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Villes et villages sous leurs plus beaux atours

Et si les meilleurs ambassadeurs de l'Anjou touristique n'étaient autres que ses villes et villages ? Et la voie qui y mène la mise en valeur de leurs atouts et de leur identité ? Nature, culture, patrimoine, arts...Autant de cartes à jouer qui feront que demain, l'Anjou sera reconnu tout autant pour son cadre de vie que pour sa dimension touristique.

Si l'on vous demandait à quels mots vous associez l'Anjou, vous répondriez probablement à la Loire, à son patrimoine naturel, fluvial, historique, artistique, gastronomique... L'Anjou a ce privilège d'offrir un kaléidoscope  riche et varié. A l'instar d'une belle femme qui mettrait en valeur ce qui fait son charme, certaines communes ont décidé de mettre en lumière leurs atouts. L'embellissement et la valorisation du patrimoine est aussi une façon pour chacun de redécouvrir et de se réapproprier son lieu de vie sous un autre jour. Visite guidée.

Un moulin créateur d'énergies, une île...
En d'autres temps, Villevêque était le lieu de villégiature des évêques d'Angers, d'où le nom donné à cette petite commune de 2 700 âmes. Les mitres ne s'y sont pas trompées. Villevêque est connue pour son château-musée, ses charmantes rives du Loir. Elle l'est moins pour son église et son clocher roman classé ainsi que son ancien moulin à eau qui a conservé sa roue à aubes. C'est autour de la rénovation de ce moulin, emblématique du patrimoine local, que la commune a bâti son projet de valorisation touristique sur 3 axes : l'art et la culture avec son point fort Nov'Art (manifestation d'art contemporain regroupant une quinzaine d'artistes avec des disciplines artistiques variées), l'itinérance avec l'aire dédiée aux camping-cars et l'événementiel avec l'accueil des artistes et les manifestations locales. En juin 2012, le moulin rénové, deviendra un lieu de création, de diffusion artistique, culturelle et touristique. Ce dynamisme fait les beaux jours de Villevêque, à l'image des concerts organisés en été chaque dimanche (Jazz aux Tonnelles) et donne des idées aux porteurs de projets (gîte, atelier d'art plastique, atelier culinaire...). Côté nature, d'autres réflexions sont en cours dont une halte nautique pour développer le canoë-kayak comme à Cantenay-Epinard où ce projet ira de pair avec l'aménagement paysager de l'entrée du village et l'installation d'une guinguette pour accueillir le visiteur que ce soit par la route, la rivière ou les sentiers de randonnée.
Arts et nature, c'est aussi dans cet esprit que les Rosiers-sur-Loire ont entrepris de valoriser leur identité en s'appuyant sur deux atouts majeurs : Les rives de la Loire et un cœur de village vivant offrant des tables gourmandes, des lieux d'exposition d'art et d'artisanat. « L'idée, selon Daniel Queyroi, adjoint chargé de la culture, communication et de la mise en tourisme, était d'inciter nos « hôtes » à prolonger leur séjour non seulement en pleine saison mais toute l'année ». C'est dans la salle des Ponts que se tient chaque été l'exposition d'artisanat d'art, manifestation qui accueille 8000 à 10 000 visiteurs. Cette salle vient d'être complètement réhabilitée afin de pouvoir être tour à tour, et tout au long de l'année, une salle d'expositions, un lieu de spectacles, une salle de réunions ou de conférences pour de l'évènementiel. Côté Loire, la commune a pour projet de réhabiliter l'île Ollivier - site de l'ancien camping - et d'en faire un lieu éco-touristique. « Nous envisageons de créer une plage, une frayère et une zone nature ». Aux Rosiers, l'événement se vit aussi hors période estivale. C'est ainsi que sont programmées fin novembre, avec le soutien de l'Académie Goncourt, les rencontres d'Hervé Bazin, avec la création du premier prix littéraire de la micro-fiction. « Notre enjeu : développer un tourisme au sens large tout l'année ».

Aux petits soins avec leur cœur de vie
St-Florent-le-Vieil a décidé de se faire belle pour ses hôtes, fussent-ils d'ici ou d'ailleurs. Sur les pas de Julien Gracq, enfant du pays, la commune a aménagé une promenade qui suit l'ancien chemin de halage. «Le Jardin des Couleurs », offre quant à lui, sur 1,5 ha, un vaste espace végétal où les Florentais peuvent venir flâner à loisir. Pour accueillir ses hôtes, la commune a revisité toute sa signalétique et propose des visites guidées. Autre initiative, la mise en place au début de l'été, d'une halte à vélos près de la Loire. Equipée de douches, toilettes et de tables pour pique-niquer, elle offre 18 emplacements pour les petites reines sous le préau restauré d'une ancienne école. Si ce projet a bénéficié d'aides du Conseil général, d'autres sont des initiatives locales à l'instar du célèbre festival « Les Orientales », qui, depuis de nombreuses années, rassemble des milliers de spectateurs venant de tous horizons, les Podiums florentais (manifestation musicale) et ses quelque 2 000 visiteurs chaque vendredi soir, entre juillet et août et ce projet 100 % cru St Florent : la mise en plant devant l'Office du Tourisme de pieds de vigne pour faire connaître le seul et unique viticulteur florentais.

Porte d'entrée du Val de Loire
Chalonnes-sur-Loire connut en son temps une intense activité fluviale. Cette identité fluviale, la commune a décidé de la faire revivre en réhabilitant en 2009, le quai Gambetta : « tourner la ville vers la Loire » telle était la volonté des élus.
 «L'idée était d'embellir ce secteur, de le faire revivre pour lui redonner son âme», comme l'explique Marc Schmitter, adjoint au tourisme et au commerce. Cette volonté s'est concrétisée dès cet été par la mise en place d'un ponton, de l'acquisition d'une maison pour en faire en 2012 une halte fluviale. « L'objectif est de développer l'offre touristique fluviale et de faire de Chalonnes, la porte d'entrée du Val de Loire, patrimoine mondial de l'Unesco». Autre projet associatif soutenu par la commune : la construction d'un «gaborot », ancien bateau de Loire. Chalonnes bénéficie pleinement du succès de « la Loire à vélo » et d'un important développement touristique. Pour preuve l'aire dédiée aux camping-cars affiche complet dès le printemps. Indissociable d'une valorisation touristique, l'offre d'hébergement. Pour pérenniser le séjour de ses « hôtes », des travaux de rénovation de l'actuel camping débuteront l'hiver prochain (durée prévue : 2 ans) et des études sont en cours pour un futur hôtel.

Entre troglos et vignes
Emblèmes de Turquant par excellence, ses troglodytes. Autour de ce patrimoine naturel insolite, Turquant a développé une offre touristique qui a eu des effets notables sur l'activité économique de la commune (nouveaux emplois, accroissement de la population). Entre 2009 et 2011, l'installation de 15 ateliers d'art dans d'immenses caves restaurées et maisons alentour attirent chaque année quelque 35 000 visiteurs et l'aménagement d'un bistroglo et d'un restaurant troglodytique, 12 000 gourmands. L'aire destinée aux camping-cars a été rénovée. Ces mises en valeur touristiques et d'autres à venir (dont un hôtel) ont des répercussions sur la vie locale. Les recettes  perçues permettent de financer des infrastructures autour du développement touristique. Les animations et la gestion du site sont portées activement par une association TAMA (*). «Une politique touristique n'est rien si elle ne va pas de pair avec un programme d'animation,  outil essentiel de développement », selon Jackie Goulet, maire de Turquant.


Marianne Bourgeois

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