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Presse numérique en Anjou : de l'encre à l'écran

A l'heure où la presse imprimée stagne ou recule, la presse en ligne est en pleine croissance. En Maine-et-Loire, les deux quotidiens et quatre périodiques ont franchi le pas, financés par des abonnements et/ou la publicité. Le modèle économique reste à trouver.

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Contact :
Dominique Gruson
02 41 20 54 04
dominique.gruson@maineetloire.cci.fr

« Le Monde » où « le centre de gravité se déplace vers le web ", est le modèle du genre en France : des supports print (papier) avec le quotidien et des magazines, le web (via les sites Internet, les mobiles et, surtout, les tablettes, supports naturels de la consommation de presse en ligne) et des formats (fils de discussion, réseaux sociaux...). La presse écrite intègre de plus en plus Internet dans sa stratégie pour capter de nouvelles audiences, les fidéliser, développer de l'interactivité. La croissance attendue du marché de la presse en ligne est estimée à 45 % par an, à l'heure où la presse imprimée recule.
 La presse numérique devient l'égal de la presse imprimée. En 2009, elle obtient un statut. En janvier de cette année, le Gouvernement accorde aux deux presses le même taux de TVA à 2,1 %. Les revendications de la presse en ligne se focalisent désormais sur les annonces légales, toujours réservées aux titres papier payants par un décret de 1955. La dématérialisation de ces annonces, recommandée par l'Union européenne, n'a pas encore trouvé d'écho dans le droit français.
En Maine-et-Loire, le pionnier de la presse numérique fut Jean-Pierre Bretaudière, créateur et actionnaire principal d'Angersjournal.fr. Lancé en 2001, ce quotidien du soir en ligne proposait une douzaine de sujets magazines, interviews. Il avait fait le pari de se financer uniquement par la publicité, vendue par une régie intégrée. Un challenge certainement impossible à relever car la pratique d'Internet était loin de ce qu'elle est aujourd'hui. Angers Journal disparut faute de ressources.
En 2014, le département compte plusieurs organes de presse d'actualité qui ont adapté leur offre éditoriale aux nouveaux usages. Ils forment le paysage de la presse numérique en Maine-et-Loire, aux côtés de blogs, portails, intégrateurs d'informations, comme angers.villactu.fr ou my-angers.info. Leurs rédactions permanentes se partagent entre les écritures pour le print (papier) et le numérique. Les encarts publicitaires fournissent la plus grande partie des recettes, voire l'intégralité en l'absence de système d'abonnement.

Presse quotidienne : Le Courrier de l'Ouest et Ouest France
Aux côtés de Presse-Océan et Le Maine Libre, Le Courrier de l'Ouest représente la plus grande diffusion des Journaux de Loire (groupe SIPA Ouest-France) avec 99 000 exemplaires/jour. Il compte quatre éditions en Maine-et-Loire (Angers, Nord-Anjou, Saumur, Cholet) et une pour les Deux-Sèvres. Le site internet Courrierdelouest.fr, lancé en 2012, a été récemment modernisé. Il présente l'information des territoires et permet d'accéder en plus à l'édition du journal en numérique. En février 2014, il a enregistré 900 000 visites, en progression de 60 % en un an. Matthieu Fuchs est président des Journaux de Loire depuis 2009. « Le site est accessible gratuitement sur tous les supports PC, Smartphone et tablettes. Il propose une information en continu, heure par heure, sous forme de textes courts illustrés, de directs, mais aussi de vidéos et de galeries photos. Il est de ce fait complémentaire à la version papier dont la vocation reste l'approfondissement des sujets locaux, mais aussi nationaux et internationaux». Des projets de développements sont également en cours. « Nous expérimentons la mise en ligne d'informations de proximité, rédigées par nos correspondants, pour les communes de plus de 5 000 habitants. Des tests sont effectués sur Chalonnes-sur-Loire, Trélazé, Saint Macaire-en-Mauges, Baugé et Beaufort-en-Vallée. Ils seront étendus à une centaine de communes où sont présents les Journaux de Loire».
En mars, Le Courrier de l'Ouest a lancé la version numérique du journal accessible à l'acte ou en abonnement, chaque matin, dès 5 h. sur le site ou via le kiosque d'Apple et d'Androïd.  
C'est en 1998 que Ouest-France a lancé son site www.ouest-france.fr : actualité locale, nationale et internationale sur fonds de textes, vidéos et photos. Un dispositif d'alertes permet d'être informé en temps réel sur une commune particulière. En Maine-et-Loire, le site se décline en quatre sous-sites : Angers, Cholet, Segré et Saumur, depuis 2009. Depuis juin 2013, il est possible de s'abonner à l'édition de son choix sur tout support (PC, tablette, smartphone) dès 5 h du matin. Cette édition est complétée depuis novembre 2013 par une édition du soir à 18h - une première pour un quotidien français - sur le kiosque d'Apple. Un autre site www. ouestfrance-entreprises.fr est consacré à « l'actualité économique du Grand Ouest ». jactiv.ouest-france.fr s'adresse aux jeunes. Une newsletter envoyée chaque matin avant 7 h traite des événements, des nominations. Ouest-France a ouvert d'autres sites spécialisés (immobilier, emploi, auto-moto...) sans oublier le portail Maville.com avec tous les bons plans des villes de France, dont Angers et Cholet.

