketing, la mise à disposition de solutions technologiques.

Engagés auprès de la Cité de l'objet connecté
Entre autres actionnaires, l'opérateur Orange s'attache à repérer, soutenir et promouvoir les talents numériques. Ses initiatives sont menées dans les domaines qui bouleverseront notre manière de travailler, de communiquer, de nous divertir ou même de gérer notre argent. Orange repère ces changements d'usages puis sélectionne et intègre dans son écosystème les start-up susceptibles de les conduire. Orange soutient notamment les start-up qui lancent leurs objets connectés à partir de la cité angevine en mettant à leur disposition plusieurs solutions dont le « Kit LoRa » - kit de connectivité pour prototyper son objet connecté et développer des services en s'appuyant sur le réseau LoRa déployé par Orange à la Cité de l'Objet Connecté -, la solution Datavenue qui vise à collecter, agréger, stocker, sécuriser et traiter les données de l'Internet des Objets ainsi qu'un accompagnement à l'industrialisation. Ce lieu dédié à l'innovation permet par ailleurs à Orange de détecter en amont d'éventuelles pépites afin de les soutenir dans le cadre de son accélérateur Orange Fab, via son propre fonds d'investissement, Orange Digital Ventures  ou via des fonds dont Orange est partie prenante. Les start-up peuvent aussi bénéficier du réseau d'animation de l'écosystème du numérique auquel Orange contribue avec un accès à des dispositifs comme la Ruche (espaces de coworking incubateurs de start-up). Cette implication auprès des start-up à la Cité de l'Objet Connecté s'inscrit dans l'ambition du Groupe de devenir un acteur majeur de l'Internet des objets et d'accompagner près de 500 start-up à l'horizon de son plan stratégique Essentiels 2020.

Favoriser l'émergence d'une filière française de l'Internet des Objets
15 milliards d'objets connectés aujourd'hui dans le monde. Entre 50 et 80 milliards en 2020. Un bouleversement dont la Poste n'a pas hésité à se saisir. Objectif : faire émerger les futurs champions français de l'Internet des Objets (IoT) et fédérer une filière dynamique, audacieuse. Dans cette perspective, La Poste, avec la participation de sa filiale Docapost, a créé le programme « French IoT ». Ce programme vise à rassembler une pluralité d'acteurs - start-up, ETI, PME, grands groupes, pôles de compétitivité, incubateurs, métropoles French Tech... - dans le but de mutualiser les compétences françaises de l'Internet des Objets et impulser l'émergence d'une filière française de l'IoT. Pour cela, La Poste s'appuie sur sa solution, le Hub numérique, plateforme universelle et sécurisée qui permet de centraliser la gestion et le pilotage d'objets connectés. Pour stimuler l'innovation, Le Groupe La Poste a également lancé Start'inPost un programme d'accompagnement des start-up. Avec cet accélérateur industriel, la branche numérique du Groupe souhaite soutenir le développement de start-up dont les initiatives autour de technologies et d'usages pourront dynamiser son activité sur ses marchés actuels et futurs. Start'inPost, ambitieux programme, initié en 2014, est doté de 12 millions sur trois ans pour accompagner chaque année 24 sociétés. «La baisse structurelle des volumes de courrier nous oblige à trouver de nouveaux relais de croissance», précise Fabien Jouron, délégué régional La Poste Pays de la Loire. Les critères de sélection se font autour de trois thématiques : commerce et e-commerce, services de proximité et objets connectés (e-santé, silver économie, logistique urbaine...), confiance numérique (ensemble des données fiables et accessibles). « Nous sommes l'un des rares opérateurs à pouvoir délivrer une identité numérique et à permettre de pouvoir stocker les données et documents personnels sur un coffre-fort numérique. Nous voulons nous positionner aussi sur le stockage et le transfert de données qui nécessitent un tiers de confiance ». Entre autres projets accompagnés, Heuritech (big data et le machine learning), Oxilia (mise en relation des personnes âgées en perte d'autonomie avec des aides à domicile), Yes Profile (contrôle des données personnelles des annonceurs par les internautes)... Etre accompagné par La Poste c'est aussi l'opportunité de bénéficier de l'important maillage de la Poste. C'est ainsi que Tikeasy (start-up nantaise) a développé, en partenariat avec La Poste et le groupe Bayard Presse, une tablette numérique dédiée aux seniors. «La tablette est présentée dans les bureaux du réseau et livrée à domicile par les  facteurs. Ceux-ci accompagnent les clients dans la mise en service de la tablette et les premières utilisations». Des facteurs qui aujourd'hui sont tous équipés d'un smartphone « Facteo » qui permet de stocker des procurations, de procéder à des relevés de consommation d'énergie, d'assurer la veille de personnes âgées et seules, «comme nous le faisons par exemple pour la mairie de Bouchemaine». Autre innovation, diffusée pour l'heure de façon confidentielle, les lunettes à réalité augmentée (Optivent - start-up rennaise). Dotées d'un logiciel de reconnaissance d'écriture manuscrite, ces lunettes pourront être utilisées dans les centres de tri. « Beaucoup de projets sont en cours. La Poste se positionne sur l'innovation  et sur le développement de nouvelles activités dans un mode de plus en plus ouvert  et co-construit avec son environnement ».


•(1)   CES : Consumer Electronic Show

Marianne Bourgeois
Anjou Eco N°45 - octobre 2016

 

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Innovation et investissements : facteurs clés de la compétitivité des PME

Le potentiel économique d'un territoire tient tout autant à son attractivité qu'au renforcement de son tissu économique. A l'ombre de la médiatisation de nouvelles implantations, le département compte nombre de PME en phase de croissance.

Contact CCI

Thierry Vergnault
02 41 20 54 18
Thierry.vergnault@maineetloire.cci.fr

En début d'année, les medias angevins se sont réjouis de bonnes nouvelles pour l'économie d'Angers et de son territoire : l'implantation d'une nouvelle école d'ingénieurs, l'installation de la première filiale européenne du groupe japonais Faith Inc., l'ancien site de production de Bull Technologies sollicité pour les tablettes SQOOL par Atos, la start-up angevine, Qowisio qui a levé 10 millions d'euros pour ouvrir son premier réseau public bas-débit dédié aux objets connectés en France. Illustration de l'attractivité du territoire notamment dans ses deux filières d'excellence que sont le végétal et le numérique. Mais Angers n'est pas l'Anjou. Par ailleurs, si le numérique et le végétal sont aujourd'hui des phares emblématiques de l'économie du département, ils n'en sont qu'une partie constituée d'un tissu économique « pluriel », représenté et porté par des PME ambitieuses qui contribuent à tirer la dynamique économique du département vers le haut.

Au cœur de la stratégie, l'innovation
Akaze (Sèvremoine) est une entreprise spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de mobilier métallique à destination des PME/PMI et des collectivités. Ces deux activités ayant connu un fort développement, Akaze a décidé, il y a deux ans, d'investir pour accroître sa capacité et répondre à la demande de ses clients. Enveloppe allouée pour ce projet : 2 millions d'euros. Pour la partie négoce, Akaze s'est doté d'une nouvelle plateforme logistique de 2 000 m2, ce qui porte la surface totale des bâtiments à 4 300 m2.  Côté fabrication, la société a investi dans de nouveaux matériels. «La diversification de notre clientèle et le lancement de nouveaux produits ont contribué à la croissance de l'entreprise. Pour y répondre, il était indispensable d'investir », explique Bruno Beillouet, co-gérant de l'entreprise. L'innovation est constamment au cœur de la stratégie de l'entreprise. «L'innovation c'est complexe et très long. Rien n'est acquis. Quand on sort un nouveau produit, un autre doit être déjà dans les cartons... ».
Parmi les produits innovants qui ont contribué à tirer la croissance de l'entreprise vers le haut, une armoire séchante. « Nous avons plusieurs axes de développement. Nous travaillons aujourd'hui sur des produits plus technologiques ». Autre levier : « nous sommes en phase de recherche active de cible pour la croissance externe ». 13 ans après sa création, Akaze compte une vingtaine de salariés pour un C.A de 4,3 millions d'euros.

Des cordes en chanvre aux produits de sécurité
Il y a 200 ans, la Corderie Courant (Angers), fabriquait des cordes en chanvre pour les agriculteurs et les pêcheurs professionnels. Dans les années 1960/70, première rupture technologique avec l'arrivée des matières synthétiques qui a contraint l'entreprise à se réorienter. «L'ensemble des machines a dû être changé pour pouvoir fabriquer des cordes synthétiques. Ce fut la première grande évolution de la société», explique Nicolas Courant, gérant de la société. Dans les années 80/90, second virage pour l'entreprise qui s'oriente vers les métiers de la sécurité. «Nous fournissions des cordes à EDF pour assurer la sécurité des agents qui installaient des lignes à haute tension». Au fil des ans, l'entreprise continue de se diversifier et de se développer, en proposant d'autres produits que de la corde (gamme complète de matériel de sécurité, harnais, mousquetons...), « des produits toujours plus innovants permettant d'améliorer la sécurité et l'ergonomie des personnes travaillant en hauteur ». Aujourd'hui, l'entreprise sse tourne vers des métiers de niche : Sapeurs Pompiers (cordes résistant au feu, anti-statiques), équipes de secours en milieu périlleux (montagne) avec des produits qui permettent d'assurer l'hélitreuillage ou l'évacuation de personnes. « Nous travaillons également avec des élagueurs, des cordistes qui entretiennent les éoliennes à qui nous fournissons un matériel complet, pour les forces spéciales (Armée) ». Si la clientèle de Courant se trouve majoritairement en France et dans les pays limitrophes, la société a fait le choix d'ouvrir une filiale au Chili, dans un pays sur un marché en plein développement où il y a peu de concurrence. «L'objectif est de devancer la concurrence sur ces marchés. Les clés de la réussite à l'export sont une présence sur le terrain et une adaptation aux besoins du marché». La part de l'export représente 30 % du C.A de l'entreprise. Pour Nicolas Courant, le développement et l'innovation doivent concerner aussi bien les produits que les process de fabrication et l'approche marketing. «On peut innover pour se développer à tous les niveaux de l'entreprise ». Ce que fait avec succès la société depuis 200 ans et qui a contribué à assurer sa pérennité. En 2016, le C.A est en progression de 15 %.

Semer pour mieux récolter
Premier Tech Horticulture - auparavant connue sous le nom de Premier Tech Falienor - est une Unité d'Affaires du groupe canadien Premier Tech. L'entreprise saumuroise est implantée à Vivy depuis 1978, reprise en 1997 (3M€ CA - 15 salariés) par Jean-Benoît Portier qui l'a fortement développée et internationalisée. Lors de la cession au groupe canadien en 2013, Faliénor comptait 80 salariés pour 21M€. Aujourd'hui dirigée par Frédérique Delavaud, Premier Tech Horticulture est un acteur majeur du marché français dans la formulation de substrats de culture pour les productions végétales. Son approche entrepreneuriale s'appuie sur une maîtrise manufacturière et commerciale qui permet à Premier Tech d'enregistrer une croissance soutenue depuis plus d'un quart de siècle. Un développement que l'entreprise poursuit en s'appuyant sur des leviers de croissance interne et externe. «En rachetant le site de Vivy, Premier Tech a investi dans des perspectives de développement en France et en Europe, faisant du site de Vivy une tête de pont», explique Frédérique Delavaud. Autre tête de pont, en Côte d'Ivoire via sa filiale spécialisée en fibre de coco. «Un axe important pour développer les marchés agricoles en Afrique. Nous sommes en phase d'investir dans une seconde usine en Côte d'Ivoire». 11 millions d'euros, c'est le montant investi par le groupe. Un investissement dédié au développement industriel en France de l'activité traditionnelle et au rachat d'entreprises comme Cenfora acquise en décembre dernier et spécialisée dans le paillage. «L'entreprise a la volonté de se développer en croissance verticale en intégrant des sourcings de matières premières ». Mais le groupe a également à cœur de s'engager sur une croissance fortement ancrée sur le territoire, sur des projets de développement de biostimulants qui sont autant d'axes majeurs d'innovation pour l'entreprise. «C'est l'ADN du groupe». Près de 75 emplois seront créés d'ici trois ans  (emplois de croissance autour du développement industriel, du contrôle de qualité, commerciaux...). Aujourd'hui, l'entreprise compte une centaine de collaborateurs en France et 30 en Côte d'Ivoire. Elle réalise un chiffre d'affaires d'environ 20 millions d'euros.

40 années d'expérience et de savoir-faire
Spécialisée dans les systèmes de contrôle de sécurité électronique des bâtiments, la société Castel (Saumur) se positionne aujourd'hui comme un acteur majeur et incontournable de l'interphonie et du contrôle d'accès. Un taux de croissance annuel entre 15 et 25 % et de 71 % sur 3 ans... Castel ne connaît pas la crise. Pour afficher une telle santé, l'entreprise investit depuis des années dans la R&D (10 % du budget alloué aux investissements), la croissance externe et la présence à l'international. Autant de leviers qui permettent à l'entreprise d'assoir sa notoriété de précurseur en matière d'innovation. En 2004, la société lançait le premier système de sécurité sur IP. «La révolution numérique, nous y croyions dès cette époque». Comme l'explique Ali Mahmoud, directeur opérationnel du site, «Castel n'a qu'un seul objectif : rester leader sur ses marchés». Pour répondre à une croissance à deux chiffres, il a fallu aussi faire appel à de nouveaux collaborateurs et, par incidence, envisager à terme de pousser les murs. «Nous avons fait le choix d'un nouveau bâtiment qui verra le jour au cours du premier semestre 2018, plus adapté à nos besoins et qui permettra d'accroître notre développement». Le service R&D de Castel représente un axe fort de sa stratégie d'investissement toutefois contrariée par la difficulté de recruter des ingénieurs spécialisés dans le développement informatique. «C'est compliqué. Il y a une pénurie sur ces métiers». Autres leviers d'investissement de l'entreprise, la croissance externe avec le rachat récent du tourangeau MWS, acteur reconnu dans le domaine des objets connectés. «Ce rachat avait un sens. Il était en lien avec notre projet industriel ». Autres éléments de croissance externe : la présence à l'international avec une filiale à Londres, des partenaires en Europe, au Moyen-Orient, au Liban, des participations à des salons professionnels à Dubaï... « Dans un environnement mondialisé et de plus en plus concurrentiel, bien que nous soyons sur des métiers de niche, nous devons nous positionner en innovant, en proposant une offre qualitative, face à une concurrence des pays de l'Est et de l'Asie moins qualitative certes, mais très offensive ».

Avec 82 % des emplois créés ces 20 dernières années, les PME représentent le poumon économique de la France et leur compétitivité, un facteur essentiel à la prospérité du pays.


Marianne Bourgeois
Anjou Eco N°45 - octobre 2016

Crédits photo : © Courant et 
© Matthieu Mitschk

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Nouveau paradisme énergétique : les entreprises françaises à la pointe

Bâtiment, énergie, transports... les entreprises françaises sont aujourd'hui nombreuses au sein de l'hexagone à redoubler de créativité pour construire l'économie durable de demain.

Montée en puissance d'ORACE
ORACE est une Plateforme Régionale d'Innovation (PRI) initiée par la CCI de Maine-et-Loire et soutenue par la Région des Pays de la Loire et l'Europe. Elle se définit comme centre de ressources de l'énergie pour les entreprises. Sa vocation est d'accompagner et soutenir les entreprises dans la maîtrise de leurs consommations d'énergie, diffuser l'innovation et les bonnes pratiques en termes d'économies d'énergie. Preuve de sa pertinence et de son succès, ORACE est passée, depuis sa création en 2013, de 10 adhérents à 130 aujourd'hui dont 10 % hors du périmètre régional (Lyon, Bordeaux, Rennes...). Cette PRI compte à son actif de nombreuses actions phares telles que le groupement d'achat d'énergie, le Marathon de l'énergie, l'ORACE Energie Tour. Lieu de rencontres et d'échanges, fédérant l'ensemble des acteurs de l'énergie qu'ils soient professionnels ou consommateurs, PME (tertiaire ou agricole), grands groupes (dont Thalès et Michelin), ORACE est une PRI unique en son genre en France de par son positionnement original.

http://www.orace.fr/
02 41 49 56 37

En 1 minute évaluez votre maturité en énergie et recevez votre résultat instantanément sur www.maineetloire.cci.fr/flashdiag-energie



Contact CCI
Philippe Lohézic
philippe.lohezic@maineetloire.cci.fr
02 41 20 54 48

Porté par des entreprises qui osent l'innovation, l'hexagone, berceau du nucléaire, s'érige en un pilier du modèle énergétique de demain. Grands groupes, comme PME, ont saisi leur intérêt stratégique à embarquer à bord de l'aventure verte. Aujourd'hui, la France se met en ordre de bataille. Les entreprises françaises deviennent des acteurs centraux de la performance énergétique, redoublant d'initiatives techniques pour innover en la matière.

