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Angers : les objets connectés ont leur Cité

Le site abritait les anciens entrepôts de RCO (Radio Comptoir de l'Ouest) près du parc des expositions d'Angers. Racheté par Angers Loire Métropole, il porte désormais les grandes ambitions de la Cité de l'Objet Connecté, à la fois centre d'innovation et usine de production pour permettre à des start-up d'y développer des projets en mode collaboratif.

La Cité, initiative ambitieuse de la filière électronique

Les Pays de la Loire sont la première région de conception, d'intégration et d'assemblage électronique de France par son chiffre d'affaires, son outil industriel (400 entreprises, 25.000 emplois) et sa maîtrise de la chaîne de valeur. Là est né We Network (West Electronic and Applications Network), pôle d'excellence des métiers de l'électronique. Le cluster regroupe plus de 150 acteurs et utilisateurs de l'électronique professionnelle et porte l'ambition d'être reconnu comme un territoire d'excellence en Europe dans ce secteur. Ses missions : accompagner les entreprises, animer le réseau et piloter le campus de l'électronique. Cette structuration de la filière à travers WE Network porte ses fruits. La création de la Cité de l'Objet connecté en est une belle démonstration.

80 milliards d'objets connectés devraient être en circulation dans le monde en 2020, selon les prospections du cabinet IDATE. Le business model de la SAS Cité de l'Objet Connecté repose sur la perspective de prendre des parts significatives de ce marché colossal. Ce projet privé est porté par la société Eolane (services et solutions en conception et production électronique), le plus important des 18 actionnaires (industriels, grands groupes, mutuelles d'assurances..) qui ont apporté 1,5 million d'euros au capital. Eolane a détaché l'un de ses dirigeants, Philippe Ménard, pour prendre la direction de la Cité.

Le dossier a été promptement mené pour permettre une production Made in France dans les meilleurs délais. Le lieu a été choisi : les 9 000 m² des anciens entrepôts de RCO (Radio Comptoir de l'Ouest) à Saint Sylvain d'Anjou, près du parc des expositions d 'Angers, rachetés par Angers Loire Métropole. Au total 2,1 millions d'euros seront investis dans les outils industriels. Des machines de découpe laser, imprimantes 3D, petit matériel d'électronique, de mécanique, de plasturgie, de CAO pour la partie conception - prototypage. Des équipements plus imposants pour la partie production. Un showroom, un living lab sont prévus. Les compétences sont déjà présentes. Une dizaine d'ingénieurs orientés chefs de projets ont été recrutés. Des contacts ont été pris avec de grandes écoles régionales : groupe ESEO, groupe ESAIP, ESSCA, IMIE, ESA (pour les drones de l'agriculture connectée)...

Un accélérateur industriel pour porteurs de projets
Les créateurs d'objets connectés vont y trouver tout pour faire grandir leur projet, quel que soit leur stade d'avancement, avec la fluidité nécessaire à une exécution rapide. Une vingtaine de porteurs de projets sont arrivés fin mai. Lauréats d'un concours clos le 30 avril ; ils bénéficient d'un accès gratuit de quatre mois à l'espace de coworking de la Cité, conçu pour simplifier leur vie.
Les start-ups s'engageront dans un parcours à trois étapes. La première sera le prototypage. Pour les porteurs de projets dont l'idée n'est pas encore précise ou qui ne disposent pas d'un prototype, la Cité prévoit un suivi de groupe, en mode collaboratif, avec une formation de base. L'accès au site, au Fab Lab et à cette première étape est possible à partir de 300 euros par mois. L'accompagnement est assuré par les ingénieurs chefs de projets, mais aussi, autour de la Cité, par des conseils (juridiques, design, financiers...), des experts métiers (plasturgie, électronique, mécanique..), des bureaux d'études R&D...
A l'issue de la phase de prototypage, un comité d'experts sélectionnera les projets qui ont un avenir. Ceux-ci accèderont au deuxième niveau, celui de l'industrialisation innovante et préséries (jusqu'à 1 000 pièces). L'accompagnement sera plus personnalisé. La Cité de l'Objet Connecté les fera bénéficier de son réseau d'industriels partenaires. Sept de ces entreprises, en plus d'Eolane, sont aussi actionnaires de la SAS.

Montée en charge jusqu'en 2017
La phase de production marquera la fin du parcours qui sera complet dans deux ans. En 2018, la Cité devrait employer 70 collaborateurs dont 20 ingénieurs et 50 personnes en production. Le chiffre d'affaires prévisionnel serait alors de 3 millions d'euros, triplé par rapport à celui de 2016. La feuille de route de la Cité prévoit de faire grandir 170 projets d'ici 2019. Le coût de chacun est estimé à 30 000 euros. A terme, le site pourra accueillir environ 150 porteurs de projets en même temps sur le site.
Le projet de la Cité qui a bénéficié du soutien financier de la Région Pays de la Loire et BPI France tire son origine du plan d'« Objets connectés », l'un des 34 de la « nouvelle France industrielle ». La Cité n'a pas d'équivalent dans le monde, exception faite d'une initiative analogue à San Francisco. Les ingénieurs français sont bien positionnés en termes de créativité. Les Français étaient les plus nombreux, derrière les Américains, au dernier Consumer Electronic Show de Las Vegas. Groupés autour de l'étendard de la French Touch !


Alain Ratour
Anjou Eco n°40 - juin 2015

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