Identification
Bienvenue sur le site Anjou Eco, merci de saisir vos identifiants pour accéder à la partie Extranet.
Psychiatre, Christophe André redonne du bonheur aux anxieux et aux dépressifs. Ecrivain, il nous dit comment le favoriser dans la vie et lutter contre ce qui lui fait obstacle. Constats et recettes délivrés lors d'une conférence remarquée car remarquable à l'occasion des 30 ans de l'Institut de bijouterie de Saumur.
Né à Montpellier en 1956 Médecin psychiatre. Depuis 1992 à l'hôpital Sainte-Anne à Paris. Spécialisé dans la prise en charge des troubles anxieux et dépressifs, particulièrement dans le domaine de la prévention des rechutes. Un des chefs de file des thérapies comportementales et cognitives en France. Chargé d'enseignement à l'Université Paris X.
Auteur de nombreux articles dans des revues scientifiques et livres de psychologie à destination du grand public. Derniers ouvrages publiés : "Je guéris mes complexes et mes déprimes", Paris, Éditions Points, 2010 "Je dépasse mes peurs et mes angoisses", Paris, Éditions Points, 2010 "Les états d'âme. Un apprentissage de la sérénité", Paris, Odile Jacob, 2009 "Petits pénibles et gros casse-pieds", Paris, Éditions du Seuil, 2007 Directeur aux éditions Odile Jacob de la collection des « Guides pour s'aider soi-même ». Site : www.christopheandre.com/ Blog : http://psychoactif.blogspot.com/
D'où vient le bonheur ?Le bonheur est une chose fragile. Il nait surtout du lien social avec les autres, mais aussi du couple, de l'exposition à l'art, à la nature, de l'estime de soi...L'argent y contribue...mais jusqu'à un certain point. « Si l'argent ne fait pas le bonheur, alors rendez-le » plaisantait Jules Renard. Des études menées sur la population européenne ont montré la déconnexion, depuis les années cinquante, entre le niveau de vie, qui s'est accru fortement, et le sentiment du bonheur qui s'est étiolé. Il faut peut-être relier cela au fait que la saturation est un obstacle au bonheur. La faute, selon Christophe André, aux « maladies de pléthores », trop de choix qui induit du stress et des regrets ultérieurs. « Les expériences de vie procurent plus de bonheur que les possessions matérielles. Il vaut mieux avoir assisté au concert d'un groupe que posséder le CD ». Christophe André situe le pic du bonheur à 65 ans pour un retraité avec des revenus suffisants et la santé...Et l'âge où le bonheur semble trop souvent hors de portée ? « Entre 40 et 50 ans à cause des contraintes professionnelles, de l'achat de la maison, de l'éducation des enfants.. ». 50 % de nos aptitudes à nous sentir heureux ne dépendent pas de nous, mais de notre génétique et de notre enfance. Environ 10 % proviennent de notre environnement personnel et 40 % de nos efforts réguliers. A nous d'amplifier ces bonnes dispositions pour tamiser l'or du bonheur, en extraire des paillettes (souvent), des grosses pépites (cela peut arriver), ... ou les gâcher. « Le bonheur n'est pas le but, mais le moyen de la vie » écrivait Paul Claudel. C'est ce qui rend la vie habitable. Ce que traduisait Woody Allen à sa façon, remarquant que « depuis que l'homme sait qu'il est mortel, il a du mal à être tout à fait décontracté ». L'être humain a en effet besoin du bonheur car il se sait mortel. Lae sentiment de bonheur joue sur la durée de la vie humaine. Une étude américaine a été menée sur la population de religieuses décédées dans un monastère. Elles ont été classées en deux catégories : « les plus heureuses » ou « les moins heureuses » selon la fréquence des formulations positives ou négatives relevées dans les courriers d'engagement qu'elles avaient rédigés dans leur jeunesse. Surprenant : à 85 ans, 90 % des « plus heureuses étaient encore vivantes et 34 % des « moins heureuses ». A 95 ans, les pourcentages respectifs étaient de 54 % et 11 %.
Savourer l'intermittence du bonheur Il faut être heureux quand tout va bien. Le bonheur est une addition : bien-être + conscience. Manger des bonnes choses, se dorer au soleil, se sentir en sécurité.... c'est le bien-être. Si, en plus, on en prend conscience, le bien-être devient du bonheur. « Mais parfois, nous préférons ruminer le passé. Nous pensons à un futur meilleur... mais qui n'est pas. Nous ne sommes pas dans l'instant présent même s'il est agréable. C'est une grande source de gaspillage de bonheur. Cela fait penser aux éloges funèbres que l'on prononce sur des gens que nous n'avons pas pris la peine de voir de leur vivant ». Ce que Raymond Radiguet traduisait ainsi : « Bonheur, je ne t'ai reconnu qu'au bruit que tu fis en partant ». Nous sommes des intermittents du bonheur. Nos aspirations au bonheur éternel sont irréalistes. L'être humain est une machine à s'habituer à ce que le bonheur dure tout le temps. Mais il faut accepter que le bonheur dure peu. « Comme la joie de retrouver la démocratie après une dictature, une bonne douche après une panne d'eau chaude. Il faut donc plutôt savourer le bonheur qu'anticiper son déclin ». Cela engendre la bonne humeur qui permet de prendre de la hauteur. En management, il est démontré que mettre les équipes de bonne humeur est plus productif que les mettre.... la pression. La bonne humeur permet de prendre du recul, d'être créatif, concentré. Elle donne envie d'aider les autres. Et la chance du bonheur, c'est qu'il est contagieux.
Alain Ratour