Les Pays de Loire en marche
S'inspirant en partie de travaux initiés par Jérémy Rifkin (1) l'ambition de la TRIA (2) est de poursuivre deux objectifs majeurs : amener le plus grand nombre des 200 000 entreprises ligériennes à réussir leur mutation énergétique et faire émerger et accompagner 3 000 acteurs dans des secteurs d'activité à fort potentiel de développement. Autour de cette énergie fédératrice et positive : des satellites opérationnels, apportant chacun leur pierre à l'édifice dont le pôle de compétitivité S2E2 (Smart Electricity Cluster) qui contribue à l'émergence de nouvelles solutions technologiques, de nouveaux produits et services dans les domaines de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables. S2E2 rassemble plus de 175 adhérents sur les régions Centre-Val de Loire, Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et Pays de la Loire. Au niveau du Maine-et-Loire, une commission inter-consulaire rassemblant des élus des Chambres de métiers et artisanat, de commerce et d'industrie et d'agriculture, oeuvre pour rendre opérationnelle la TRIA dans le département. Enfin, le programme régional « PEP's » (3) - le Parcours des Entreprises à énergies positives pour des économies durables, piloté par les trois Chambres consulaires et soutenu par l'ADEME et le Conseil régional - vise à accompagner les entreprises (PME, commerçants, artisans...) vers la transition énergétique et ainsi à proposer à tous les partenaires et réseaux (clubs d'entreprise, collectivités, fédérations professionnelles...) de participer activement à l'amplification de cette démarche.
De plus en plus d'acteurs, d'entreprises locales s'investissent dans ce mouvement émergent et durable. Créée il y a 19 ans, la société INES (Beaucouzé) est un bureau d'études électroniques qui travaille sur tous les sujets mêlant étroitement électronique et logiciel enfoui. INES a, en outre, une activité de constructeur de systèmes électroniques (régulateurs de gestion de l'air pour laboratoires, data logger énergétique, gestion éclairage à LED, gestion injection pour éco carburants, interfaces de communication). Historiquement, INES collabore depuis 15 ans avec une société dont le cœur de métier est de fournir des outils de diagnostic aux professionnels. « Nous avons commencé à travailler sur la consommation par usage, notamment sur des produits en veille (magnétoscopes, TV, radio-réveils...) avec des outils qui permettaient de collecter la consommation réelle. Puis nous avons conçu des data logger (petits enregistreurs téléchargeables) qui permettaient de faire remonter l'information sur la consommation réelle de façon plus précise qu'auparavant. Nous avons également fourni des solutions permettant aux exploitants de groupes multi-sites de contrôler leur consommation (eau, air, électricité). Aujourd'hui, les nouveaux réseaux de communication bas débit sont intéressants car ils permettent de pouvoir faire remonter l'information en consommant très peu d'énergie sur de grandes distances, contrairement aux réseaux GSM contraignants ». La fabrication de systèmes permettant de suivre la consommation, voire de la réduire, représente 15 % du C.A. de l'entreprise. Pour Jean-Paul Bouley, gérant, cette tendance va croissant. Entre autres raisons, les réglementations et engagements au niveau européen, la nécessité d'envisager une forme d'indépendance à l'égard des énergies pétrolières qui, à terme, s'épuiseront. «Demain, il n'y aura plus une seule source d'énergie mais plusieurs (éolienne, solaire, biomasse...). Ces nouvelles énergies ne peuvent être opérationnelles qu'en y intégrant de l'intelligence dans les services car elles sont complexes à gérer. Les énergies alternatives n'ont pas l'inertie d'une énergie apportée par une centrale. C'est une production discontinue». Demain, selon Jean-Paul Bouley, la tendance s'orientera vers davantage de miniaturisation et une moindre consommation. « Nous travaillons sur des systèmes encore plus connectés. Le boom des objets connectés, les technologies avancées permettent de nouvelles applications. Aujourd'hui, l'aspect énergétique d'un produit, d'un projet est devenu un poste à part entière dans le cahier des charges ».

Compte CO2, désigné ambassadeur de la FrenchTech à la COP21
Eveiller les consciences vertes ne suffit plus à convaincre les ménages et les entreprises de réduire leurs émissions de gaz.  Pourquoi renoncer aux voyages lointains, isoler à prix d'or son logement, si, in fine, la récompense reste essentiellement morale ? A l'heure de la transition énergétique, la société 450 a décidé d'aller plus loin en créant un compte CO2. «Ce compte a pour but de fédérer une communauté (ménages, entreprises, collectivités...) qui croit en cette nouvelle monnaie climatique et à laquelle des acteurs acceptent de donner de la valeur », explique Olivier Messager, ce ligérien cofondateur du Compte CO2. Le principe : dès qu'un individu, ou une entreprise, réduit ses émissions de CO2, il place ces « tonnes » ainsi économisées sur un compte. Deux solutions s'offrent à lui : soit les utiliser pour acheter des produits ou services de partenaires de la société 450, soit les vendre à qui souhaite compenser ses émissions carbone volontairement. A ce jour, 10 000 ménages et une centaine d'entreprises ont ouvert un compte. « Nous ne sommes pas là pour juger si une entreprise est polluante ou pas. Nous souhaitons l'aider financièrement pour qu'elle le soit moins demain. Aujourd'hui, les outils d'aide sont liés à l'investissement, non au comportement. Notre système est basé sur le comportement et la réduction réelle d'énergie qui doit être encouragée et les efforts récompensés ». C'est complémentaire à la taxe carbone. Concrètement, que fait-on avec les réductions d'énergie réalisées ? « On peut acheter des produits, des services. Par exemple, payer avec son compte CO2  une partie du prix d'un vélo électrique chez Vert Event (Angers) ou de celui de cours de langues à ses salariés en partenariat avec Ecolangues (Angers). Et, pourquoi pas, à l'avenir, envisager d'aller au cinéma, à Terra Botanica, acheter une partie de son abonnement tramway avec ses points CO2 ». Entre autres clients « entreprises », Europcar, L'Abbaye de Fontevraud, la CCI49... « Ce peut être aussi intéressant pour des TPE, PME ». Il reste encore des acteurs importants à convaincre et à impliquer : les collectivités locales. « Quel est le coût de la transition énergétique et climatique pour une collectivité locale ? Une partie des budgets de communication pourrait être fléchéé vers la compensation locale. En effaçant leurs émissions de CO2 auprès des agents économiques locaux, (entreprises, associations ou ménages) grâce à différentes offres de services en CO2, les collectivités locales auraient l'opportunité d'impliquer concrètement  leurs citoyens tout en maîtrisant leurs dépenses ».
Pour la société COMEC (La Tessoualle) - fabricant spécialisé dans la fourniture et la pose de menuiseries en bois pour le logement et les ERP (Etablissements recevant du public) - la transition énergétique est une démarche qui vient en écho à la philosophie de l'entreprise. Société coopérative et participative (SCOP), COMEC a par essence choisi de mettre l'homme au cœur de l'entreprise en associant ses salariés à la gestion et à la vie de la société. Cet esprit coopératif a contribué à faciliter la prise de conscience de nécessaires changements en matière d'économie d'énergie. «Avec quelque 12 000 m2 d'ateliers équipés de machines énergivores, la consommation énergétique représente un coût important » explique Philippe Choquet, dirigeant de l'entreprise. Entre autres sources d'économie, la récupération des copeaux pour le chauffage des ateliers. Sur proposition de la CCI de Maine-et-Loire, COMEC a intégré le programme STEEP, programme européen qui vise à accompagner des entreprises régionales sur l'efficacité énergétique afin de réaliser des économies de l'ordre de 10 à 15 % sur trois ans. « Eteindre une machine quand on ne l'utilise plus, une pièce quand on la quitte... L'idée est aussi de sensibiliser le personnel pour avoir une approche différente sur la consommation électrique et ça fonctionne». 600 tubes néons ont ainsi été changés en tubes LED. L'entreprise a le projet également d'intégrer un programme de valorisation des déchets. «Nous réfléchissons entre professionnels de la menuiserie à la façon dont nous pourrions nous structurer en filière ». COMEC se tourne aussi vers ORACE, Plateforme Régionale d'Innovation (cf encadré). Pour Philippe Choquet, la transition énergétique est incontournable. « Sans investissement conséquent, on peut réduire de façon importante ses dépenses énergétiques. Il ne faut pas attendre des autres qu'ils trouvent des solutions. Il faut s'y mettre dès maintenant. Toutes nos réflexions, nos stratégies d'investissement, de développement, d'innovation, intègrent désormais la notion de transition énergétique».



Marianne Bourgeois
Anjou Eco N°45 - octobre 2016


(1) Jérémy Rifkin : homme clé de la prospective mondiale, est l'auteur du livre intitulé la «Troisième révolution industrielle», ouvrage dans lequel il analyse l'étouffement de nos économies sous la dépendance des énergies fossiles et propose des solutions pour une croissance durable tout au long du XXIème siècle.
(2) TRIA : Troisième révolution industrielle
(3) Lien PEP's : http://www.maineetloire.cci.fr/developpement-de-votre-entreprise/mener-un-developpement-durable/maitrise-de-lenergie

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Rendre la commande publique plus accessible aux PME

La commande publique est plutôt dynamique en Pays de la Loire. Les mesures de relance engagées par le gouvernement y ont sans doute contribué. Dans la région, l'Etat va plus loin pour la rendre plus attractive et plus accessible aux PME.

En 2015, 258 000 consultations pour un montant de 68,5 milliards d'euros ont été lancées dans les Pays de la Loire. Les principaux acheteurs sont les collectivités, les bailleurs sociaux, puis les établissements de santé et l'Etat. Les deux tiers des marchés concernent les travaux publics et le bâtiment (opérations de restructuration par les bailleurs sociaux). Les autres secteurs sont l'environnement, les déchets, les services et le conseil. Les entreprises locales sont bien présentes sur les marchés régionaux : elles remportent 67 % des marchés (toutes prestations confondues). En travaux, 90 % des marchés leur sont attribués. Les PME ne représentent qu'un quart des entreprises qui emportent des marchés publics. Ces chiffres ont été présentés lors des Assises régionales de la commande publique, organisées en début d'année. 
 
Le gouvernement veut relancer la commande publique
Alors qu'elle représente un levier essentiel de l'essor de l'économie, la commande publique est en baisse sur le plan national. La faute à la complexité des procédures, à un dimensionnement inadapté aux capacités des PME, à la jungle des termes et acronymes qui jalonnent la procédure : DC1, DC2, DCE, RC... Le constat est sévère, mais réaliste. 
La relance passe par la simplification de la commande publique. Cela tombe bien, c'est le cheval de bataille du gouvernement. La directive européenne Marchés publics du 26 février 2014, en cours de transposition, s'inscrit dans la grande marche vers la simplification. Le décret n° 2014-1097 du 26 septembre 2014 portant mesures de simplification applicables aux marchés publics est son premier pas.
La simplification devrait bénéficier à plusieurs points de la commande publique :

     1)     Dossiers de candidature et d'offre : le programme "Dites-le nous une fois" et son dispositif MPS (Marché Public Simplifié) permettent aux entreprises :
     -de candidater à l'aide de leur numéro SIRET via un formulaire dématérialisé pré-rempli
     -de déposer une offre sans signature électronique pour les MAPA uniquement
     -de ne plus transmettre les informations déjà fournies dans le cadre d'une précédente consultation et qui demeurent valables. 
     Attention, ces mesures doivent être prévues dans le règlement de la consultation pour être applicables. Ce principe s'appliquera      de facto le 18 octobre 2018 avec la dématérialisation complète et obligatoire des procédures.
     2)     Garanties financières : le chiffre d'affaires annuel demandé ne peut plus être supérieur à deux fois le montant estimé du     marché ou du lot.
     3)     Généralisation des factures dématérialisées d'ici à 2020 : outre le gain financier direct qu'elle induit (une facture papier  coûte 17 €,  une facture dématérialisée 4 €), elle permet de réduire les délais de paiement.
     4)     Cotraitance : un dispositif "Bourse à la cotraitance" accessible sur la PLateforme des AChats de l'Etat (PLACE) permet aux entreprises de « pointer » un marché et d'indiquer qu'elles recherchent des partenaires cotraitants sur celui-ci. 
 
Aller plus loin dans les Pays de la Loire   
Le Préfet de Région veut rendre la commande publique plus attractive et plus accessible aux PME. Tout en veillant à ne pas biaiser l'attribution d'un marché au profit des PME, il a pris un arrêté qui prévoit des mesures complémentaires pour inciter les acheteurs à concevoir des marchés plus attractifs pour celles-ci. 
Ainsi, depuis le 1er janvier 2015, pour tous les marchés publics passés selon une procédure adaptée (Fournitures et services jusqu'à 135 000 € HT et Travaux jusqu'à 5 225 000 € HT), instruits et conclus par les services placés sous l'autorité du Préfet de Région, les mesures ci-dessous s'imposent : 
     -Le Dispositif MPS: il s'applique de principe pour les marchés à procédure adaptée et s'étendra aux appels d'offres à partir du      second semestre 2016
     -"Dites-le nous une fois" : depuis janvier 2016, un service de coffre-fort électronique gratuit pour les titulaires des marchés de       l'État en région, a été mis en place
     -Le Document Unique simplifié: il remplace le règlement de la consultation, la candidature, l'acte d'engagement et les cahiers des clauses particulières, pour tous les marchés à procédure adaptée
     -La visibilité : les dossiers de consultation sont accessibles sur les sites internet des préfectures et les marchés d'un montant supérieur ou égal à 25 000€ht sont obligatoirement publiés sur la plateforme PLACE (www.marches-publics.gouv.fr)
     -L'allotissement (*) : sauf impossibilité, les marchés sont allotis afin de les rendre plus accessibles aux entreprises de petite taille
     -L'avance : pour limiter l'effort de trésorerie des entreprises, une avance de 30 % est prévue dès la signature, sans constitution de garantie à première demande, pour les marchés entre 25 000 et 300 000 € HT (contre 5 % pour les marchés supérieurs à 500 00 € HT normalement)  
     -La cotraitance : le dispositif de principe est le groupement "conjoint", le recours au groupement "solidaire" est exceptionnel et doit être préalablement justifié
     -La transparence dans le choix des candidats et des offres : une information systématique et argumentée doit être apportée aux candidats évincés 
 
D'autres mesures sont également plébiscitées par les acteurs locaux

     -Les accords-cadres multi-attributaires : ils donnent leur chance à plusieurs entreprises qui se partagent un volume de commandes
     -Les critères qualitatifs : ils valorisent la valeur technique, les moyens, la démarche RSE
     -Les dispositions sociales ou environnementales : ce sont des exigences liées aux conditions d'exécution du marché

Ces mesures incitatives vous ont convaincu de l'intérêt de la commande publique pour votre PME ? Les marchés publics sont maintenant - presque - un jeu d'enfants pour vous.


Blandine Hullin
Anjou Eco n°44 - Mai 2016


(*) allotissement : décomposition d'un marché en plusieurs lots pour des raisons économiques, financières ou techniques

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Elections à la CCI : votez

Chefs d'entreprises du Maine-et-Loire, du 20 octobre au 2 novembre 2016, vous serez appelés à élire vos représentants à la tête de la Chambre de commerce et d'industrie. Ceux-ci définiront sa politique pour les 5 prochaines années. Ils travailleront au développement de notre territoire et accompagneront vos projets de création, de transmission d'entreprise, de formation, d'innovation, de transition énergétique ou numérique, d'internationalisation...

Ces 50 chefs d'entreprises bénévoles vous représenteront à la CCI des Pays de la Loire et de Maine-et-Loire et seront à vos côtés pour construire l'économie de demain. Les candidats se présentent soit pour un mandat régional (CCI de Région) et local, soit pour un mandat local seulement.
La parité est renforcée. En application de la loi de 2014 sur la parité, les candidats se présentant à la CCI des Pays de la Loire sont accompagnés d'un suppléant de sexe opposé. La présence de femmes chefs d'entreprise tant au niveau régional que local devrait donc augmenter.

Faire avancer toutes les envies d'entreprendre

Comment voter ?
Du 20 octobre au 2 novembre, vous allez recevoir le matériel de vote : le scrutin sera ouvert jusqu'au 2 novembre 2016. Plus besoin de se déplacer : vous pouvez voter par correspondance ou par voie électronique : www.jevote.cci.fr. Les résultats seront proclamés à partir du 10 novembre 2016.

La nouvelle assemblée sera installée le 23 novembre par la Préfète de Maine-et-Loire.

Des chefs d'entreprises au service de leurs pairs
La CCI intervient dans plusieurs champs de compétences dans les domaines de la formation qualifiante et diplômante, du conseil, de la création d'entreprise, de l'information, avec une capacité à produire des solutions sur mesure. Grâce à une connaissance du tissu économique local, elle tisse des partenariats avec les collectivités territoriales. Porte d'entrée pour les porteurs de projets, elle les aide dans leurs démarches et leur évolution.
Les élus de la CCI n'hésitent pas à proclamer leurs convictions de praticiens de l'entreprise face à un environnement en mutation. Au plus près de la réalité entrepreneuriale, ils apportent lors des débats un éclairage direct issu du terrain. Ils représentent la CCI dans les instances publiques et affirment l'indépendance de la CCI, indépendance garante de partenariats actifs et efficaces.

Pour qui voter ?
Les chefs d'entreprises et cadres dirigeants votent pour les candidats inscrits dans leur catégorie et sous-catégorie (industrie, commerce, services - 6 sous-catégories professionnelles) de leur département.

A savoir : lors de ce scrutin, se déroule également l'élection des délégués consulaires qui seront les grands électeurs des juges du Tribunal de Commerce.

Une CCI plus forte grâce à votre vote


Vous êtes 27 300 chefs d'entreprises et cadres dirigeants à élire vos 50 représentants au sein de la CCI de Maine-et-Loire pour 5 ans.

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Partenariat Université/Entreprises : un cercle vertueux en phase ascendante

Le rôle majeur de l'université en tant qu'acteur stratégique du développement économique a induit un rapprochement de l'entreprise et une dynamique d'échanges profitables aux deux univers.

Trois questions à Christian Roblédo, Président de l'Université d'Angers

Vous avez été élu en début d'année à la tête de l'Université d'Angers. Quelles sont les priorités qui vous animent ?
Pluridisciplinaire, innovante et surtout bien ancrée sur son territoire, l'Université d'Angers est le 3e employeur de Maine-et-Loire. Je suis fier de représenter cette belle communauté. Première en France pour le taux de réussite en licence avec un taux d'insertion professionnelle de 90 %, l'Université d'Angers a également su se rendre incontournable sur des secteurs d'excellence en recherche dont le végétal, fleuron de l'Anjou, mais aussi la filière électronique ou le tourisme. Mon souhait : que notre établissement soit mieux reconnu pour sa capacité à innover et à accompagner l'innovation.

Concernant la recherche en particulier ?
Nos 29 laboratoires attirent des chercheurs de renom qui ont à cœur de collaborer avec nos équipes sur des domaines de pointe comme la santé. Nous mettons en place des partenariats avec des entreprises sur des projets innovants, exemple avec Labcom Nextbone qui travaille sur les os du futur.

Quelles sont vos autres relations avec le monde économique ?
Outre les doctorants qui participent à la recherche et développement des entreprises via le CIFRE, nous formons surtout leurs collaborateurs de demain ! L'Université d'Angers c'est près de 3 000 diplômés chaque année, tous secteurs confondus et de plus en plus en alternance. A l'écoute des entreprises pour développer des programmes de formation, nous avons par ailleurs lancé un nouveau portail stages/emplois IP'oline : un incontournable pour les entreprises qui ne doivent pas hésiter à y déposer leurs offres.

Depuis une vingtaine d'années, les universités contribuent de plus en plus au développement des capacités des entreprises en recherche et développement via la formation ou le transfert technologique. Dans un contexte de restrictions croissantes de crédits publics, l'«entrepreneuriat académique» est perçu comme une source de revenus susceptibles d'être réinvestis dans la recherche.
L'Université d'Angers structure sa recherche autour de 5 pôles (1). Sa  politique volontariste de détection, d'accompagnement au transfert de technologie et de savoir-faire des laboratoires vers le monde socio-économique s'est traduite notamment par la création récente de deux laboratoires communs avec des entreprises (« LabCom »). Ces laboratoires ont pour objectif d'inciter les acteurs de la recherche publique à créer de nouveaux partenariats structurés  avec des PME ou ETI. « Les LabCom sont l'une des formes de partenariat qui peut exister entre l'université et l'entreprise auxquels seules les PME et ETI sont éligibles. Deux sont actuellement en cours. L'un dans le domaine du végétal avec une entreprise des Pays de la Loire. Le second dans celui de la santé avec une société du sud-ouest » explique Alexa Rouez, directrice de la Direction de la recherche, de l'innovation et des études doctorales de l'université. Selon Philippe Simoneau, Vice-président en charge de la recherche, «ces dispositifs ne requièrent pas d'investissement majeur et représentent une vraie opportunité pour les PME qui, faute de pouvoir avoir leur service intégré de recherche, doivent s'appuyer sur des laboratoires de recherche extérieurs ».

