Au sud de Saumur, dominant la vallée de la Loire, l'aérodrome de Saumur accueille nombre d'activités liées à l'aviation légère et sportive. Situé sur la commune de St-Hilaire-St Florent, sur le site de Terrefort, c'est ici que se donnent rendez-vous les Icare du XXIème siècle.
« Allo X-ray -Sierra -Uniform »... Selon le code IATA (système international attribuant un code aux aéroports) l'aérodrome de Saumur porte le code XSU. Epelé façon alphabet radio international, cela donne : « X comme X-ray, S comme Sierra et U comme Uniform ».
En 1910, il n'était pas question de code. Ceux que l'on appelait les fous volants et autres faucheurs de marguerites, usinaient de drôles de machines avec des ailes. Ils faisaient sourire dans les chaumières, pas l'armée qui y voyait un intérêt à des fins tacticiennes (surveillance, cartographie...). C'est d'ailleurs l'armée qui a permis à Saumur d'avoir sa première piste d'aviation, située au Breil pour la tenue d'un meeting aérien.
Un aérodrome à vocation loisirs et tourisme
Aujourd'hui, sur l'aérodrome de St-Hilaire-St-Florent, des voiles se gonflent, des moteurs vrombissent, des hélices tournent. Dans les airs, des avions, ULM, planeurs, parachutes, paramoteurs.... Le site et ses installations - gérés par la CCI de Maine-et-Loire - sont mis à la disposition d'associations qui remuent ciel et terre pour faire découvrir aux néophytes et amateurs patentés le plaisir de prendre l'air. Parmi ces associations, le Saumur Air Club, créé en 1931. Outre les vols d'initiation au pilotage, vols découverte et autres baptêmes proposés au grand public, l'aéroclub dispense des formations de pilotage sur un Robin DR 400 et un Cessna 172. Comme l'explique Guy Delafosse, trésorier, «L'aérodrome est idéalement situé, au centre par rapport à Angers, Cholet, Tours. Autre atout : une très belle piste appréciée par la clientèle de passage ». Devançant les Allemands, Néerlandais et Belges, nos amis de la perfide Albion sont les premiers à venir poser leurs engins sur le sol saumurois. « Ils apprécient les services que nous leur proposons. Certains restent quelques jours, d'autres ont des résidences secondaires dans la région ». Comme le souligne Guy Delafosse, « C'est un atout pour l'activité touristique et économique locale ».
Côtoyant les avions et autres aéronefs, le CERPS (Centre régional de parachutisme sportif) est la plus importante association en nombre d'adhérents (800). Crée en 1978, il est aussi en France l'unique centre école multidisciplines bénéficiant du Pôle espoir (structure labellisée dont le but est d'accueillir des sportifs repérés comme « sportifs à fort potentiel ») et peut s'enorgueillir de compter quelques pointures aux palmarès impressionnants. L'or, l'argent, le bronze des médailles semblent seoir fort bien aux teints de ces athlètes aériens. A la tête du Pôle parachutisme de Saumur, Louis-Etienne du Reau avec à son actif pas moins de 9 titres de champion du monde. Aujourd'hui conseiller technique au niveau national pour la Fédération, il continue de former les graines de champions. Parmi ceux qui ont « poussé » au CERPS, Antoine Matte, vice-champion du monde en voile contact, Sophie Deremaux, championne du monde en vol relatif tout comme Guillaume Bernier. Lui aussi a goûté à l'or (double champion du monde en titre en vol relatif à 4 et à 8). Côté loisirs, le CERPS propose des stages, des sauts découvertes ou baptêmes. La discipline est en plein essor. A cela une raison : le parachutisme ce sont 5 disciplines différentes qui offrent à chacun le degré d'adrénaline souhaité.