Quatre magazines :
Angers Mag

A l'inverse des titres précédents, Angers Mag a connu des débuts numériques. En janvier 2009, s'ouvre le site web www.angersmag.info « avec un regard neuf ou décalé » sur l'actualité et l'information de la région angevine. Les internautes sont à 90 % ligériens dont 50 % d'Angers et 40% de Nantes. En octobre 2012, parait le magazine papier, Angers Mag, distribué chaque mois sur la zone d'attractivité d'Angers. Une version pour tablettes et téléphones intelligents est en préparation. Sa présentation et son contenu s'inspireront du site et du magazine. D'autres innovations sont à l'étude. A l'origine de ses supports, Yannick Sourisseau, gérant de la société de presse et de communication Ouest eMedia Presse, en association avec Yves Boiteau. « Nous aurions pu renforcer le site plutôt que lancer une revue. Mais il n'existe pas encore de modèle économique web. Les annonceurs locaux sont encore frileux et s'interrogent sur leur visibilité sur Internet. Le numérique reste notre objectif final ». Ouest eMedia Presse organise des débats, travaille pour d'autres supports, édite des numéros spéciaux (festival Premiers Plans...), anime des formations liées au métier de journalisme. « Un dossier a été déposé auprès de la Commission paritaire des publications et agences de presse pour devenir structure de presse agréée. Cela nous permettra de bénéficier d'aides du ministère de la Culture pour financer des journalistes ou acheter du matériel pour développer du numérique ».

Saumur Kiosque
« Notre ambition est de faire un journal purement local et de le faire bien, résume Patrick Robert, gérant de l'agence de communication Ignis (Angers et Saumur). Nos développeurs avaient créé un système de gestion de contenu en interne pour lequel Saumur Kiosque a servi, à l'origine, de laboratoire ». En 2009, il est devenu un vrai titre au lectorat saumurois pour l'essentiel. Quelques mois après, la newsletter bihebdomadaire était mise en ligne, adressée aujourd'hui à plus de 11 000 destinataires. Le site est adapté à la lecture depuis une tablette ou un smartphone. Saumur Kiosque se finance à hauteur de 85 000 euros par an par la publicité sur le site et la newsletter. Patrick Robert reconnait lui aussi que le modèle économique de la presse en ligne reste flou. « Personne ne veut payer en France sauf pour obtenir une information pertinente. C'est le cas de Médiapart qui a fait exploser l'affaire Cahuzac. Ce titre vit sans publicité avec les rentrées de ses 85 000 abonnements ». Patrick Robert réfléchit à des éditions locales sur Chinon, Thouars et Loudun. Il est aussi intéressé par le projet du Syndicat de la presse en ligne, auquel il appartient, de mutualiser des annonceurs nationaux. « De toute façon, la presse papier va disparaître. Selon le Syndicat, sa fin est prévue pour 2017 aux Etats-Unis et pour 2029 en France ».

Le Journal des Entreprises
Ce mensuel économique né en 2003, est présent dans 27 départements. «Nous ciblons les grands pôles économiques. En-dessous d'un certain seuil d'entreprises présentes, il n'y a pas d'intérêt à s'implanter », avertit l'éditeur Patrick Richard, PDG de Manche Atlantique Presse (Nantes) et directeur de la publication. Le Maine-et-Loire est regroupé avec la Mayenne dans la même édition régionale depuis le début de l'année. Le site web est adapté aux mobiles et tablettes numériques. Les informations sont accessibles par abonnement. Une newsletter est diffusée chaque semaine. Depuis octobre 2013, la Radio des Entreprises sur Internet alterne des flashs et des émissions. « Le lecteur doit pouvoir consommer l'info quand il le veut, comme il le veut. La possibilité de podcaster les émissions va dans le sens de cette info à la carte ».

Anjou Eco
Si la formule a évolué dans son rubriquage et dans sa ligne graphique, la ligne éditoriale est toujours restée la même : mettre en avant les femmes et les hommes, quelle que soit la taille de leur entreprise, qui font avancer l'économie du Maine-et-Loire. Ce sont autant de success stories et de bonnes pratiques dont peuvent s'inspirer les lecteurs, chefs d'entreprise eux-mêmes. Le magazine permet aussi de faire découvrir des prestataires ou fournisseurs locaux à des entreprises qui auraient été tentées de les chercher dans d'autres départements. Anjou Eco informe aussi sur les actions et orientations de la CCI. Pour faciliter la consultation du magazine envoyé cinq fois par an à 25 000 entreprises, le site www.anjoueco.fr a été mis en ligne fin 2009. « Cette réactivité nous permet de mettre en ligne les communiqués de presse relatifs à l'économie du département que nous recevons. Nous faisons de même pour les brèves à paraître dans le prochain magazine. Un formulaire de contact permet à des lecteurs du monde économique de faire part de leur actualité. Ce sont souvent de nouvelles entreprises qui cherchent à se faire connaître ». Depuis le début de cette année, une interface graphique permet à ce site d'être lu sur tablettes, smartphones.... Les entreprises faisant l'objet d'un article sont géolocalisées sur une carte du Maine-et-Loire. Le compte Twitter @AnjouEco est suivi par plus de 1 200 followers.

Alain Ratour
Anjou Eco n°35 - juin 2014

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