Autre forme de collaboration, les CIFRE (2) dont la vocation est de renforcer les échanges entre les laboratoires de recherche publique et les milieux socio-économiques, favoriser l'emploi des docteurs dans les entreprises et contribuer au processus d'innovation. « Le CIFRE est un dispositif facile à mettre en place et peut être initié avec des PME, des associations, des collectivités. Ce qui relie une société et un laboratoire, c'est un projet qui vise à soutenir la recherche dans l'entreprise » souligne Philippe Simoneau. « Derrière ce dispositif, c'est aussi la promotion du doctorat en entreprise car un doctorant ne s'engage pas nécessairement vers une carrière de chercheur », selon Alexa Rouez. 50 % du salaire est pris en charge par l'ANRT (3). Le solde peut être supporté par un CIR (4). Entre 20 et 30 CIFRE sont actuellement en cours à l'Université d'Angers. «Initialement, les domaines étaient plutôt dévolus aux sciences dite dures. Aujourd'hui, le prisme s'étend de la biologie aux sciences humaines».

29 laboratoires à l'Université
SONAS (5), unité de recherche dirigée par Pascal Richomme fait partie de ces laboratoires. Elle est spécialisée dans la valorisation des substances naturelles - au sens large - dans le domaine de la santé, de la cosmétique, des compléments alimentaires et des méthodes alternatives de protection des végétaux. « Nous avons toujours été dans une démarche collaborative auprès des interprofessionnels (dont l'Institut Technique Interprofessionnel des plantes à parfum à Chemillé) ou d'associations (comme Phytolia, filière des plantes de santé, beauté et bien-être du Grand Ouest). Aujourd'hui, l'intérêt croissant du grand public pour les produits naturels ont incité les PME qui utilisent ces extraits/composés naturels à les identifier de façon plus précise et par incidence, à se rapprocher de nous. Cela nécessite une forte interaction entre les PME et notre unité de recherche». Comme l'explique Pascal Richomme, le CIR a grandement facilité l'accès à la recherche de PME. Le SONAS collabore notamment avec deux entreprises, l'une angevine (Nor-Feed Sud, qui développe et commercialise des additifs et ingrédients naturels destinés à l'alimentation animale), l'autre nantaise (Esprit d'Ethique, qui commercialise un dentifrice à base de feuille de papayer). «L'analyse d'un extrait végétal peut s'avérer longue et très complexe. La finalité de ces partenariats est d'améliorer le potentiel d'un produit en isolant les molécules contribuant aux effets bénéfiques pour en renforcer son action ». Des collaborations où chacun y trouve son intérêt : l'université perçoit un pourcentage sur le contrat, la propriété intellectuelle ainsi que des aides à l'équipement et au fonctionnement des laboratoires. Les PME bénéficient de l'expérience et du savoir-faire des universitaires (avec l'accès le plus souvent à des technologies de pointe). «Les PME sont plus nombreuses qu'auparavant à nous solliciter. Entre autres raisons, les CIR mais aussi les actions de communication des structures adaptées (Angers Technolopole, Ouest Valorisation, Végépolys (6)...) ».

Le panel de laboratoires de l'Université d'Angers permet également d'autres formes de collaboration (prestations de services sous forme de mise à disposition d'un parc d'équipement et de compétences internes (ingénieurs...). «La collaboration avec les entreprises qui viennent utiliser nos compétences peut être une porte d'entrée pour un futur CIFRE ». Un premier CIFRE qui peut en appeler d'autres, ou comment une « fidélisation » peut ainsi se mettre en place, au bénéfice de l'université et de l'entreprise. « La marge de progression en matière de relations universités/entreprises est encore importante » précise Philippe Simoneau.

Marianne Bourgeois
Anjou Eco N°45 - octobre 2016

(1) : Végétal et environnement, Santé, Matériaux, Math-STIC et Lettres, langues Sciences Humaines et Sociales)
(2) : Conventions Industrielles de Formation par la Recherche
(3) l'Association nationale de la recherche et de la technologie
(4) : Crédit Impôt Recherche
(5) : SONAS Substances d'Origine Naturelle Analogues Structuraux
(6) : Ouest Valorisation : Société d'Accélération du Transfert Technologique (SATT). Mission : valoriser les résultats issus des laboratoires de recherche publique en Bretagne et Pays de la Loire

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Transmettre son commerce en milieu rural : valoriser les atouts du territoire

Transmettre son entreprise est une opération qui ne s'improvise pas. Sa réussite dépendra des actions mises en place en amont de la transaction. Elle passe par plusieurs étapes qu'il est important d'avoir anticipées au préalable. La CCI de Maine-et-Loire et la Communauté de communes de Baugé-en-Anjou ont imaginé en commun un dispositif pour les futurs repreneurs, avec des outils et des procédures pour favoriser la reprise d'entreprise. L'opération « Entreprendre en ... » a d'abord été lancée sur les secteurs géographiques de Baugé-en-Anjou et Beaufort-en-Anjou. La CCI compte bien étendre ce concept à d'autres territoires.

Maisons de la Création et de la Transmission d'Entreprise
Lieux d'accueil, d'information et d'orientation pour tous les porteurs de projets de création/reprise, les MCTE d'Angers, Cholet et Saumur ont été créées sous l'impulsion de la CCI de Maine-et-Loire. Ces lieux fédèrent les professionnels de l'accompagnement à la création/reprise d'entreprise et sont soutenus par les agglomérations angevine, choletaise, des mauges et du saumurois. »
www.lesmcte49.fr/

En savoir plus 
L'Observatoire du Commerce : 
http://www.maineetloire.cci.fr/etudes-et-syntheses/observatoire-du-commerce-au-fil-de-leau


Contacts CCI :
- Agence d'Angers-Segré :
02 41 74 70 22

- Agence de Cholet-Mauges :
02 41 49 57 27

- Agence de Saumur-Vallées d'Anjou : 02 41 83 53 48

Le marché de la transmission est lié à plusieurs facteurs. Il est plus facile de reprendre que de créer, lorsque tout est déjà en place. Suivant le type d'entreprise, la démarche sera différente. Un commerce ou une entreprise de services ne se transmet pas de la même manière qu'une entreprise industrielle. (Dans cet article, seront abordées uniquement les transmissions commerciales et de services). « Dans le domaine de la restauration, on constate un turn-over important, surtout dans les petites communes, de l'ordre de 20 à 30 %. De solides notions de gestion sont indispensables pour la pérennité du commerce.» commente Bruno Pelerin, responsable de l'agence d'Angers-Segré à la CCI de Maine-et-Loire. Une préparation adéquate et sérieuse du dossier de transmission sera d'autant plus efficace qu'anticipée. Elle est gage de succès pour le cédant. En premier lieu, il convient de mettre en valeur les atouts de son entreprise et d'établir un diagnostic complet, sans oublier la liste de points à vérifier (accord des associés pour vendre, inventaire des biens, marques et brevets, contrats, cautions à transférer, respect des dispositions réglementaires...).


Que transmettre ?
La réussite d'une bonne transmission passe aussi par un inventaire de tout ce qui sera cédé. Elle est liée à plusieurs facteurs. Tout d'abord, le critère immobilier. Le bâtiment/local est-il bien situé, dans un environnement favorable à son activité ? L'intérieur, les extérieurs sont-ils bien aménagés, à rénover ? Quelle est la valeur du marché immobilier dans la zone d'implantation ? Le bien immobilier est-il inclus dans le prix de vente ? Se poser aussi la question de l'équipement machine : en bon état, récent ? Connaître l'état du stock. Qui détient le savoir-faire de l'entreprise ? (lié uniquement au dirigeant, partagé entre toute l'équipe ?). La prise en compte des différents critères peut faciliter la reprise de l'entreprise. La CCI propose aux cédants des diagnostics individuels de transmission (méthodes d'évaluation du fonds de commerce, nature de clientèle, moyens de production, situation financière...) en amont des professionnels de la reprise (experts comptables...).


Opération « Entreprendre en ...»
Comment donner envie de s'implanter sur un territoire ? La CCI de Maine-et-Loire, par le biais de ses Maisons de la Création et de la Transmission d'Entreprises (MCTE), a mis en place des opérations de sensibilisation, en collaboration avec les élus locaux des Communautés de communes et des municipalités. La première, « Entreprendre en Baugeois », lancée il y a deux ans, a été portée conjointement par la commune de Baugé-en-Anjou, la CCI, les MCTE d'Angers et de Saumur, et le club Baugeois Entreprendre, avec pour objectif de favoriser la transmission et la création d'activités sur le territoire. « C'est une dynamique collective pour attirer le repreneur dans un lieu où se sont déjà installés d'autres dirigeants » explique Pierre-Jean Allaume, Président de la Commission Développement économique à Baugé-en-Anjou. « L'objectif de ce partenariat est de susciter une dynamique autour de l'entrepreneuriat sur le territoire en favorisant les transmissions et les installations sur le périmètre de la commune nouvelle (rapprochement de 15 communes) ». En premier lieu, il s'agit de détecter les opportunités d'affaires du territoire (locaux vacants) et identifier les chefs d'entreprises souhaitant transmettre leur activité pour des raisons diverses (économiques, fiscales, personnelles,...). « Au cours d'une journée de découverte ‘Educ Tour', (juin 2015 puis avril 2016), les porteurs de projets détectés lors de réunions préalables, ont pu visiter les entreprises à transmettre. Ils ont également participé à des speed-dating avec les cédants. Ils ont rencontré des partenaires locaux susceptibles de les aider dans leurs démarches tels que les banquiers, experts-comptables, l'objectif étant de favoriser un maximum de contacts. » La CCI accompagne les repreneurs pendant trois ans (2015-2016 avec l'appui financier du Fonds Social Européen - FSE). A l'heure actuelle, les 2 premières opérations « Entreprendre en Baugeois » affichent un bilan positif. 25 porteurs ont participé aux 2 journées Educ'Tour, 8 créations/reprises ont été réalisées avec d'autres projets de reprises en gestation.

Parmi les repreneurs intéressés ayant participé à l'opération « Entreprendre en Baugeois », Virginie Ranouil qui a repris l'ancien salon de thé à Baugé-en-Anjou. « Sur les conseils de la CCI de Maine-et-Loire, j'ai d'abord suivi une formation de 8 semaines pour les créateurs-repreneurs à Saumur, puis rencontré l'ancienne gérante du salon de thé avec qui j'ai eu un bon feeling. La participation à l'opération Entreprendre en Baugeois m'a conforté dans mon choix de reprendre ce commerce. Nous avons organisé avec la cédante une prise de contact clientèle afin de passer le relais plus facilement en octobre 2015. Le prévisionnel est atteint et le C.A. a fortement augmenté» précise Virginie Ranouil, très satisfaite d'avoir pu bénéficier de cette opération.

Le territoire de Beaufort a expérimenté également l'opération «Entreprendre à Beaufort -en-Anjou», lancée en étroite collaboration avec la Communauté de communes de Beaufort-en-Anjou, l'appui des partenaires (Pôle Emploi, Authion Club Entreprises - ACE, la Chambre de métiers et de l'artisanat) et le soutien financier du Fonds de Revitalisation Territoriale (FRT) de France Champignon. Le premier Educ'tour du 29 juin dernier, a permis à 29 porteurs de projets de prendre connaissance de l'existant. L'un des cédants, Jackie Pacreau, propriétaire de la boucherie située à Beaufort-en-Anjou, témoigne : « Je me suis décidé à céder mon entreprise il y a presque deux ans. J'ai adhéré à ce système d'aide et grâce à cette opération innovante de rapprochement des cédants/repreneurs, j'espère retrouver rapidement un acheteur. »

Favoriser un dynamisme commercial en zones rurales, tel est l'objectif de cette opération « Entreprendre en ... » mise en place par tous les partenaires de la reprise/création d'entreprise. Après ces deux premiers territoires soutenus, la volonté de la CCI est d'étendre ce dispositif à tout le département.


Dominique Gruson
Anjou Eco n°45 - octobre 2016

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Une nouvelle stratégie pour Angers Technopole

Le 27 novembre 2015, le Conseil d'administration d'Angers Technopole a adopté un rapport sur une nouvelle stratégie technopolitaine. De grandes orientations se sont imposées : création d'entreprises innovantes, promotion de l'innovation collaborative, émergence de filières, approche nouvelle de l'incubation. Le plan d'actions doit être validé très prochainement.

Contact :
Angers Technopole
www.angerstechnopole.org
02.41.72.04.04

Contact CCI :
Thierry VERGNAULT
thierry.vergnault@maineetloire.cci.fr
02.41.20.54.18

Le développement économique durable s'appuie sur l'innovation. Celle-ci est créatrice de valeurs, d'entreprises et d'emplois. Elle renforce l'attractivité d'un territoire. En Maine-et-Loire, Angers Technopole la soutient et la développe depuis une trentaine d'années. « A la suite des municipales de 2014, une nouvelle équipe est arrivée à la mairie d'Angers et à l'agglomération, rappelle Jean-Pierre Bernheim, Vice-président de l'agglo, chargé du développement économique, de l'enseignement supérieur, de la recherche et du MIN. Angers Loire métropole et la CCI ont estimé le moment propice pour revisiter la stratégie d'Angers Technopole dans la logique des filières. Nous avons lancé une démarche conduite par Michel Baslé et François Lelièvre, administrateurs d'Angers Technopole ».
Michel Baslé, professeur des universités à la retraite, est conseiller municipal d'Angers et conseiller de la communauté d'agglomération Angers Loire métropole, délégué à l'Enseignement Supérieur et à la Recherche. « L'écosystème avait profondément évolué avec l'irruption du numérique dans l'enseignement, la recherche, l'innovation, le développement des entreprises ».
François Lelièvre représentait la CCI. Dirigeant de l'entreprise Dentaurum Ceramics au Plessis-Grammoire, il a longtemps présidé le conseil d'animation d'Angers Technopole. « L'entreprise doit  être au centre des préoccupations. Nous souhaitions que la technopole s'oriente davantage vers les PME ».
Sous leur houlette, des collaborateurs d'Angers Technopole et des personnalités extérieures ont planché pendant 6 mois sur un schéma d'orientations stratégiques. Au terme de réunions très suivies, sans concessions et sans tabous, de grandes orientations se sont imposées : création d'entreprises innovantes, promotion de l'innovation ouverte et collaborative, émergence de filières, approche nouvelle de l'incubation, notamment concernant l'entrepreneuriat étudiant.
La nouvelle stratégie a été adoptée par le Conseil d'administration d'Angers Technopole le 27 novembre 2015.

Angers Technopole, Business Innovation Center du Maine-et-Loire
« Angers Technopole a bâti une expertise « senior » en une trentaine d'années, analyse François Lelièvre. Celle-ci pourrait profiter à plus de porteurs de projets: PME et ETI intermédiaires, locales ou extérieures ; sociétés essaimées à partir d'ETI ou de grands groupes. Angers Technopole sera le Business Innovation Center du Maine-et-Loire ». Ce label BIC, délivré par le réseau EBN (European Business Network), certifie la qualité de l'accompagnement technopolitain au regard d'un référentiel international.

Mutualiser avec les incubateurs de l'enseignement supérieur
L'Etat a fortement poussé à la création de pré-incubateurs et incubateurs dans les grandes écoles (ESEO, ESSCA ...), les Universités, les pôles, clusters et filières, chez des acteurs publics et privés (We Forge en centre-ville d'Angers...). « Ces lieux sont très logiquement les plus propices pour amener les étudiants à développer leur idée, reconnait Michel Baslé. Mais les enseignants ne peuvent pas les accompagner au-delà, voir si l'idée n'existe pas déjà, si elle est viable, réalisable... Plutôt que former les professeurs à cela, autant faire appel à un service mutualisé : Angers Technopole ». Des conventions de partenariat ou d'alliance permettront la détection précoce d'idées innovantes à reprendre dans un incubateur. Elles assureront un appui méthodologique (écriture du business plan...).
Jean-Pierre Bernheim ajoute : « La Cité de l'Objet Connecté et les incubateurs ouverts dans les établissements d'enseignement supérieur et de recherche seront mis en réseau et animés en lien avec le groupement d'intérêt scientifique Angers Loire Campus. Cette structure légère, créée en juin 2015 et présidée par le président de l'Université d'Etat, anime deux commissions « Formation, recherche, innovation et « Vie étudiante ».

Les liens avec la recherche
Angers Technopole a joué un rôle très significatif dans la structuration de la recherche sur le site angevin. Il va réorienter ses activités principalement vers l'innovation et la relation entre recherche et entreprise. Angers Technopole renforcera aussi le lien avec les laboratoires de recherche, les projets universitaires : appel à projet MPIA (Maturation de Projets Innovants en Anjou), promotion des thèses Cifre, accompagnement dans des projets collaboratifs, mise en valeur des « talents » de la recherche angevine.  Angers Technopole coopérera avec chaque pôle et cluster pour produire des animations et des formations, lancer des appels à projets...

Des missions pourraient être revues
La communication sera redéfinie afin d'assurer une meilleure diffusion de l'information en utilisant les supports du pôle de partenaires (CCI, institutionnels...). « La technopole avait en charge les études des dossiers d'enseignement supérieur et recherche, rappelle Michel Baslé. Ce n'est pas sa vraie mission. Elle devrait toujours être associée à ces études pour sa bonne connaissance du terrain, mais pas en tant qu'opérateur ».

Accompagner l'émergence de filières d'innovation Angers French Tech
Angers Technopole soutiendra les filières en émergence. « En particulier, elle participe déjà à la dynamique Angers French Tech, se félicite François Lelièvre, en accompagnant des start-ups dans leurs phases de maturation, accélération, incubation, des projets collaboratifs en lien avec l'objet connecté et le numérique. Dans cet esprit, elle assurera la présence de ses services dans d'autres lieux symboles de l'innovation, en particulier à la Cité de l'Objet Connecté ».
Angers Technopole participera, en collaboration étroite avec l'agence de développement Aldev, à des opérations destinées à vendre Angers et le Maine-et-Loire pour séduire des porteurs de projets innovants. Le potentiel parisien est à la fois proche et riche : un incubateur comme Agoranov, boulevard Raspail, est saturé. « Si on fait venir un bon projet, on fera en sorte qu'il construise son écosystème en Maine-et-Loire et qu'il y reste ». Et Michel Baslé de prendre l'exemple de deux chercheurs retenus dans l'appel à projets Connect Talent, Etienne Bucher (épigénétique végétale) et Guy Lenaers (biologie cellulaire) qui travaillent sur Angers avec leur équipe.