Vol à Voile pour vélivoles
L'histoire du vol à voile se confond avec celle de l'aviation. Les premiers vols se firent sur des planeurs. Depuis 2005, chaque été, le vol à voile déploie ses ailes sur l'aérodrome. L'école dispose d'un planeur biplace destiné aux formations, baptêmes, et d'un motoplaneur (planeur équipé d'un moteur faisant fonction de remorqueur). La prestation phare de l'école reste le stage pour les débutants ou initiés. Comme le note Jean-Pierre Beaussier, Président de l'Ecole de Vol à Voile et Planeur, «il y a une forte demande. Cela concerne toutes les classes d'âge ». Ce succès s'explique, entre autres, selon Jean-Pierre Beaussier, par une belle visibilité sur le site Internet de l'Office du Tourisme de Saumur, très consulté. « Dans un avenir proche, nous souhaiterions accueillir des clubs étrangers sur l'aérodrome. Les conditions climatiques très favorables dont nous bénéficions sont attractives. La vocation loisirs de l'aérodrome est évidente. Elle est appelée à se développer au vu du potentiel existant. L'aérodrome se trouve à l'ouest de la ville, là même où se trouve la majorité de l'offre touristique et de loisirs (équitation, golf, Belambra village vacances...). Il serait sans doute opportun de dédier cette aire aux pratiques sportives liées au tourisme. C'est en proposant une palette d'activités variées, des prestations de qualité, des infrastructures adaptées que nous pourrons accroître la durée de séjour des touristes et, par effet induit, générer des retombées sur l'activité économique locale ».
Voler de ses propres ailes...
Léger, fiable, facile à transporter... le paramoteur a depuis quelques années le vent en poupe. Cet ULM est composé d'une voile de parapente et d'un moteur léger intégré à une cage de protection portée sur le dos du pilote. Une hélice offre la poussée nécessaire. Depuis 2010, David Muzellec, Vice-champion de France de la discipline, propose des formations sur l'aérodrome. « Loire Paramoteur » accueille une clientèle plutôt sportive. « Cette discipline, qui fait partie du monde de l'ULM, connait un fort développement depuis 10 ans grâce une technologie qui offre des matériels plus légers, des voiles plus fiables. Elle est aussi accessible d'un point de vue financier et pratique, comparée aux autres activités aériennes ». Les demandes émanent de curieux, de plus en plus nombreux, mais aussi de pilotes d'autres engins volants, désireux de passer à une activité plus aisée à pratiquer. « Le matériel tient dans le coffre d'une voiture et nul besoin d'une piste d'atterrissage pour se poser». David Muzellec assure des formations tout au long de l'année. Depuis son lancement, l'activité a connu un bel envol.
Saumur Air Moustique : les piqués d'ULM
A l'instar de la douzaine de membres de Saumur Air Moustique (crée en 2000), Robert Tremblay, secrétaire du club, est un piqué d'ULM. Dans la famille des ULM - tout aéronef motorisé et pesant moins de 450 kg, - il y a les pendulaires, pilotés à l'aide d'une barre, les multi-axes, qui sont de véritables petits avions, les autogires qui ressemblent à de petits hélicoptères et les paramoteurs. Ici, chaque membre vole sur son propre avion. Le club ne propose pas de formation mais des vols découvertes qui remportent un large succès. Selon Robert Tremblay, la montée en puissance récente de l'ULM a une explication : « Imaginez tout ce que l'on peut faire avec des engins qui, pour les plus récents, peuvent atteindre 280km/h ! Les ULM attirent surtout d'anciens pilotes privés qui, fort de leur expérience sur des avions, maîtrisent parfaitement ces machines. Ils peuvent se faire plaisir sur des engins devenus très performants et moins contraignants dans leur pratique qu'un avion classique. Sans oublier le côté esthétique : de plus en plus d'ULM sont de superbes avions ». Robert Tremblay se félicite de voir une fréquentation croissante de clients de passage, propriétaires d'ULM, Anglais, Allemands..., qui viennent séjourner en terre saumuroise.
« Nous mettons un point d'honneur à bien accueillir nos hôtes, à leur proposer les services dont ils peuvent avoir besoin, ceci grâce à une excellente collaboration entre les bénévoles». Sans oublier, comme le souligne Robert Tremblay, que ces mêmes passagers séjournent dans les meilleurs hôtels, se sustentent aux meilleures tables et repartent avec quelques caisses de bulles.
Marianne Bourgeois