Un site technopolitain plus attractif
La Maison de la Technopole et les pépinières d'entreprises Fleming doivent devenir plus attractives. « Nous voulons faire de la Maison un lieu de démonstrations du savoir-faire angevin dans le végétal, les matériaux, le numérique, le tourisme et la santé avec des animations peut-être moins nombreuses, mais conviviales et plus informelles. Les pépinières pourraient héberger l'incubateur d'Angers Technopole, à la fois espace de coworking et lieu de rencontres ». Une vraie feuille de route consignera ces actions, les objectifs, les indicateurs, les moyens. Jean-Pierre Bernheim en a confié l'écriture à l'équipe technopolitaine dirigée par Christophe Angot. Le texte devrait être adopté en juin.

Alain Ratour
Anjou Eco n°44 - mai 2016

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Le Grenelle de l'apprentissage : cerner les besoins futurs des apprentis

Comment booster l'apprentissage pour inciter les entreprises et les jeunes à emprunter cette voie ? Bruno Retailleau, Président de la Région des Pays de la Loire, a décidé de mettre en place de nouvelles mesures pour relancer l'apprentissage, une de ses grandes causes régionales énoncées lors de sa campagne électorale.

Pour en savoir plus :

www.orientation-paysdelaloire.fr/
Carif-Oref Pays de la Loire
2 rue de la Loire - 2ème étage 
44200 Nantes
Tél: 02 40 20 21 31
info@cariforef-pdl.org


L'apprentissage en Pays de la Loire :
. 27 100 apprentis et pré-apprentis (dont 10 600 apprentis dans les entreprises de moins de 10 salariés)

. 15 445 employeurs d'apprentis

. 53 CFA régionaux

. 200 sites de formation

. 76 % des apprentis concentrés sur 14 secteurs professionnels (commerce-vente, moteurs et mécanique auto, travail du bois et ameublement, bâtiment-finitions)

. 83.3 % : Taux de réussite aux examens pour 2014/2015

Le Grenelle régional de l'Apprentissage, tenu le 24 mars dernier à Nantes, s'est articulé en quatre ateliers-débats qui ont réuni plus de 1 000 participants : entreprises, enseignants, CFA, formateurs, responsables publics, acteurs de l'insertion. Ont été abordés au cours de cette journée, les thèmes suivants : l'écoute auprès des entreprises ; l'apprentissage un outil de réussite pour tous ; un accompagnement plus soutenu des apprentis afin de mieux les valoriser ; soutenir les CFA ; faire évoluer la carte des formations en partant du besoin des entreprises ; favoriser l'innovation et l'usage du numérique ; moderniser l'appareil de formation,...
Suite à ce Grenelle, la Région a lancé une grande campagne de communication. « Nous voulons donner un coup d'accélérateur à cette voie d'excellence en mettant en place des mesures concrètes pour soutenir l'apprentissage. » Un budget de 4.6 millions d'euros a été voté pour mettre en place 30 mesures axées sur 8 priorités. Voici quelques-unes des mesures retenues.

« L'apprentissage, le plus court chemin vers l'emploi »
L'une des priorités de la Région est l'emploi des jeunes pour lutter contre leur taux de chômage (22 % en Pays de la Loire). Cette mesure passe par un renforcement de l'apprentissage, véritable outil d'insertion, et spécialement pour les jeunes les moins qualifiés. La Région des Pays de la Loire affiche un taux d'insertion dans l'emploi des jeunes, supérieur au taux national, de 70.4 % (62 % au niveau national) avec un faible taux de rupture. La campagne de communication souligne l'importance de cette forme d'enseignement qui réunit l'entreprise, le jeune salarié et le CFA. Tous les diplômes, du CAP au diplôme d'ingénieur, peuvent se préparer par cette voie de l'alternance (entreprise/établissement de formation).

Promouvoir l'image d'excellence de l'apprentissage
« L'apprentissage souffre encore d'un déficit d'image, qui le réduit souvent à une orientation par défaut. » L'effectif des apprentis a baissé de 4 000 apprentis (13 %) dans la région en 8 ans, touchant les niveaux V (- 14 % - près de 1 700 apprentis en moins) et niveau IV (- 22 % - près de 2 400 jeunes en moins). Pour attirer les jeunes vers cette voie d'enseignement, un portail numérique va être créé. Par ailleurs, pour développer le préapprentissage, le dispositif « ApprentiBus » sera mis en place pour faciliter l'intervention dans les collèges.

Comment inciter les entreprises à accueillir des apprentis ?
La Région met en place différentes aides financières pour relancer l'apprentissage. Elle s'engage, pour la durée de la mandature (205 - 2021), à maintenir le montant des aides aux entreprises financées sur fonds propres de la Région. Une prime de 1 000 euros sera attribuée aux entreprises de moins de 250 salariés pour le recrutement d'un premier apprenti de niveau V ou IV. Un label d'excellence est créé pour distinguer les sociétés totalisant plus de 5 % d'apprentis. De plus, pour faciliter l'embauche d'apprentis, les procédures seront simplifiées et dématérialisées. L'aide régionale sera étendue à la professionnalisation des maîtres d'apprentissage et leur statut sera valorisé.

Comment mieux accompagner les apprentis ?
« C'est le collectif autour du jeune qui permet sa réussite » avec un accompagnement assuré aussi bien par les parents, le maître d'apprentissage et les équipes pédagogiques. La réussite de l'apprenti dépend aussi de la qualité de son encadrement au sein de l'entreprise. Faciliter l'accès au logement et au transport du jeune est l'une des mesures phares de la Région. Ainsi, une aide de 400 euros est offerte aux apprentis de condition modeste pour passer leur permis de conduire.
Créer un Erasmus des apprentis pour les sensibiliser à une mobilité européenne, telle est la proposition du député européen, Jean Arthuis. C'est leur permettre de valoriser leurs compétences hors de France et être accueillis dans une entreprise européenne. « Nous devons être la première région de France pour expérimenter cet Erasmus » précise Bruno Retailleau.
Grâce à ce Grenelle de l'Apprentissage, de nouveaux dispositifs vont être mis en place pour faciliter la vie de l'apprenti et lui donner toutes les chances de réussite dans cette voie de formation qu'il a choisie. Favoriser l'émergence de graines d'entrepreneurs.

CONTACT CCI :
Jean-Claude Guilbault - Jocelyne Boisseau
02 41 20 49 98

Anjou Eco n°44 - mai 2016

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Les lendemains s'instruisent des leçons de la veille

Surveiller, décrypter les tendances, capter l'air du temps est crucial pour les entreprises. Objectif : rester dans la course, déceler de nouvelles opportunités notamment à l'international, prendre le leadership... Autrement dit, rester en éveil.

EMBARQUEMENT INTERNATIONAL
Pour sa 4ème édition, Embarquement International vous donne rendez-vous le mardi 5 juillet prochain au Centre Pierre Cointreau pour une journée dédiée à l'international. 
 
La CCI de Maine-et-Loire, CCI International et ses partenaires* vous accueilleront au Centre Pierre Cointreau pour un programme riche en nouveautés et centré sur le partage d'expériences.
- en matinée : rencontre des partenaires pour des rendez-vous individuels (logistique, Afrique de l'Ouest et Centrale, communication, mobilité, juridique et fiscal, paiements, implantation et change)
- dans l'après-midi : 8 ateliers avec témoignages d'entreprises sur des thèmes concrets (prendre un bon départ à l'international, la fraude aux faux virements, aides et financements à l'export...)
- En fin de journée : un billet d'avion offert au vainqueur du quizz « International » par Air France

- Soirée festive "Saveurs du monde"


www.embarquement-international.fr/

*Banque Populaire Atlantique, Business France, Coface, Crédit Agricole Anjou Maine, Ernst & Young, Heppner, Humanis, Peptine et avec le soutien d'Air France 

CONTACT CCI :
Christine Mallet
Christine.mallet@maineetloire.cci.fr
02 41 20 54 59

En 1995, lorsque Jeff Bezos fonde Amazon, une entreprise de commerce électronique, il n'invente rien. Il propose simplement un commerce basé sur un principe immuable : le plus grand choix, le moins cher possible, ce qui a fait les beaux jours de la grande distribution. Veiller c'est aussi croire aux mutations et les assimiler.

Dormir éveillé
Aujourd'hui, dans une économie globalisée et fortement concurrentielle, il est devenu indispensable de se tenir informé des nouvelles tendances, modes de consommation et technologies. Pour surfer sur la vague des bouleversements plutôt que de se faire submerger, il est nécessaire de porter un regard attentif sur le présent, sur les signaux faibles et les tendances pour mieux anticiper l'avenir. 
L'abondance de l'information exige un sens aigu de la sélection, de l'évaluation et de la validation. Il ne s'agit pas d'être au courant avant tout le monde. Il faut jeter la pierre un peu plus loin pour être certain de maintenir ses spécificités, être capable de prendre un leadership ou le préserver. Suivre une tendance peut être une opportunité si notre flair nous a guidés au bon moment au bon endroit. Cela peut être parfois un risque si l'on arrive trop tôt sur une tendance ou trop tard. Pour réveiller son intuition, il faut respirer l'air du temps, écouter les bruits du monde, s'imprégner de l'actualité. Ne pas négliger non plus l'effet de la sérendipité (l'art de faire une découverte par hasard), élargir le prisme de sa veille à d'autres domaines que le sien.
S'il est plus facile pour de grands groupes ou des filières structurées de faire de la veille, pour de petites structures, comme les commerces par exemple, la démarche semble moins spontanée. A ces acteurs, la CCI de Maine-et-Loire propose des accompagnements en matière de veille. « La veille, c'est prendre de la hauteur, regarder ce qui se passe ailleurs », explique Caroline Thibault, chargée de mission Veille et Etudes. «Notre mission est double : accompagner les entreprises dans une dimension collective : animation filières, Nova CHILD, le pôle de compétitivité Végépolys et individuelle : entreprises du département, avec, pour ces dernières, la mise en place d'outils de veille, la réalisation de prestations de veille personnalisées. Notre rôle est de sensibiliser à la détection et à l'exploitation de l'information qui pourrait être stratégique. Toutefois, pour qu'une veille fonctionne, il est indispensable qu'elle soit exploitée et diffusée au sein de l'entreprise ». Dans un monde où « l'infobésité » n'a jamais été aussi prégnante, la veille permet de prioriser l'information. La veille c'est aussi aller sur les réseaux sociaux qui ne connaissent pas de frontières (Linkedin, Twitter, Pinterest, Instagram...), consulter des sites de publications de brevets à l'étranger (Espacenet - INPI), s'inscrire à des flux RSS (flux d'information en continu). Tous ces outils de veille permettent de filtrer l'information.
L'art de la veille s'exerce également sur des salons à l'étranger, comme le fait régulièrement la Société Choletaise de Fabrication (Andrezé), créateur et fabricant de cordons, lacets, galons... « Aller sur des salons nous permet de jauger notre offre par rapport à celle des concurrents, ce qu'ils sont susceptibles de proposer en matière d'innovation, qui sont les acteurs présents. Autant d'informations précieuses. Aller sur des salons où exposent nos clients est aussi une démarche pertinente». Pour se rendre à l'ITMA, salon international des machines textiles, événement d'autant plus important que sa périodicité est quadriennale, Olivier Verrièle, dirigeant, se déplace avec plusieurs de ses collaborateurs. « Nous préparons cela très en amont. Cette veille in situ nous permet de découvrir d'autres techniques de production que les nôtres. La dernière édition de l'ITMA nous a ouvert de nouvelles perspectives intéressantes et a répondu à certaines de nos problématiques ».
Aider les entreprises à identifier des partenaires technologiques et commerciaux en Europe, pour développer les échanges, faire émerger de nouvelles idées et trouver de nouveaux marchés, c'est la mission que s'est donnée la CCI des Pays de la Loire via son réseau Enterprise Europe Network, réseau officiel de soutien aux entreprises de la Commission Européenne. Ainsi, une entreprise de Loire-Atlantique spécialisée dans la robotique de service a pu identifier une technologie aux Pays-Bas qu'elle a intégrée et distribuée sur le marché français. Aujourd'hui, Enterprise Europe Network accompagne cette même entreprise à développer ses activités commerciales sur certains marchés export.

What sweet would suit you, sweety ? (*)
Il y a trois ans, Maxime Tait ouvrait à Angers « QK Confiserie », une boutique dédiée à l'univers des bonbons importés de Grande-Bretagne. Maxime est un jeune homme bien dans ses baskets : c'est avec sérieux qu'il entreprend les choses sans jamais se prendre au sérieux. Aujourd'hui, «QK Confiserie», ce sont 3 boutiques (Angers, Nantes et Rennes). Internet, le salon international de la confiserie, les réseaux... «La veille  fait partie de mon quotidien. J'ai besoin de voir ce qui se fait ailleurs pour faire mieux, de savoir qui entre dans ma boutique, qui visite le site web ou commande en ligne». Prix coup de cœur du public 2014 des Espoirs de l'Economie organisé par la CCI de Maine-et-Loire, Maxime croit davantage en l'opportunité des rencontres que dans les réseaux professionnels numériques (Linkedin, Viadeo). Son esprit de curiosité, son sens de l'observation lui font repérer nombre de signaux d'alerte. Regarder aussi ce qui se passe dans d'autres secteurs dont le cœur de métier n'a rien à voir avec son univers : « Proposer constamment des nouveautés comme le font de grandes enseignes de cosmétiques, de prêt-à-porter, regarder également de quelle façon d'autres magasins sont agencés, comment les enseignes gèrent-elles la fidélité de leurs clients... ». Plus conventionnel mais indispensable, arpenter « Google Images ». Le référencement et la recherche de mots-clés sont également le nerf de la guerre. Pour cela, Maxime s'appuie sur des outils SEO (**) de suivi de positionnement et de référencement, comme« Myposeo ».Veiller, c'est entendre ce que les clients attendent avant même qu'ils ne l'aient parfois exprimé. « Il faut toujours avoir une longueur d'avance». Veiller à son image médiatique, c'est aussi faire de la veille. « Les gens souhaitent s'approprier une marque à travers une personne. Etre présent sur un réseau social comme Facebook, en B2C, est indispensable. C'est un levier de notoriété important qui permet de toucher le client final et de bénéficier de l'effet « bouche à oreille ».

Semer pour mieux récolter
Fabricant de pots de culture pour initier au jardinage depuis 1998, Radis et Capucine (Angers) conçoit et assemble des kits de plantation. La veille, une nourriture diffuse qui a besoin d'être infusée, comme l'explique Jean-Sébastien Griffaton, son directeur. « L'idée est d'anticiper les attentes de nos clients distributeurs. Si nous proposons à un client quelque chose auquel il n'aura pas pensé, il aura envie de continuer à nos côtés. Etre force de proposition est essentiel. Objectif : privilégier un approvisionnement exclusif ».
Pour Radis et Capucine, la veille s'opère sur des salons, surtout à l'étranger. «Il existe également d'autres outils qui permettent de faire de la veille « à domicile », même si la présence sur des salons est indispensable pour se rafraîchir les idées, rencontrer et échanger avec des fournisseurs. Aller sur des blogs, des sites d'écoles de design nous permet de découvrir des choses souvent fort intéressantes. Visiter régulièrement le site Pinterest, très riche en matière de visuels, est à la portée de tout le monde. Cela ne coûte rien».  Mais la veille c'est avant tout repérer les signaux faibles. «Lorsque ceux-ci sont forts, il est déjà trop tard. Il est essentiel par ailleurs de veiller sur des domaines connexes pour s'ouvrir à d'autres horizons. Un photophore pour bougie pourra, par exemple, nous servir de base de réflexion pour imaginer un nouveau contenant pour nos vases».

La veille à l'aune de nouveaux horizons
D'un projet de vie personnel et professionnel, Pascal Favre d'Anne, restaurateur à Angers, en a fait un rêve éveillé. Partir 10 mois en Asie, découvrir la culture gastronomique d'une vingtaine de pays... une veille grandeur nature dont il est revenu enrichi, humainement et professionnellement. Au cours de ce long voyage, le chef étoilé s'est laissé surprendre par des rencontres, par une gastronomie qui confine souvent à l'art. « Se remettre en cause professionnellement est essentiel même si cela n'est pas toujours simple à appliquer parfois. J'aime à dire qu'aujourd'hui, ma plus grande richesse, c'est l'expérience que j'ai acquise au cours de ce périple ». Dans les carnets de voyage du chef angevin, de nouvelles idées, de nouveaux projets.
 
Pratiquer la veille et l' « e-veille », appréhender la veille à l'international, ses pratiques, ses usages sera l'un des thèmes présentés le 5 juillet prochain lors de la 4ème édition d'Embarquement International au Centre Pierre Cointreau de la CCI de Maine-et-Loire.


Marianne Bourgeois
Anjou Eco N°44 - mai 2016


(*) : Quel bonbon vous ferait plaisir, chéri(e) ?

(**) : SEO : Search Engine Optimization ou « optimisation pour les moteurs de recherche ». Les techniques de SEO visent à optimiser la visibilité d'un site internet au sein des résultats naturels que proposent les moteurs de recherche.

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Angers, l’étalon marketing

Lancement d'un produit, de concepts, changement de mix-marketing, impact publicitaire... Depuis vingt ans, Angers est le plus grand marché-test européen pour la représentativité naturelle de sa population à l'échelle nationale

Aux Angevins (*), les industriels et les développeurs de concepts reconnaissants. En France, certaines villes - dont Angers - ont pour caractéristique d'être représentatives de la population française. Autant d'échantillons « humains » dont se sont emparé les sociétés de marketing pour tester de nouveaux produits, concepts et/ou services. 

MarketingScan étudie les comportements d'achat
A Angers, ce qui intéresse les industriels français ou étrangers, ce n'est ni la tenture de l'Apocalypse, ni les bords de Loire. Leur intérêt est autre : savoir si les consommateurs d'Angers réagiront positivement à un nouveau produit, à l'instar du géant américain Kraft Foods qui, il y a quelques temps, avait testé dans les linéaires d'enseignes de la grande distribution sa nouvelle spécialité fromagère, Philadelphia. Verdict : adopté. C'est ainsi que le Philadelphia a essaimé tous les linéaires de France.
La population d'Angers est « scannée » depuis vingt ans par une société d'études de marché, MarketingScan. Leader de la mesure d'audience en France, elle accompagne les industriels, distributeurs, agences et régies publicitaires dans leurs campagnes de promotion. MarketingScan a jeté son dévolu sur Angers car la population reconstitue à elle seule, une mini-France avec ses cadres, employés, chômeurs, étudiants, retraités... permettant aux annonceurs de tester leurs produits de grande consommation dans des conditions réelles. D'autres villes (**) se sont depuis rajoutées aux villes-test. Mais Angers garde une place à part avec une antenne angevine de la société à Saint-Barthélemy d'Anjou où sont gérées les relations avec les foyers panélistes.
La réussite des tests est en jeu. MarketingScan ne communique pas sur les produits, les marques et les foyers. Elle étudie les comportements d'achat en conditions réelles, apporte des réponses aux annonceurs. Tel produit va-t-il marcher ? Que se passe-t-il si on change l'emballage, le volume, le prix ? Sur quel support est-il préférable de communiquer...

City Panel, marché-test du numérique
Des tests « terrain » sur des produits physiques et pourquoi pas sur le numérique ? C'est l'idée qu'ont eue Simon Gérard et Julien Fillaud. En 2014, ils créaient la start-up City Panel et lançaient le premier marché-test du numérique. Mission : mettre à la disposition des professionnels du numérique une offre d'évaluation de leurs futurs produits et services connectés. Application mobile, site internet, test de nouveaux objets connectés... Autant de services qui, auparavant, étaient davantage lancés sur le marché sans essai préalable avant une mise sur le marché, sans recherche d'une adéquation de l'offre avec les attentes du grand public en termes de fonctionnalité, ergonomie, design et prix. « Il existe des sociétés d'études de marché bien représentées pour répondre aux problématiques traditionnelles d'un mode de distribution classique (produits physiques). Avec le numérique, l'approche des tests est radicalement différente de celle de produits présents en magasin » explique Julien Fillaud. Le numérique représente un marché-test au potentiel énorme. Chaque jour, plus de 100 millions d'applications mobiles sont téléchargées dans le monde. « Tous les services et produits numériques (Uber, Facebook, Google...) répondent à des besoins qui n'existaient pas avant ou qui n'étaient pas résolus comme ils le sont aujourd'hui. Ces services ont inventé d'autres business model en bouleversant ceux existants. Mais les produits et services qui sont proposés aujourd'hui ne correspondent pas forcément aux besoins de demain : les utilisateurs sont plus critiques, plus exigeants et demandent de véritables innovations d'usage pour rester fidèles aux services. Il y a donc un besoin de la part des entreprises qui développent des sites internet, des objets connectés de qualifier et suivre au plus près les besoins».
S'agissant d'un site internet ou d'une appli, City Panel accompagne ses clients sur les orientations du produit à différents stades de son élaboration : au niveau de son concept, de la maquette, du produit fini mais aussi, voire surtout, au niveau de son évolution. « Il existe une réelle difficulté pour les entreprises à coller aux exigences du consommateur dans le domaine numérique. Jusqu'à présent, il pouvait leur manquer le retour direct de l'utilisateur (le produit ou le service remplit-il les fonctionnalités qu'il était prévu de lui assigner ? Est-il efficace ?...). Il faut aller très vite, sortir le bon produit vers la bonne cible. Accélérer le recueil des données pertinentes pour faire évoluer l'application vers le but que s'est fixé le client. Nous remettons l'utilisateur au cœur des tests en approfondissant de façon continue la qualification des profils, et par voie de conséquence, en construisant des typologies d'usages numériques préalables aux tests, ce qui n'existait pas jusqu'à présent ».
L'autre différenciation majeure de la start-up : un panel d'utilisateurs-testeurs de référence et reconnu comme tel depuis vingt ans : les habitants d'Angers et sa région, échantillon représentatif de la population française. Pour Julien Fillaud, il y avait une vraie légitimité à créer ce concept de marché-test du numérique à Angers. « Statistiquement, Angers a une représentativité naturelle de la population française. Les industriels qui font tester leurs produits à Angers l'ont bien compris. Il y a d'autres caractéristiques plus irrationnelles : le public angevin est réputé pour être difficile, attendant d'un nouveau produit ou d'un service une réelle plus-value. Autre atout d'Angers : une ville qui a su conserver un cœur de ville attractif avec toutes ses fonctionnalités. Cette configuration permet de tester de nouveaux concepts dans de meilleures conditions. Les enseignes de franchise angevine se sont, entre autres, construites autour de cette caractéristique car si cela fonctionne à Angers, cela fonctionnera partout ».

Angers, ville créatrice de concepts de franchise
En matière de créations de concepts de franchise, Angers est effectivement un cas unique en France (pour une ville de cette taille). Pour l'expliquer, Christophe Mauxion, directeur général du Groupe La Boucherie, Président du Club des Franchiseurs de l'Anjou, est pragmatique : si Angers est une ville où ont été créés de nombreux concepts de franchises, c'est avant tout pour une raison simple : « les entrepreneurs étaient d'ici. Logiquement, ils ont donc créé leur premier magasin à Angers. Ensuite, l'environnement favorable a contribué à leur développement. Mais il est vrai qu'Angers offre une bonne représentativité tant au niveau des pouvoirs d'achat que des pyramides d'âges ». Autre raison, selon Christophe Mauxion, une situation stratégique, d'un point de vue géographique, de la capitale de l'Anjou.

Parmi les enseignes franchisées qui ont fait leur premiers pas à Angers en testant leur concept, « Générale des Services », société de services à la personne, créée en 1999 par Didier Château. « Générale des Services » réalise aujourd'hui des interventions au domicile de plus de 10 000 familles partout en France. « Angers, ville-test,  n'a pas été la première motivation pour concevoir ces concepts de franchise. En revanche, la clientèle à Angers est une clientèle exigeante qui a besoin d'être convaincue par les nouveaux concepts, produits et services. Elle est plus traditionnelle qu'ailleurs. Contrairement à d'autres villes comme Bordeaux, Nantes, le public n'adhère pas facilement aux concepts innovants ». Mais une certitude pour Didier Château, lorsqu'un concept est pertinent, il fonctionnera ailleurs.
« L'enseigne Speed Burger : avec son concept innovant, à l'époque, de livrer des burgers à domicile ; les Angevins ont acheté. Il faut une plus-value pour que l'innovation soit acceptée. Les Angevins ont besoin d'être rassurés, d'avoir confiance dans le produit ou le service qu'ils vont acheter ». En 1999, il était également très novateur de créer une société proposant tous les services dont une personne a besoin à domicile. C'était alors un cas unique en France. « Ce concept a séduit les Angevins ». Aujourd'hui, « Générale des Services » ce sont 1 500 collaborateurs, 15 millions de chiffre d'affaires, un des 500 plus importants recruteurs de France. « Angers n'est pas une terre de franchises mais la clientèle angevine a besoin d'être conquise par un service ou un produit de qualité qui lui apporte une vraie plus-value. Si le site pilote d'Angers n'avait pas montré son potentiel, il n'y aurait pas eu de développement dans d'autres villes. Pour se développer ailleurs, le site pilote doit être puissant. La réussite d'un concept de franchise consiste à proposer ce que les autres ne font pas. Le cas échéant, cette réussite peut être développée dans d'autres villes ». Preuve du succès du concept « Général des Services », le site pilote, continue de se développer. « Le modèle angevin des franchises est un éco-système qui fonctionne bien ». Illustration : en 2015, les enseignes « La Boucherie », « Oya » et « Générale des Services » (tous trois membres du club des Franchiseurs de l'Anjou) ont été distinguées au niveau national, récompensées par le ruban d'argent de la franchise.


Marianne Bourgeois
Anjou Eco N°44 - mai 2016


(*) : Angevins : au sens d'habitants de la ville d'Angers

(**) : Le Mans, Poitiers, Sens, Château-Thierry et Brive

 

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Angers Loire Aéroport, paré au décollage

Portée par des vents favorables, cette année s'annonce pour Angers Loire Aéroport, sous les meilleurs auspices. Un envol assuré par de nouvelles liaisons, la pérennisation de dessertes existantes mais aussi par une offre qui essaime au-delà de l'aviation commerciale.

A l'instar d'un avion qui se prépare au décollage, en 2015, Angers Loire Aéroport a clairement mis le booster sur le développement de son activité. De beaux coups d'accélérateur soutenus par Angers Loire Métropole et Keolis Angers (gestionnaire de l'aéroport depuis 1998), accompagnés et soutenus par l'ensemble des acteurs institutionnels, dont la CCI de Maine-et-Loire. Un investissement humain et économique à l'aune de l'implication de chacun. Objectif : voler dans la même direction pour permettre à l'infrastructure aéroportuaire angevine de consolider sa légitimité, son potentiel et son impact sur l'économie locale.
En ce sens, 2015 a été une année clé pour l'aéroport, marquant un tournant important dans sa phase d'envol. « L'année 2015 - vs 2014 - a connu en matière d'aviation commerciale pour les lignes régulières, charters, aviation d'affaires, hélicoptère SAMU, une très forte progression du nombre de passagers transportés (+ 31 %) et du nombre de mouvements d'avions (+ 57 %) » explique Jean-Pierre Stagnaro, Directeur d'exploitation de l'aéroport. Une belle envolée qui s'explique par les trois lignes régulières orientées loisirs (London City, opéré par British Airways), Nice et Toulouse (nouvelles destinations en 2015) mais aussi par le concours d'autres événements. « Les charters et affrètements d'avions (vols du SCO, des 24 Heures du Mans...) ont vu le nombre de leurs passagers doubler (2015 vs 2014). La montée du SCO en Ligue 1 a généré à elle seule 1 300 passagers en 2015 ».

Londres, Nice, Toulouse... Lyon
Après quatre années de vols en période estivale vers London City (aéroport situé au cœur de Londres), British Airways offre un programme à l'année, prolongeant son programme d'été (désormais de mars à octobre) complété très probablement par un programme d'hiver. « Le potentiel de l'aéroport, du territoire, le patrimoine, la représentativité importante de la population britannique en Anjou ont trouvé un écho favorable auprès des managers de British Airways. Pour chaque résident britannique en Anjou, cela représente un voyage par mois et par personne. Ce n'est pas négligeable. Autant d'arguments pour proposer une offre à l'année ». British Airways proposera en 2016, jusqu'à quatre vols par semaine en pleine saison (lundi, mardi, vendredi et samedi). La capacité totale offerte représente 16 000 sièges sur une année pleine, ce qui place l'aéroport d'Angers en tête de la progression du nombre de fréquences British Airways en France pour 2016. Mais, comme le souligne Jean-Pierre Stagnaro, « Lorsque l'on parle de liaisons vers Londres, on ne parle pas que de cela. Cette destination permet, via le HUB de British Airways à London City, de rejoindre d'autres capitales européennes (Amsterdam, Dublin, Düsseldorf, Edimbourg, Francfort...). Il est ainsi possible de rejoindre l'une de ces destinations en 3 heures 30 au départ d'Angers, une offre particulièrement attractive pour les entreprises locales ».
La desserte vers Nice (renouvelée cette année comme celle de Toulouse), est un succès avec 70 % de taux de remplissage. « Cette destination, orientée loisirs, s'adresse plus volontiers à des seniors, des familles ». Mais la bonne nouvelle, pour la clientèle d'affaires, c'est cette ouverture à partir de septembre prochain, d'une liaison vers Lyon. « Cette destination était attendue par les chefs d'entreprise. Il y a eu une vraie volonté tant politique que de la part des exploitants et des entreprises pour permettre à cette liaison d'ouvrir ». Ces trois destinations hexagonales seront assurées par la compagnie IGavion (spécialisée dans les vols régionaux et réguliers en France) qui, cette année, basera ses appareils 5 nuits par semaine sur l'aéroport. L'activité d'Angers Loire Aéroport, c'est aussi la vente de carburant qui, elle aussi, en 2015, a connu une forte progression (45 %). Entre autres raisons, la présence de l'hélicoptère du SAMU basé sur l'aéroport, l'accroissement des biréacteurs d'entreprises et la présence sur le tarmac, pendant une semaine, du dernier avion militaire l'Airbus A400M pour des essais opérationnels avec le Génie d'Angers.

L'événementiel, une clef de la réussite de l'aéroport
Si le succès des lignes hexagonales et de la ligne vers London City est sans appel, il ne faut pas oublier la vocation événementielle du lieu et cette autre manifestation qui n'a pas été neutre en matière d'impact et de notoriété pour le territoire : la présentation à la presse européenne, à l'automne dernier, de la gamme DS4. 
 « Pendant une semaine, l'aéroport a accueilli les journalistes européens venus essayer la nouvelle gamme de véhicules DS. L'aéroport a été choisi pour sa facilité d'accès en avion mais aussi pour l'un des bijoux patrimoniaux du département : l'Abbaye de Fontevraud. A chaque journaliste était remis un « Road Book » avec pour destination finale, ce lieu emblématique de l'Anjou ». L'événementiel constitue une autre part de l'activité de l'aéroport qui connait un fort développement depuis quelques années. « Nous accueillons tous les ans les « journées Porsche » pour leur lancement presse au niveau régional. La société SIDES, spécialisée dans la fabrication de matériels de lutte contre les incendies industriels, vient régulièrement sur l'aéroport présenter ses véhicules à des délégations étrangères (Europe, Amérique du sud...). Outre le fait que cette activité n'est pas neutre en matière de recettes pour l'aéroport, elle permet aussi de faire découvrir l'aéroport à des visiteurs qui sont, par effet induit, une clientèle potentielle sur l'offre des dessertes proposée ».

Vols de nuit...
« Mais pourquoi l'aéroport reste-t-il allumé la nuit ? » a-t-on demandé un jour à Jean-Pierre Stagnaro. « La majorité des personnes pense que l'aéroport fonctionne de 9 heures à 19 heures. Nous avons eu une progression importante de l'activité nocturne sur l'aéroport. En 2015, nous avons réalisé 238 ouvertures de nuit. Ces vols concernent les vols commerciaux pour les déplacements du SCO (ou équipes reçues) et l'aviation d'affaire assurée par des compagnies privées. Une part importante concerne aussi les vols sanitaires ou ceux assurés pour les prélèvements d'organes. Le fonctionnement et l'organisation d'Angers Loire Aéroport permettent de pouvoir réouvrir l'infrastructure aéroportuaire la nuit en une demi-heure et de réactiver une équipe dans l'urgence. Cela nécessite d'être très réactifs. Aujourd'hui, il y a de la vie sur l'aéroport la nuit».
Pour 2016, Angers Loire Aéroport trace son sillage aérien avec confiance. Au service de ses passagers, une équipe de 18 salariés, 3 contrôleurs aériens et 1 chef de circulation aérienne à l'année (6j/semaine). Une confiance confortée par une offre qualitative, par des équipements aéroportuaires de pointe pour assurer un accueil professionnel des passagers et des avions avec  une sécurité optimale. Objectifs pour demain ? « Poursuivre le développement de l'aéroport mais aussi stabiliser l'existant par la fiabilité des opérateurs présents ».



Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°44 - mai 2016

CONTACT :
Angers Loire Aéroport à Marcé
www.angersloireaeroport.fr
02 41 33 50 20

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Un manifeste de la CCI : l'apprentissage, arme d'insertion massive

L'apprentissage, c'est l'emploi. 80 % des apprentis dans les Pays de la Loire entrent dans la vie active moins de six moins après la fin de leurs études. Plus d'un tiers sont embauchés dans leur entreprise d'accueil. 86 % se déclarent satisfaits de leur formation. Pour stabiliser leurs effectifs, puis les faire progresser, il est essentiel de mettre demain les entreprises au cœur de ces dispositifs. C'est de cette manière que les entreprises seront plus Impliquées dans la promotion des métiers. C'est l'idée forte du manifeste de l'apprentissage que vient de diffuser la CCI de Maine-et-Loire.

Que sont devenus nos apprentis ?

David Bacher
Joaillier créateur de bijoux associant les diamants blancs avec les diamants noirs

Ancien apprenti à l'Institut de Bijouterie de Saumur. Installation à Nîmes en 1997. Création de sa marque, BACHET, en 2004. Installation en 2008, place Vendôme à Paris, puis ouverture d'un premier magasin à l'international. Distribution dans 70 points de vente en France.

Didier Garnier
Restaurateur à Londres

CAP Restaurant en 1973 au CFA de la CCI (Angers). Création à 24 ans de la chaîne de restaurants « Brasserie St Quentin ». Propriétaire de deux établissements à Londres dans

le quartier de Earl's court et Chelsea : le Garnier et le Colombier (55 salariés).

Étienne Jamin
Marque de remise en forme « Wake up form »

Bac Pro Commerce à l'Etablissement de Formation du Saumurois. Ouverture de clubs de forme à Saumur et Poitiers en 2010, à Niort en 2012. Développement de sa marque «Wake up form » sous contrat de licence. Le réseau compte une quinzaine de clubs en France.

Thierry Daraize
Chroniqueur et critique culinaire

Apprenti en restauration au CFA de la CCI à Angers. Travail chez les grands de la cuisine française (Prunier, Michel Guérard, Lenôtre). Installation au Québec comme animateur et chroniqueur culinaire à la télévision, la radio, dans les journaux.

Linda Duquesne
Formatrice en coiffure

CAP et BP Coiffure au CFA de la CCI à Angers et Cholet. Responsabilité d'un salon à

Calais et à Tours. Lauréate aux championnats de France de Coiffure. Gestion de deux salons de coiffure dans le sud de la Touraine. Se consacre ensuite à l'enseignement.

Entre 2010 et 2020, trois actifs sur dix seront partis à la retraite dans les Pays de la Loire. Près de 440 000 emplois seront à pourvoir. Une opportunité historique pour les apprentis de la région dont plus d'un quart se trouvent en Maine-et-Loire. Ils sont 7 000 et un tiers sont formés par la CCI. Mais leur nombre diminue malgré d'excellents taux de réussite aux examens et d'insertion professionnelle. Un paradoxe et un souci alors que l'avenir, par le simple jeu de la démographie, sera riche d'emplois à pourvoir.
Que faudrait-il pour redresser la barre, dans un premier temps, puis faire augmenter le nombre d'apprentis ?  La CCI de Maine-et-Loire a réuni ses propositions dans un « manifeste de l'apprentissage », diffusé pour la première fois auprès des candidats aux dernières élections régionales. Ces propositions sont présentées dans les lignes qui suivent.

Placer l'entreprise au cœur du dispositif
Pour assurer le développement de l'apprentissage, il faut tout d'abord remettre les professionnels - et leurs structures de représentation, branches et CCI - au coeur des dispositifs d'apprentissage. Ceux-ci sont trop conçus et gérés par la seule gouvernance institutionnelle et académique. Le partage du pouvoir de décision au profit des entreprises est la clé de l'efficacité du système allemand. Il explique la très forte croissance de l'apprentissage au Royaume-Uni. L'apprentissage ne « décollera » pas en France sans ce changement majeur.
L'apprentissage n'est pas un sujet obligatoire dans les négociations de branches. L'intégrer lui donnerait du crédit en renforçant l'engagement des partenaires sociaux. Aucune instance régionale n'est dédiée à l'apprentissage. Cela permettrait aux mondes institutionnel et académique et aux acteurs économiques de définir les formations indispensables au développement des entreprises, à leur besoins de main d'oeuvre et de qualification. Le Service public régional de l'orientation (SPRO) existe. Pourquoi ne pas créer, sur son modèle, un SPRA (Service public régional à l'apprentissage)  ? Il pourrait commencer par coordonner la prospection des entreprises de la région et recenser le potentiel de contrats d'apprentissage.
Les CCI ne sont pas membres de plein droit du Comité régional de l'emploi, de la formation et de l'orientation professionnelles (CREFOP). Cette instance coordonne les acteurs des politiques d'orientation, de formation professionnelle et d'emploi et la cohérence des programmes dans la région. Mais elles pourraient être invitées à participer à ses travaux quand ils concernent l'apprentissage, la formation des salariés et des demandeurs d'emploi.

L'élaboration de la carte de formation à reconsidérer
L'apprentissage se développe fortement pour les niveaux 1 (Bac + 5) et 2 (Bac +3). Il baisse dans les mêmes proportions pour les niveaux 4 (Bac Pro) et  5 (CAP). Un équilibre doit être trouvé entre la réorientation des crédits au profit des niveaux 1 et 2 et la nécessité de ne pas pénaliser les  jeunes des niveaux 4 et  5 au risque qu'ils ne puissent plus poursuivre leurs études. Ce sera le moyen de pallier la raréfaction de la main d'oeuvre et le grand nombre de départs en retraite à venir dans ces niveaux de qualifications.

Vers un système unique de certification des formations en alternance
Dans les pays où l'apprentissage est développé, les entreprises jouent un rôle de premier plan dans le choix des formations et de leur contenu. Une certification rigoureuse conditionne le bénéfice des subventions publiques. Ainsi, le contrôle en cours de formation (CCF) qui associe le professionnel maître d'apprentissage, permet la reconnaissance de compétence en phase avec l'entreprise en vue d'une formation qualifiante du jeune.

Un contrat d'apprentissage simplifié et dématérialisé
La première mesure d'assouplissement du cadre contractuel consisterait à simplifier le contrat d'apprentissage. Il est trop complexe, en particulier pour les TPE qui embauchent les deux tiers des apprentis. Une seconde mesure serait le traitement dématérialisé de l'enregistrement du contrat jusqu'à la saisie de la rupture. Ces deux dispositifs allégeant formalités et démarches rendraient les entreprises plus autonomes. L'accompagnement individuel des entreprises qui en éprouvent le besoin doit rester la règle.

Un plan durable d'indemnités aux entreprises
Les entreprises qui forment des apprentis touchent des indemnités compensatrices. Elles les dédommagent pour le temps que le jeune ne passe pas chez elles. Elles compensent le temps, l'énergie et la matière consacrés à la formation et l'accompagnement de l'apprenti par un tuteur. La formation d'un apprenti est un investissement significatif. Or l'État se montre incapable de garantir sur la durée, la stabilité de ses mesures d'incitation et de compensation économique. De ce fait, les entreprises hésitent  à prendre un apprenti ou elles reportent cette décision dans le temps. La CCI de Maine-et-Loire propose la mise en place d'un Plan Apprentissage pour 5 ans. Il garantirait des mesures stables et de la visibilité pour les entreprises sur le moyen et long terme.

La taxe d'apprentissage... pour l'apprentissage
Les Régions versent des subventions de l'Etat pour inciter les employeurs à embaucher des apprentis. Mais ces subsides ne sont pas modulées en fonction du niveau de diplôme. Il n'est pas possible de cibler les dépenses d'apprentissage vers les publics les moins qualifiés. La loi de Finances pour 2014 a ciblé le crédit d'impôt de 1 600 € bénéficiant aux employeurs d'apprentis vers les diplômes ou titres de niveaux inférieurs ou égaux à Bac + 2. C'est un premier pas vers une telle modulation. Le CAE fait remarquer que, en complément de la réaffectation de la taxe d'apprentissage, « les études empiriques suggèrent que les entreprises sont très sensibles au coût de recrutement d'un apprenti, ce qui justifie des subventions publiques importantes. Pour accroître les ressources destinées à l'apprentissage il serait possible de réallouer une partie des dépenses consacrées aux emplois d'avenir vers la formation en alternance dans le secteur marchand ».

Des entreprises mieux informées et accompagnées en amont du contrat
Les entreprises ont besoin de plus d'informations sur le contrat d'apprentissage et les conditions de recrutement, sur les métiers et diplômes, sur les aides et l'accompagnement au recrutement. La CCI de Maine-et-Loire recommande la relance du financement des postes de développeur de l'apprentissage qui leur apportent ce premier niveau d'information. Le formateur assure aussi l'accompagnement au recrutement et aux procédures administratives. Il aide à définir le profil du candidat recherché par l'entreprise. Côté CFA, il recense les candidats, valide leur projet professionnel et met en relation les parties intéressées. C'est la garantie que le bon candidat rencontre la bonne entreprise et qu'une rupture de contrat soit évitée par la suite.

La fonction de maître d'apprentissage et de tuteur mieux reconnue
Il faut revaloriser les formations de tuteurs qui gagneraient à être mieux reconnues (dans une perspective de Validation des Acquis de l'Expérience - VAE) et davantage soutenues notamment sur le plan financier. Depuis longtemps, la Région Pays de la Loire favorise et finance les actions d'accompagnement des maîtres d'apprentissage. Elle verse des indemnités aux entreprises qui les « libèrent » pour suivre un dispositif d'accompagnement et de formation.

Un meilleur équilibre entre enseignements généraux et professionnels
En France, le temps passé en CFA s'est progressivement allongé au détriment du temps passé en entreprise... La formation est pensée avant tout comme l'application de concepts théoriques à des cas concrets. L'apprentissage pratique une pédagogie inversée : l'expérience concrète et l'immersion en situation amènent l'apprenti à conceptualiser les règles qui définissent son activité. « Si la main fait, le cerveau saura ! ». Différentes organisations dont le CAE, remarquent que le poids des enseignements généraux dans les formations professionnelles est parfois trop important au vu de l'échec scolaire qu'il engendre, en particulier dans les plus bas niveaux de qualification.

La rémunération des apprentis à revoir
Les critères qui fixent les salaires des alternants croissent avec l'âge et le niveau de qualification. Cette rigidité peut dissuader des employeurs de recruter des personnes relativement âgées, mais sans expérience professionnelle, dès lors peu employables.

Des jeunes et des familles mieux informés
Selon la CCI de Maine-et-Loire, il serait bien de rendre obligatoire la participation des collégiens à une session de découverte de l'apprentissage (visite de CFA, rencontre avec des apprentis et des employeurs, découverte d'un cursus en alternance, « mercredi de l'apprentissage », etc.). Un accompagnement renforcé vers l'apprentissage faciliterait la transition vers la voie professionnelle, parfois brutale pour des jeunes sortant de l'école «traditionnelle ».

Un accompagnement durable des apprentis
Nombre d'apprentis ignorent les démarches administratives, comme la nécessité de se mettre en relation avec un CFA qui les accompagnera notamment dans la recherche d'une entreprise. Par ailleurs, ces démarches sont complexes pour des jeunes souvent peu familiers du système administratif. Un service homogène au niveau régional (Service Public de l'Apprentissage ?) apporterait une aide de qualité aux familles et aux jeunes. Par ailleurs, les adultes référents doivent veiller sur l'évolution du jeune pour repérer ses progrès, mais aussi ses difficultés, l'encourager, le soutenir.  Il surmontera plus facilement ses difficultés : comprendre une consigne, réaliser un geste, maitriser son comportement, mais aussi dépasser les soucis inhérents à la vie d'un adolescent.

Des apprentis plus mobiles en Europe et dans le monde
Les CCI des Pays de la Loire sont convaincues de la plus-value que représente cette expérience. Les apprentis développent leurs compétences professionnelles et linguistiques et les entreprises leur compétitivité (selon une enquête de CCI International, un quart d'entre elles manquent de compétences linguistiques suffisantes pour développer leur stratégie à l'international.). Il conviendrait de renforcer les crédits en faveur de la mobilité :

- pour mieux prendre en charge les frais des apprentis, proposer un dispositif de préparation linguistique et culturel au départ ;
- pour prendre en compte le travail (ingénierie, préparation, accompagnement des jeunes, recherche d'entreprise et animation de réseau), assuré par les CFA ;
- pour les séjours d'études des maitres d'apprentissage et chefs d'entreprise ;
- pour renforcer Movil'App, outil des CCI en faveur de la mobilité des apprentis ;
- pour mettre au point un dispositif européen d'apprentissage qui permette un séjour long et débouche sur une reconnaissance des acquis et une qualification. En février 2015, des préconisations en faveur de la mobilité internationale des apprentis ont été faites lors du forum européen de l'apprentissage à Nantes.

Des CFA habilités au CCF
Le contrôle en cours de formation (CCF) réduit l'importance des examens terminaux. Il évalue l'acquisition réelle des compétences de l'apprenti et prend en compte l'avis du maître d'apprentissage. La CCI de Maine-et-Loire recommande l'habilitation systématique sur un rythme triennal. Par ailleurs, il serait intéressant de réfléchir au contrôle terminal pour les formations de niveau 5, de poursuivre l'extension du CCF aux formations de niveaux 4 et 3, d'organiser au moins deux sessions de jurys par an.
La professionnalisation des formateurs à renforcer
La reconnaissance des formateurs de CFA contribuera à mieux valoriser des formations dispensées en apprentissage. Le catalogue de « formation des formateurs » de CFA du Conseil régional constitue une ressource pertinente. La longue expérience de la CCI de Maine-et-Loire en matière de formation des formateurs lui a permis de développer une expertise reconnue et évolutive dans ce domaine.

 Une logique de parcours autant que de filière
Après un premier diplôme professionnel, la voie est ouverte à la préparation d'un second diplôme de niveau supérieur pour certains apprentis. Ces derniers valorisent ainsi une logique de filière professionnelle, de développement des compétences et de qualification. Pour d'autres, déjà titulaires d'un diplôme professionnel d'une autre filière, d'un Bac général ou d'un diplôme universitaire, la logique de filière n'est plus adaptée. Il s'agit plutôt de concevoir une individualisation des parcours adaptée à leur situation individuelle.


Benoît Buffry et Jean-Claude Guilbault
Anjou Eco n°43 - janvier 2016


Contacts CCI
Les établissements du CFA de la CCI de Maine-et-Loire :
- Angers : 02 41 20 53 60
- Cholet : 02 41 49 10 20
- Saumur : 02 41 83 53 53

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Enseignes de produits à bas coût : des bazars bien organisés

Dans une étude publiée en 2015, le cabinet d'étude sectorielle Xerfi attestait de la bonne santé des bazars et autres enseignes à prix discount boostés par la crise, la généralisation de «l'achat malin» et par un merchandising de plus en plus affûté et connecté.

Aux abords des villes ou en centre-ville, elles fleurissent partout, affichant des enseignes souvent « tape à l'œil », ces surfaces de vente qui cassent les prix. Gifi, Centrakor, Foir'fouille, Noz, Tati... Depuis plusieurs années, les chaînes dédiées au bazar, à l'équipement de la maison, de la personne ou à la décoration discount se structurent et gagnent en masse. Le potentiel de ce secteur économique n'a pas échappé à certains institutionnels prêts à investir (entre 2010 et 2014, le fonds Qualium Investissements s'est invité au capital de la Foir'Fouille de façon majoritaire). L'une des raisons ? Le discount a montré sa résilience pendant la période de crise. Chaque année, il grignote de nouvelles parts de marché aux autres canaux de distribution. Composé de nombreux acteurs indépendants, le secteur est en pleine consolidation et offre d'intéressantes opportunités de développement. Les enseignes à bas coût sont de plus en plus plébiscitées. Un succès qui s'explique : un positionnement prix qui, par temps de pouvoir d'achat en berne, ne peut que trouver un écho favorable auprès des consommateurs. Un format qui semble avoir de l'avenir puisque (selon l'étude Xerfi), l'achat malin restera plébiscité même dans un contexte d'amélioration du pouvoir d'achat des ménages. En 2014, le chiffre d'affaires des 15 leaders du segment s'est élevé à 3,5 milliards d'euros, progressant de 8% en 2015 avec une perspective de 7% en 2016.

Mais pour en arriver là, ces enseignes ont du consentir d'importants efforts pour se défaire d'une image négative, revoir leurs concepts, chercher à valoriser le rapport qualité/prix de leur produits. L'offre plus qualitative s'est ainsi accompagnée d'une mise en scène plus soignée. Ces enseignes investissent également dans les outils logistiques pour mieux contrôler leurs approvisionnements. Et ces efforts paient, côté consommateurs mais aussi côté entrepreneurs. Certaines ont commencé à entrer sur le terrain du cross-canal (une réponse aux attentes d'un consommateur qui veut optimiser son budget, comme le click-and-collect qui permet de récupérer un article gratuitement en magasin plutôt que payer des frais de livraison), leur permettant simultanément d'améliorer la satisfaction client et le taux de fidélisation.  

Sites marchands mais aussi appli mobiles, les opérateurs leaders investissent également les réseaux sociaux pour encourager l'achat, fidéliser la clientèle, recruter de nouveaux consommateurs et affiner la connaissance de leurs clients.


Centrakor, en pleine dynamique de développement

C'est l'histoire d'un petit Poucet qui en quelques années à commencer à marcher sur les talons de ses concurrents. C'est aussi l'histoire d'un homme et d'une équipe qui y ont cru. En 2004, Olivier Rondolotto reprenait Centrakor, enseigne spécialisée dans les articles tendances à petits prix pour l'équipement de la maison, la décoration et les cadeaux. Centrale de référencement et d'achat depuis plus de 20 ans et enseigne depuis 8 ans, Centrakor est un acteur majeur de la distribution française discount non-alimentaire, situé derrière le géant Gifi, et désormais devant la Foir'fouille. Avec 280 magasins dans toute la France. En 11 ans, l'enseigne est passée de 40 points de vente à 280. Une forte progression qui s'explique entre autre par un modèle économique dédié à la réussite de ses adhérents, un partenariat flexible qui favorise l'expansion de chacun. «Nos magasins sont en concession. Les adhérents ne reversent aucune royaltie à l'enseigne mais un forfait annuel fixe». Comme l'explique Olivier Rondolotto, « la force de Centrakor est d'avoir des hommes qui sont aussi des chefs d'entreprise de PME. Grâce à un mode de gestion collaboratif, l'enseigne peut ainsi capitaliser sur les synergies et les expériences de chacun bénéficiant ainsi à l'ensemble du réseau. Pour gagner en visibilité, l'enseigne a investi en 2011 les écrans TV via des spots publicitaires. «Cela a contribué à accroître notre notoriété. Aujourd'hui tout va tellement vite qu'il faut constamment investir pour suivre les tendances du marché». Des tendances fortement amplifiées par les émissions et autres media dédiés à la décoration, la cuisine.... « pile » dans le cœur de métier de l'enseigne. Pour proposer des produits à petits prix et quelques 15 000 références, l'enseigne s'approvisionne auprès d'importateurs français. «Lorsque cela est possible, nous travaillons avec des fabricants français dans le domaine des matières des plastiques, de la coutellerie, des articles de cuisson, du jetable (assiettes, gobelets....). C'est aussi, in fine, beaucoup plus simple et rapide que de s'approvisionner en Asie ». La clientèle de l'enseigne - historiquement populaire -  a évolué depuis la crise de 2008. Les concepts aussi. «Nous avons souhaité sortir de cette connotation de « bazar » pour proposer des agencements plus conviviaux, tout en conservant notre ADN, un très bon rapport qualité/prix et un vaste choix». Internet, le cross-canal, l'enseigne y va, à pas mesuré non par prudence mais parce que Rome ne s'est pas faite en un jour...

« Nous sommes les derniers arrivés sur ce marché. Plus récents, nous avons du investir sur plusieurs grands axes simultanément. Passer de 40 magasins à 280 en 11 ans, cela nécessite des investissements financiers et humains importants. Le cross-canal, nous nous y préparons car il faut y être». L'équipement de la maison, un secteur déjà fortement bien investi avec peut-être un jour le risque de se marcher sur les pieds... « Je ne pense pas. Il faut jouer constamment sur la performance, apporter plus de services, de choix, offrir le meilleur prix avec des produits qualitatifs. Lorsque nous avons commencé, nous n'étions pas persuadés d'une part de réussir face à ces géants, d'autre part, d'arriver à ce niveau en 11 ans. Ce qui m'anime c'est d'être numéro 1, non par prétention mais parce que lorsque l'on développe une société, l'objectif est d'être leader. Nos marges de progression sont encore importantes : compléter notre maillage territorial, progresser sur les formats des magasins. Exemple avec celui de St Sylvain d'Anjou qui, avec ses 8000m2, est le plus grand point de vente de l'enseigne en termes de superficie, proposer d'autres familles de produits, mais aussi apporter au client davantage de services en privilégiant le rapport avec le client. C'est cela qui fera la différence demain face aux géants qui, du fait de leur taille, ne pourront pas offrir cette qualité de service».


Si je vous dis «une marque aux sacs plastique rose vichy »... ?

15 000 références, 90 des produits vendus à moins de 10 €, 150 magasins (25 en 2003), un emblématique rose vichy reconnaissable entre tous. Tati est l'une des rares marques à être devenue de son vivant une icône du patrimoine français. Quelle révolution,  lorsqu'en 1948, ce premier grand magasin populaire proposait alors à sa clientèle un concept totalement novateur : des articles vendus en vrac dans de grands bacs à peine sortis des cartons d'emballage, des prix défiant toute concurrence tout au long de l'année. Tati, précurseur du discount ? Sans aucun doute. Depuis sa création, l'enseigne a toujours poursuivi la même stratégie, celle de l'accessibilité au plus bas prix, commercialisant les modes femme, homme, enfant, mais également l'univers de l'équipement de la maison, l'hygiène et la cosmétique sans oublier le mariage. Tati n'a pourtant pas toujours été à la noce. En 2004, la marque se fait racheter par le groupe angevin Eram. Depuis 2010, Tati a opéré une mutation en profondeur, dépoussiérant au fil des années ses linéaires pour renouer aujourd'hui avec le succès, comme l'explique Anne-Laure Couplet, Directrice générale déléguée de l'enseigne.

«L'essor de l'enseigne et plus généralement du secteur des enseignes de produits à bas coût tient à plusieurs raisons : d'une part à l'engouement des consommateurs pour l'univers déco et maison. Depuis une dizaine d'années, il existe une centaine de titres de presse autour de la cuisine, de la déco, des arts de la table. Cela a profité aux enseignes généralistes comme la nôtre. D'autre part, de nouvelles enseignes sont arrivées pour répondre à une attente d'une population de plus en plus contrainte par des arbitrages budgétaires. Ces nouveaux venus ont obligé les enseignes low-cost, comme Tati, à se professionnaliser sur la qualité de l'offre et du merchandising, à revoir leur concept». Dès son rachat total par Eram en 2009, Tati s'est repositionné avec le fort soutien de ses actionnaires. «Si en 1948, le low cost était un concept très novateur, aujourd'hui, cela ne suffit plus. Le consommateur veut du fair-cost, autrement dit de la qualité également». Pour ce faire, l'enseigne a beaucoup investi dans les équipes produits. Une centaine de stylistes et modélistes travaille à Paris. «Les futurs articles sont envoyés dans nos bureaux en Asie, puis fabriqués dans des usines auditées par nos soins. Avant nous achetions de bonnes affaires, aujourd'hui, nous les créons». Une façon aussi de se démarquer de la concurrence en maîtrisant toute la chaîne, de la conception à la fabrication. Car aujourd'hui, il est devenu indispensable dans un secteur en mouvement perpétuel d'être ultra réactif, de se démarquer. «Aujourd'hui, plus de 50 % des magasins ont été entièrement réagencés. Nous avons créé de mini boutiques autour de chaque univers. Chaque semaine, Tati propose 200 nouveautés». Tati, une marque en phase avec son temps. Son site marchand (créé en 2010 et élu la même année meilleur site par la FEVAD (1)) est devenu le premier magasin du réseau en termes de C.A. «Ce site est la première vitrine et le seul outil de communication de la marque». Tati est également adepte du cross-canal depuis peu : 2015, lancement de l'appli, du site mobile Tati ainsi que le click-and-collect. «Le click-and-collect est le meilleur outil qui soit en terme de cross-canal. Cela démultiplie les potentialités d'actes d'achat». Entres autres importants projets à venir pour Tati : la rénovation et l'installation en cross merchandising (2) de l'ensemble de ses magasins (début 2016), le développement à l'international (3) tout en continuant à entretenir la même ADN qui lie Tati et Eram : des entreprises françaises et familiales qui ont le souci de promouvoir la production et le savoir-faire français. Qui sait que 40 % des robes de mariées Tati sont fabriquées en France ?.....



Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°43 - janvier/février 2016


  • (1) FEVAD: Fédération e-commerce de vente à distance
  • (2) Le cross-merchandising est une pratique qui consiste à proposer un produit à la vente hors de son rayon habituel à coté d'un produit dont il est complémentaire (une jupe, un chemisier, des chaussures....)
  • (3) Tati à l'international aujourd'hui: Dubaï, Bahreïn, Arabie Saoudite, Tahiti, Nouméa, Réunion, Algérie, Guadeloupe, Martinique, Iran, Maroc, Tunisie....

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Business développeurs... l'incubateur d'Angers Technopole

Celles et ceux qui veulent développer des idées innovantes pour en faire une entreprise doivent s'entourer. L'incubateur d'Angers technopole est là pour les accompagner, quelle que soit leur origine, porteurs de projets, chercheurs universitaires, étudiants... et entreprises déjà en place.

Carlina Technologies, If Tech, Soqrate, Chlorosphere, Heurisis, Qowisio, Gamepulp, BSE Group, Apiterra, ODPM, Biogance, Surfactis Technologies, Factoryz, Atout goût, Innortex .... Start-up s'adressant à un vaste marché ou PME innovante au marché plus circonscrit, elles sont toutes nées dans l'incubateur d'Angers Technopole, lancé au début des années 2000. « L'incubateur apporte un appui aux porteurs d'idées ou de projets en termes d'hébergement, de conseil et de financement, lors des premières étapes de la vie de l'entreprise innovante, résume Christophe Angot, directeur d'Angers Technopole. Il l'accompagne vers le succès économique ».


Porteurs d'idées, chercheurs, universitaires...

Marina Le Marchand et Eric Germain sont « business développeurs » à Angers Technopole dédiés à l'incubateur. « Nous avons quatre publics. D'abord les porteurs d'idées, venus à la suite de « l'Appel à idées innovantes ». Ce concours en est à sa 15ème édition et sera clos le 31 mai 2016. Nous recueillons entre 100 et 150 idées. Une quarantaine sera travaillée. Une vingtaine parviendra  à une logique de pré industrialisation. Les deux tiers arriveront au stade de la création d'entreprise, pas forcément sous forme de start-up, mais le plus souvent sous forme de PME innovantes ».

Autres publics, les chercheurs universitaires qui profitent du programme MPIA (Maturation des Projets Innovants en Anjou) d'Angers Technopole et l'entrepreneuriat étudiant. Evrard Mentzler est ingénieur Génie des systèmes industriels spécialité Innovation, en fin de formation à l'ISTIA. En mars 2013, il a initié le projet Enscio qu'il porte avec Dimitri Asseray, ingénieur en Automatique et génie informatique. « Il s'agit d'un assistant virtuel qui aide à initier et entretenir des démarches d'amélioration continue des organisations. Il repose sur un modèle innovant de représentation des organisations. Enscio facilite les démarches réglementaires et normatives par la génération collaborative de connaissances et leur analyse numérique ». L'utilisateur peut ainsi mener une analyse efficace de l'activité suivant plusieurs aspects : sécurité, environnement, qualité, satisfaction client.. Les deux jeunes hommes ont suivi le parcours type de l'incubateur : dimensionnement et réalisation technique, marketing et juridique, création des prototypes, rédaction des documents techniques, gestion opérationnelle du projet ; gestion des coûts, délais et recherche de sources de financement qui ont apporté 120 000 euros au total. Le prototype est testé depuis le début de l'année 2015 dans plusieurs entreprises françaises.


Le grand vivier des entreprises

Mais les réserves les plus importantes pour l'avenir de l'incubateur proviennent des entreprises. La « spin off » est une entreprise créée indépendante de la gouvernance de l'entreprise de départ. La « spin out » est une entreprise « fille ou sœur », mais dont le contrôle est conservé par l'entreprise qui la crée.

Un bel exemple de « spin out » est celui de Versoo (Beaucouzé), créée par Xavier et Valérie Delesalle. L'entreprise propose une solution de recyclage des gobelets usagés qui inclut des collecteurs spécifiques, une collecte optimisée et le recyclage. « Nous avons envisagé la création d'une entité industrielle pilote de traitement des gobelets, voire d'autres produits. Ce projet est entré en incubation à la Technopole d'Angers pour déterminer sa faisabilité technique et sa modélisation économique, avec l'accompagnement d'Eric Germain. Nous avons apprécié sa grande expérience en matière de start-up et jeunes entreprises innovantes et la pertinence de son approche ».

Début 2015, la structure industrielle NovaCycle est née de cette incubation. Elle transforme des produits plastiques usagés peu ou pas recyclés (gobelets, mais aussi pots horticoles, barquettes, seaux alimentaires...) en Nouvelles Matières Premières de grande qualité, réemployables par des plasturgistes locaux (pots, profilés, pièces automobiles ou horticoles...). « Ces produits ont ainsi plusieurs cycles de vie de haute qualité. Le recyclage des barquettes alimentaires a démarré en octobre avec l'hôpital de Cholet». Un million d'euros est investi dans un nouveau bâtiment sur la Zone Actiparc Pôle 49 à Saint Sylvain d'Anjou qui permettra de déployer à plus grande échelle ce process au printemps 2016 et emploiera des personnes en insertion professionnelle.


Quatre étapes pour un parcours

« Plus que d''un incubateur, je parlerai plutôt d'une technopole qui doit avoir ses différentes portes d'entrée. Pour que cela marche, il faut un parcours que nous avons créé il y a deux ans ». Dans l'environnement professionnalisant de bureaux tout équipés privatifs ou en open space, l'offre de l'incubateur se décline en quatre segments.

la maturation durant laquelle le projet est travaillé à partir d'une idée. On fait réfléchir sur une logique de marchés, ce sont les contours de base du marketing d'un « Que sais je ? ». « Les oubliettes du business sont pleines d'idées géniales qui n'ont pas résisté à l'épreuve des faits. Nous devons être des pédagogues, envoyer sur des MOOC, de la littérature, des forums... ». Un « cahier de maturation » conclut cette première phase.

la préincubation qui permet de passer du projet au projet d'entreprise. Cela passe par dix demi-journées avec un chargé de mission. Cet épisode se termine par un « cahier de préincubation » qui prend en compte la notion de business modèle. Mais il n'est pas question d'études de marché

l'incubation qui est l'étude de faisabilité du projet. Faut-il une preuve de concept ? L'incubateur peut la financer, d'autant plus quand il y a des emplois à la clé, du rayonnement pour le territoire et des investissements. Des questions de normes, de droit sont posées en vue d'arriver à la faisabilité technico-économique du projet. Un budget s'esquisse. Beaucoup de projets sautent cette case.

Le préamorçage qui est la création d'une entreprise embryonnaire avec un SIRET. Il faut trouver de vrais clients pilotes ou un marché pour tester un prototype. On peut mobiliser des aides du RDI, de la BPI. Le financement est constitué par les ressources, les prêts d'honneur, Anjou Initiative ou autre, le love money, le financement participatif...La partie économique du business plan est finalisé.

Quand le porteur de projets décroche ses premières références, il accède au 5ème étage, celui de l'amorçage (banques, business angels...). La phase suivante de post-incubation sera celle de l'accompagnement des jeunes entreprises innovantes pendant trois ans pour la mise en place du business plan, le recrutement... La CCI de Maine-et-Loire est complémentaire de l'action d'Angers Technopole dont elle est membre fondateur et dont elle constitue en quelque sorte  la "filiale" innovation. Elle assure la continuité de la gestion des dossiers notamment au regard du volet ingénierie de financement avec Anjou Amorçage. La vocation de ce dernier est d'accompagner les créateurs d'entreprises généralement validés par l'incubateur de la technopole. Ceux-ci ont besoin de financement. Anjou Amorçage leur apporte évidemment des capitaux. Mais il agit aussi et surtout comme caution morale vis-à-vis des autres financeurs en validant le projet.

Des « pépites » continueront de sortir de l'incubateur. Les développeurs se considèrent d'ailleurs comme des chercheurs d'or.


CONTACT CCI : Thierry Vergnault

02.41.20.54.18

thierry.vergnault@maineetloire.cci.fr




Alain Ratour
Anjou Eco n°43 - janvier/février 2016

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Les Répar'Acteurs ? Si on tordait le cou à l'ère du tout jetable ?

C'est l'histoire d'un téléphone portable qui tombe et dont l'écran se brise, d'un ordinateur qui rame et dont on souhaite se débarrasser,... Alors on jette et on achète du neuf ? Et si l'on faisait réparer ?

Faire réparer plutôt que jeter ? Voilà une belle idée qui s'inscrit dans le cadre de la loi Grenelle 2 (réduction de la production des déchets ménagers et assimilés de 7 %  sur 5 ans). En Pays de la Loire,  on compte plus de 2 000 artisans dont le métier est de réparer (cordonniers, bijoutiers, horlogers, couturières, réparateurs d'électroménager, d'informatique, de cycles, de motocycles...) Certains de ces métiers (horlogerie-bijouterie, électroménager, cuir et chaussures) ont été durement fragilisés sur les quinze dernières années et impactés par l'émergence des nouvelles concurrences et les modifications des modes de vie et de consommation avec «l'ère du tout jetable» pendant que d'autres se sont développés avec l'apparition des nouvelles technologies (électronique-multimédia). Aujourd'hui, face aux initiatives prises notamment dans le domaine de la réduction des déchets qui s'inscrivent dans le cadre de la loi Grenelle 2, les métiers de la réparation retrouvent un second souffle en allongeant la durée de vie des produits et en contribuant ainsi à la réduction durable des déchets  ménagers et de leurs impacts environnementaux.

Pour promouvoir les métiers de la réparation auprès du grand public, notamment auprès des jeunes générations, certaines Chambres de Métiers et de l'Artisanat ont créé l'opération «Répar'acteurs». Parmi les précurseurs, les Chambre de Métiers et de l'Artisanat d'Aquitaine, et de Rhône-Alpes. En septembre 2014, la Chambre de métiers et de l'artisanat de région des Pays de la Loire  avec le soutien de l'ADEME et en partenariat avec des collectivités locales  lançaient à leur tour l'opération Répar'Acteurs (labellisée TRIA (1)) avec, entres autres objectifs, la mobilisation des acteurs de la réparation, la valorisation des savoir-faire des entreprises, la réduction des quantités de déchets, en s'appuyant sur des dynamiques initiées par les territoires, mais aussi : faciliter la mise en relation avec les consommateurs, favoriser l'économie circulaire, contribuer à l'économie de proximité créatrice d'emplois et de lien social.


En mai 2015, la Chambre de métiers et de l'artisanat de région - Délégation de Maine et Loire et Angers Loire Métropole organisaient la 1ère Journée de la Réparation à l'occasion de la Semaine Européenne du Développement Durable en partenariat avec la Ressourcerie des Biscottes (acteur local du réemploi). Objectif : faire connaître les artisans réparateurs, mettre en avant leur savoir-faire, sensibiliser le grand public à la réparation et au prolongement de la durée de vie des objets. 20 artisans répara'acteurs ont été présents lors de cette journée. Des artisans qui, avant d'être «labellisés» répar'acteurs, avaient suivi une journée de formation de sensibilisation à la réparation, au marché actuel et aux opportunités que ce secteur pouvait apporter. L'opportunité également d'échanger entre professionnels de la réparation. Bilan de cette première édition : 1 000 visiteurs (dont 1/3 venu rencontrer les artisans), une centaine d'objets apporté par les visiteurs pour un diagnostic, 70 devis réalisés et 50 objets réparés après l'événement. Enfin un satisfecit général et des artisans prêts à renouveler l'expérience en 2016. Parmi ces nouveaux répar'acteurs présents à cette journée, la société My Micro (Angers), spécialisée dans la réparation et la maintenance informatique. L'initiative «Répar'acteurs», Yohann Bernard Marc Fuller, responsables, en ont eu l'écho par la Chambre de Métiers et de l'Artisanat du Maine-et-Loire (CMA49). «Dans un premier temps, la Chambre de Métiers et de l'Artisanat nous a contactés. S'en est suivie une rencontre pour nous expliquer plus en détails la démarche». Une démarche qui intéressait Y. Bernard et M. Fuller : «Depuis 2004, nous fabriquons et réparons des micro-ordinateurs, avec le souci de proposer à nos clients un produit adapté, et une réparation quand c'est possible techniquement, autant qu'économiquement. Pour l'heure, l'affiliation aux réseaux des Répar'acteurs n'a pas eu de réel impact sur notre activité parce que cette opération est encore trop peu connue du grand public». Quoi qu'il en soit, Y. Bernard et M. Fuller encouragent cette démarche : «Plus on est de fous (de la réparation)... car la démarche est louable, et simple ». A ce jour, on totalise un peu plus de 40 Répar'Acteurs sur Angers Loire Métropole, le seul territoire du département couvert par le dispositif. L'objectif est de l'étendre à l'ensemble du département sur 2016.


Une démarche qui va tout à fait dans le sens de l'activité de Frédérick Lefièvre et à laquelle le jeune Segréen envisagerait d'adhérer. Pour l'heure, sa priorité est de répondre à la demande. Depuis son installation en mars dernier, il n'imaginait pas que ses prestations puissent trouver autant d'écho tant auprès des particuliers que des entreprises. Le métier de Frédérick ? «Smartphone Doctor». Il est arrivé à ce fou de high tech, ce qui arrive à nombre d'entre nous : un téléphone qui chute. «J'ai essayé de le réparer, j'y suis parvenu. Puis j'en ai réparé d'autres». Totalement autodidacte, Frédérick s'est appuyé sur des tutoriels trouvés sur internet. «Je me suis posé la question d'en faire un métier à part entière. Il n'existait aucune activité liée à la réparation des smartphones et des tablettes  sur Segré et sa région». Frédérick saisit l'opportunité d'une formation en création d'entreprise et lance son activité. Un mois plus tard, après une campagne de communication efficace (spots radio, flyers, cartes de visites....), les demandes affluent au-delà de ses attentes. Segré, Laval, Château-Gontier....Entreprises locales comme particuliers le contactent, comme l'une des universités université d'Angers (dont le parc d'équipement représente quelques 750 à 1 000 tablettes iPad, une cinquantaine d'iPhone) qui fait aujourd'hui partie de ses clients. Sur sa page Facebook et son site internet, Frédérick propose d'acheter sa réparation à distance. «Le client sélectionne la prestation dont il a besoin, clique sur la panne qui le concerne, achète la réparation puis envoie son téléphone ou sa tablette. La réparation s'effectue dans un délai de 48 heures». Si Frédérick est à même de réparer toute marque de smartphones ou tablettes, ses connaissances techniques le portent plus volontiers vers les appareils de la marque à la pomme. « iPad, iPhone... j'ai toutes les pièces en stock et peux répondre à la demande de suite». Côte fournisseurs, il s'est tourné vers le marché qui a répondu rapidement et efficacement. «Tout ce qui concerne Apple vient de Chine. Pour d'autres marques comme Samsung, je fais appel à des fournisseurs en France». Outre la réparation, Frédérick propose également des produits à la vente (objets connectés, accessoires, câbles...) mais aussi du conseil auprès de clients perdus dans les méandres technologiques. Pour Frédérick qui envisage d'autres partenariats locaux ou régionaux, aujourd'hui, c'est une vraie réussite tant auprès des particuliers que des entreprises.

Entres autres ambitions de la Chambre de métiers et de l'artisanat de région des Pays de la Loire (en partenariat avec les collectivités territoriales) pour 2016, le développement de ce dispositif sur l'ensemble des activités de la réparation sur l'ensemble de la région, avec deux axes forts : Favoriser la montée en compétence des professionnels de la réparation, notamment les accompagner sur les outils numériques, sur l'innovation, la stratégie commerciale, d'une part. D'autre part, améliorer et accentuer la communication auprès du grand public. L'objectif étant d'inciter les particuliers à réparer.



Marianne Bourgeois


  • (1) TRIA: S'inspirant en partie de travaux initiés par Jérémy Rifkin et d'autres économistes, l'ambition de la TRIA est de mobiliser les acteurs régionaux du développement économique pour créer une dynamique collective positive, génératrice d'opportunités de croissance, de performance pourles entreprises et de senspour tous

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

Tourisme économique, tourisme patrimonial : une frontière parfois ténue

Qu'y a-t-il de commun entre Louis XIV visitant la Manufacture des Gobelins en 1667 et François Hollande visitant l'usine Findus en mars 2012 lors de sa campagne électorale ? Chacun faisait sans le savoir du tourisme de découverte économique.

Le top 10 des entreprises les plus visitées de la région des Pays de la Loire (*)

1. Terre de Sel 78 000 visiteurs

2. Bouvet Ladubay 42 110 visiteurs

3. Chantiers Navals STX France 31 630 visiteurs

4. Ackerman 30 000 visiteurs

5. Champignonnière du Saut aux Loups 25 000 visiteurs

6. La Veuve Amiot 20 205 visiteurs

7. Les Caves Louis de Grenelle 20 000 visiteurs

8. Airbus Saint-Nazaire 17 840 visiteurs

9. Le Lactopole 17 000 visiteurs

10. Confiserie Bonte Pinson / La Cave Vivante du Champignon 13 000 visiteurs

* Chiffres déclaratifs des entreprises pour 2014

Qu'y a-t-il de commun entre les marais salins de Guérande, des caves de vins à bulles, des champignonnières du Saumurois et des chantiers navals ? Ces produits et activités font partie du «top 10» des entreprises les plus visitées des Pays de la Loire. Aujourd'hui, la visite d'entreprises complète naturellement les offres touristiques traditionnelles. Elle permet au grand public d'accéder à des savoir-faire ancestraux comme à de nouveaux métiers, mais aussi de mieux comprendre les process de fabrication et le rôle joué par l'entreprise sur son territoire. Cette forme de tourisme a attiré en 2014 en France plus de 13 millions de visiteurs (1). Côté acteurs, ouvrir ses portes au public permet d'améliorer l'image de marque en jouant sur la carte de la transparence et de la proximité avec le consommateur-visiteur, d'améliorer la visibilité, de fidéliser les clients, d'augmenter l'activité et le chiffre d'affaires, de faire découvrir des secteurs d'activité parfois méconnus.

En région Pays de la Loire, près de 400 000 personnes en 2014 ont visité une entreprise (soit + 29 % par rapport à 2013). La visite d'entreprises, une pratique touristique qui tend de plus en plus à se démocratiser. En 2015, l'association «Visitez nos entreprises en Pays de la Loire » (2) publiait un classement des 10 entreprises les plus visitées dans la région. Parmi ces entreprises ligériennes,  6 se trouvent dans le Saumurois dont la Maison Bouvet-Ladubay (Saumur), classée 2ème devant les chantiers Navals de St Nazaire. Une légitime fierté pour le Saumurois ? Certes, avec toutefois un bémol : si Bouvet-Ladubay ou d'autres maisons à bulles (Ackerman, La Veuve Amiot...) mais également la champignonnière du Saut aux Loups s'affichent dans le «haut du panier» (devant Airbus...) et sont effectivement des entreprises, il faut raison garder, remettre cela dans son contexte et prendre le recul nécessaire. En effet, la frontière entre un tourisme dit de découverte économique et patrimonial ou culturel est souvent ténue. Une entreprise peut être à la fois un lieu de visite touristique et un site de découverte économique. Ce qui est le cas pour des entreprises ancrées territorialement depuis des années qui mettent avant tout en lumière un savoir-faire parfois ancestral qui (loin d'être accessoire) grâce à ces visites, permet également de vendre leurs produits.

Ce qui n'est pas le cas d'une usine marémotrice, d'Airbus ou des Chantiers navals (où l'on est davantage dans une logique de valorisation de savoir-faire et de compétences techniques pointus) qui n'ont rien à vendre sauf aux Emirats arabes, à l'Inde... (pour les Airbus), à la Russie (pour les... frégates).

Pour Thierry Lacombe, Directeur de l'Office de Tourisme du Saumurois, les champignonnières et maisons de vins sont avant tout des sites touristiques valorisant un savoir-faire artisanal ou industriel emblématique. « Les visites des caves de Saumur représentent un tiers des visites touristiques de la ville. Au-delà de leur poids économique, elles sont un puissant vecteur d'image pour le territoire. Ouvertes toute l'année, elles constituent une offre touristique patrimoniale, permanente et qualitative qui rencontre son public, local, national et international. Le visiteur est souvent un consommateur du produit final. C'est plus rarement le cas pour une entreprise strictement industrielle comme les Chantiers Navals de St-Nazaire. Dans nos supports de communication, elles ne sont d'ailleurs pas présentées sous l'angle de visites d'entreprises. L'offre patrimoniale du Saumurois est telle que nos visiteurs n'expriment pas spontanément le souhait de visiter des entreprises. Le tourisme de découverte économique est donc une réalité qui ne s'affiche pas en tant que tel». À juste titre, Thierry Lacombe souligne ce qui lui semble être parfois un abus de langage ou une sémantique inadaptée. «Les visites d'entreprises relèvent-elles toujours du champ du tourisme ? Notre expérience nous a montré qu'une opération évènementielle menée dans ce domaine (Escapade Saumur Entreprises) pour valoriser nos fleurons industriels ne touchait qu'un public local qui n'avait aucune motivation touristique. Ce qui fait la force des visites d'entreprises que sont nos maisons de fines bulles ou champignonnières, c'est avant tout la dimension identitaire de leurs produits et la relation directe producteur-consommateur. Ce classement est néanmoins intéressant car il montre que le tourisme ne se réduit pas à la visite de châteaux ou de musées. Le tourisme, c'est aussi l'activité économique présente. Même si nous sommes fiers de voir certaines entreprises saumuroises devant des fleurons de l'industrie française, nous devons remettre ce classement dans son contexte  ».

Pas moins de 42 000 visiteurs en 2014, un beau succès d'estime pour la Maison Bouvet-Ladubay qui se place ainsi 2ème du classement régional des entreprises les plus visitées. Un succès qui ne doit rien au hasard mais à un important investissement humain depuis trente ans, date  à laquelle les visites ont été initiées.

«Nous avons dédié à cette activité de visite une équipe de 5 salariés (sur 50 salariés), comme l'explique Juliette Monmousseau, directrice de la Maison fondée en 1851. La visite des caves, une excellente vitrine pour la marque mais également pour le patrimoine saumurois.  Est-ce pour autant un tourisme de découverte économique ? «Notre Maison cultive depuis toujours l'art de recevoir. Nous nous retrouvons davantage dans l'idée d'un tourisme patrimonial en faisant découvrir au public un lieu qui a une histoire, un savoir-faire de plusieurs générations en nous adressant à tous les publics». Ce public que Bouvet-Ladubay conquiert un peu plus chaque année, c'est aussi le fait d'une offre constamment renouvelée : visite des caves traditionnelle ou plus insolite, à vélo. A l'automne dernier, Bouvet-Ladubay a mis en place une nouvelle offre de visite. «Il s'agit de la visite « Patrimoine ». Il sera possible de visiter notre bibliothèque d'étiquettes anciennes et nos archives, de découvrir, voire de toucher, d'anciens registres d'expédition, de découvrir ainsi davantage notre Maison. Le succès de ces visites tient aussi au fait que les gens aujourd'hui recherchent des sociétés ancrées territorialement dans l'Histoire. La notion de partage autour du vin est également un thème fédérateur. La notion de tourisme de découverte économique nous va bien aussi. Les vins effervescents et fines bulles de Loire en particulier connaissent un vrai développement. Il est bien de le faire savoir. Ce classement permet également de mettre en évidence que notre secteur est une activité économique importante et pas uniquement l'image d'Epinal que l'on peut en avoir. J'aime à dire que notre plus grand magasin, c'est ici à Saumur qu'il se trouve (3)». Entre autres explications à l'essor du tourisme de visite d'entreprises, selon Juliette Monmousseau, le fait que le consommateur aujourd'hui  a envie de voir, de savoir. «Il faut être transparent. Pour les générations précédentes il n'était pas dans les usages qu'une entreprise ouvre ses portes au public, ses caves pour une entreprise viticole comme la nôtre. Le consommateur est de plus en plus connaisseur et c'est tant mieux car il fera les bons choix, recherchera la qualité, connaîtra les secrets de fabrication. Dans le domaine du vin, il y a toujours un esprit un peu mystérieux, voire magique qui fascine toujours ».

Les visites d'entreprise sont amenées à devenir un élément majeur du développement territorial. Illustration avec le rapport du Conseil national du tourisme qui a souligné, entre autre, le rôle de l'Aérospatiale qui confère à la ville de Toulouse ainsi qu'à toute la région Midi-Pyrénées, l'image d'un territoire dynamique axé sur la haute technologie.



Marianne Bourgeois
Anjou Eco N°43 - janvier/février 2016


  • (1) : Source: Atout France
    (2) : L'association «Visitez nos entreprises en Pays de la Loire» (VNE) accompagne les entreprises régionales dans leur ouverture au public. Elle reçoit le soutien de la Région des Pays de la Loire et de la CCI Pays de la Loire. Aujourd'hui une cinquantaine d'entreprises ligériennes sont membres de ce réseau régional.
    (3) : 180000 bouteilles y sont vendues chaque année

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin 

La filière aéronautique angevine, parée au décollage

En 2014, votre magazine se faisait l'écho d'une future naissance, celle d'une filière aéronautique angevine dans un secteur jusqu'alors dilué, peu connu, bien que présent. En 2015, le rapprochement de cette filière avec Neopolia (1) a définitivement acté le lancement de cette filière.

« Le secteur est dilué, d'où l'intérêt pour les entreprises du département de se structurer, de se fédérer pour renforcer leur visibilité ». C'était en 2014. Philippe Hellegouarch responsable veille et prospective à la CCI49 comme de nombreux autres acteurs professionnels, institutionnels avaient à cœur de créer une filière aéronautique en Anjou. Deux ans plus tard, cet objectif a été atteint. Deux ans, c'est à la fois très court pour mener à terme un tel projet et très long pour ceux qui se sont impliqués au quotidien pour le voir aboutir.
Dès les prémices de création de cette filière angevine aéronautique, de sa structuration, les acteurs institutionnels (dont la CCI49, le Comité d'Expansion) se sont montré très réactifs en identifiant d'une part un besoin de filière, d'autre part en la soutenant. Aujourd'hui, la finalité de ces mêmes acteurs n'est pas de « porter » cette nouvelle filière mais de l'aider à la rendre autonome en l'accompagnant dans sa phase d'envol.
Le marché de l'aéronautique est un secteur porteur mais aussi très normé et exigeant, d'où la nécessité d'une filière locale structurée. A côté du petit Poucet angevin qui en était encore à ses babillements, un géant situé en Loire-Atlantique, Neopolia, crée en 2010 : le plus important réseau d'entreprises industrielles des Pays-de-la-Loire, regroupant différents secteurs industriels dont l'aéronautique. Comment dans ce contexte permettre à la filière aéronautique angevine d'exister ? En marchant dans son ombre, quitte à terme, à ne pas être viable ? En envisageant un mariage de raison de par la complémentarité des compétences mutuelles ? C'est cette dernière option qui a été retenue, «la voix de la sagesse», pour François Dallet, dirigeant de SIO (entreprise spécialisée dans le en marquage industriel de précision). Sagesse ou... « Polia » en grec. « Une action fédératrice sur un marché porteur qu'est l'aéronautique ».
Les premiers contacts avec Neopolia ont été initiés en juillet 2014. « Les échanges avec Neopolia ont été très constructifs. Ensemble, nous sommes arrivés au constat qu'envisager la création un domaine d'activité stratégique (DAS) supplémentaire était une bonne idée. Il y avait du côté de Neopolia une vraie attente, un vrai souhait de compléter le cluster aéronautique avec une branche supplémentaire qui n'existait pas encore dans son offre, celle des équipements et des systèmes embarqués. Cette réunion a été déterminante. Une telle démarche commune et complémentaire ne pouvait que recueillir les suffrages des instances locales et régionales ».
Simultanément, un comité de pilotage représenté par des chefs d'entreprise de la filière aéronautique angevine se réunissait régulièrement en vue d'un rapprochement potentiel avec Neopolia.

Une phase de réflexion indispensable
« Il est très complexe de faire naître une filière. Cela prend du temps d'explorer le champ de tous les possibles. La phase de réflexion est toujours un peu compliquée car pour faire vivre une filière il faut y mettre des moyens (financiers, humains...) ». En octobre dernier, ledit projet  était présenté devant une quarantaine d'entreprises angevines de la filière naissante. « Nous leur avons proposé la création d'une filière accompagnée d'un schéma clair et précis pour rejoindre Neopolia dans une branche spécifique, précisant par ailleurs tout ce que cela serait susceptible d'apporter aux adhérents ». A l'issue de cette réunion, 50 % des participants ont de suite adhéré au projet. Les autres 50 % ont demandé un temps de réflexion. "50 % c'était déjà un  très beau succès. Ce jour-là, la filière était véritablement lancée sur son pas de tir. Il était indispensable d'être suivi par ces entreprises, d'une part, et de se rapprocher de Neopolia, d'autre part. A défaut, la filière n'aurait pas été viable à terme."  
Prospecter et proposer une offre collective, cela nécessite des ressources, cela a un coût, d'où ce rapprochement avec Neopolia. "Ce réseau est très présent sur l'axe Nantes-St Nazaire et beaucoup moins sur l'Anjou, ce qui était une problématique en termes de représentativité. Il y avait un intérêt mutuel de part et d'autre. Notre rencontre s'est faite au bon moment : à un moment où nous attentes se sont rejointes simultanément"
.
Fabrice Jacrot, Président directeur général d'une holding regroupant trois entités (AMU, SMP et AITS) fait partie de ces précurseurs qui ont mis cette filière aéronautique sur le pas de tir. La holding est spécialisée dans la mécanique de précision, machines de sertissage d'écrous pour pièces de structures de voilure.... « La CCI49 avait identifié dans une enquête quelque 70 entreprises du département qui travaillaient sur ce secteur. Cela représentait un C.A d'environ 200 millions d'euros. D'où un besoin identifié et cette idée de créer une filière aéronautique structurée  en Maine-et-Loire». Si le projet de cette filière avait pour finalité d'avancer ensemble pour être plus performants, il demeurait, après réflexion, qu'elle serait trop peu visible, n'offrirait pas les garanties nécessaires demandées par les donneurs d'ordre, ni la surface financière suffisante. Parmi les membres du comité de pilotage d'alors, un homme, Hervé Ménard, Directeur de la société SLTS, adhérent de Neopolia, qui grâce à l'accompagnement de cette structure avait pu contractualiser de nouveaux contrats et indirectement faire naître progressivement une autre réflexion auprès des précurseurs de la filière aéronautique 49 : rejoindre le cluster aéronautique de Neopolia et plus spécifiquement l'une de ses DAS (systèmes et équipements) qui n'avait alors pour seul adhérent que SLTS. «L'intérêt de rejoindre Neopolia est de pouvoir bénéficier des compétences de ce réseau dont, entre autres, l'accompagnement dans le cadre d'appel d'offres des donneurs d'ordre, de s'appuyer sur leur organisation, leurs connaissances ». Comme l'explique Fabrice Jacrot, l'appartenance à Neopolia offrira, d'une part, une meilleure visibilité, d'autre part la possibilité de répondre à des appels d'offres auxquels il aurait été impossible de donner suite faute d'être suffisamment visibles. « L'intégration à Neopolia nous permettra de rencontrer des acteurs économiques importants mais aussi de sous-traiter pour des adhérents qui auront été retenus par un donneur d'ordre, de partager de l'information, d'échanger ».
Autre paramètre non négligeable : depuis quelques temps, les dotations de l'Etat et autres financements se font de plus en plus confidentiels. En « vol non accompagné », la filière aéronautique 49 n'aurait très probablement jamais pu accéder à des financements publics. En s'appuyant sur un « gros porteur » comme peut l'être Neopolia, avec une visibilité à l'aune de sa représentativité, la donne sera naturellement toute autre. Autant de nouveaux contrats potentiels pour les acteurs de la filière aéronautiques 49.

Norme EN 9100 en vue
En intégrant Neopolia, Fabrice Jacrot n'a pas attendu pour prendre les devants : il s'est engagé dans l'obtention prochaine de la norme EN 9100 (2). « Beaucoup d'adhérents de Neopolia l'ont déjà. Si elle n'est pas obligatoire, elle est fortement recommandée pour répondre favorablement aux cahiers des charges avionneurs et autres équipementiers qui l'exigent de plus en plus».
La complémentarité évidente des entreprises sous-traitantes de Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire, est l'une des raisons principales de ce rapprochement pour Nicolas Begnon, en charge de l'animation et du développement du Cluster aéronautique de Neopolia. « Le cluster aéronautique est composé d'une forte proportion d'entreprises de Loire-Atlantique spécialisées dans les « aéro structures » et les process industriels. En Maine-et-Loire, les entreprises de la filière aéronautique sont davantage orientées dans les systèmes d'équipement. Neopolia souhaitait être présent sur ce secteur pour compléter son offre et d'accroître notre champ d'action à l'égard des donneurs d'ordre ».  Comme l'explique Nicolas Begnon, les démarches se sont mutuellement croisées pour toutes ces raisons mais également pour des questions de cohérence territoriale. « Les entreprises du Maine-et-Loire auront ainsi la possibilité de travailler sur l'aéro-structure et celles de Loire-Atlantique sur les équipements, permettant ainsi à chacun d'étendre son champ d'action ».
Le rapprochement entre la filière aéronautique angevine et Neopolia est aujourd'hui entré dans une phase active avec un plan de vol dont la destination est déjà connue : « L'idée est de mutualiser ces compétences, de demander aux acteurs de cette filière ce qu'ils souhaitent en faire pour construire une offre commune dans l'optique ensuite d'une démarche commerciale auprès de nos donneurs d'ordre ». A cette fin, en novembre dernier, Neopolia conviait les acteurs de la filière angevine aéronautique aux rencontres Safran Innovation. En décembre, à des rencontres BtoB. Neopolia a rencontré également chaque entreprise de la filière « aéro49 » pour établir un état des lieux de ses compétences.

Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°43 - janvier/février 2016

(1) Neopolia est un réseau qui fédère180 entreprises industrielles de la région Pays de la Loire (chiffres 2014).  Neopolia anime 5 business clusters (Aerospace, Rail, EMR, Marine et Oil&Gas) qui ont pour objectif de générer du chiffre d'affaires additionnel pour ses membres, en mode collaboratif.
(2) La norme EN 9100 est une norme européenne décrivant un système d'assurance de la qualité pour le marché aéronautique et spatial

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin