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La gestion de l’eau en entreprise, Aqua bon ?

La gestion de l'eau est devenue un enjeu sociétal aussi bien qu'environnemental. Les usages et modes de consommation de cet or bleu impactent aujourd'hui ses ressources. Si la consommation d'eau des particuliers est souvent pointée en premier lieu, l'utilisation massive de l'eau par les industries et les collectivités est, elle aussi, problématique. L'enjeu ? Une gestion optimisée de l'eau.

Pré-diagnostics

La CCI vous accompagne avec Eval'Eau-Déchets :
-         Etat des lieux des coûts et des consommations
-         Propositions d'actions pour économiser l'eau et réduire les pollutions diffuses
-         Formation « Economisez votre facture d'eau et de déchets » (1 jour)
-         Information lors des réunions du Club Environnement-Sécurité

Contact : Philippe Lohézic
02 41 20 54 48
philippe.lohezic@maineetloire.cci.fr

Economiser l'eau, un enjeu considérable
Nous consommons 50 % d'eau en plus qu'il y a 40 ans. Dans le même temps, la ressource disponible par personne a été réduite de moitié. Depuis 1992, l'eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection et le développement de la ressource utilisable sont d'intérêt général. Disposer en quantité suffisante d'une eau de bonne qualité est l'un des enjeux majeurs du 21ème siècle. Eliminer les gaspillages, recycler l'eau, traiter les eaux usées, tel est le défi de ce 3ème millénaire. Ce nouveau challenge pèse aussi sur le modèle économique de l'entreprise, dont la rentabilité est conditionnée à une consommation massive de l'eau.
Pourquoi économiser l'eau ? Premier constat : la ressource est limitée donc précieuse d'autant plus à une époque où la nature montre de plus en plus de velléités de rébellion et avec l'annonce de risques climatiques qui pèsent lourdement sur l'avenir d H2O. Second constat, l'eau coûte cher. Pour les entreprises, prélever et traiter l'eau a un coût, quel que soit le mode d'approvisionnement en eau (forage, réseau public, prise d'eau). Soumises à des exigences réglementaires et prescriptions, certaines ont décidé d'aller au-delà du minimum requis par le législateur en faisant désormais de la gestion de l'eau une donnée essentielle de leur développement économique. Mais savons-nous combien d'eau nous consommons ?
A l'issue d'un partenariat entre la CCI de Maine-et-Loire et la Communauté d'agglomération du Choletais (CAC), un observatoire a dressé un état des lieux de la situation : les trois quarts des entreprises ignorent leur consommation d'eau et moins d'un quart a mis en place des actions de réduction de cette même consommation. Seulement 15 % des entreprises stockent leurs déchets dits dangereux dans de bonnes conditions...
En 2006, la CAC a mis en place un plan pour endiguer les rejets de phosphore et protéger le captage en eau potable du lac du Ribou qui approvisionne le quart de la population de la CAC. Son action s'est orientée dans un premier temps vers les agriculteurs. Les résultats ont été encourageants. En 2008, la CAC a souhaité associer les entreprises par le biais de réunions d'information, de diagnostics sur la gestion de l'eau et les risques de déversements accidentels. Car la gestion de l'eau c'est aussi celle des risques de déversements accidentels  comme ces micro marées noires qui se font discrètement dangereuses (hydrocarbures s'échappant d'une citerne et se déversant dans des cours d'eau ou les réseaux d'eaux fluviales, nappes d'huiles dans les rivières...). Quelques précautions de base peuvent parfois éviter le pire : l'aménagement d'un lieu spécifique pour le stockage des produits dangereux, la mise en place d'une procédure pour éviter les déversements accidentels, la mise à disposition de matériel ou produits limitant la pollution, sans oublier l'information et la formation du personnel sur ce sujet.

Protéger, contrôler les réseaux d'eau potable
Comment économiser l'eau, contrôler son débit, repérer tout dysfonctionnement et risque de pollution éventuels si ce n'est par le biais d'appareils de mesure ? La société Anjou Pompes Bécot, située à St Barthélemy d'Anjou, dispose en la matière, d'un savoir-faire reconnu au-delà du département. Outre son activité de distributeur et réparateur de pompes moteurs et de compteurs d'eau, elle intervient dans la mesure des débits de fluides et la protection des réseaux d'eau potable. « Nous sommes experts en matière de métrologie des compteurs et intervenons en cas de litige». Pour Patrick Bécot, PDG de l'entreprise, une gestion de l'eau efficace passe par quelques principes de base et prend sa source en amont : « Le réseau d'eau potable doit être protégé à l'entrée de l'entreprise avec un clapet anti-retour. Pour certains services où le risque de pollution est avéré, il est nécessaire d'installer des disconnecteurs au point de connection entre le réseau amont (eau potable) et le réseau aval (eau utilisée par l'entreprise). Mesurer l'eau, c'est l'économiser. En plaçant un compteur dans chaque service, les salariés se sentent davantage responsabilisés ». Les clients d'Anjou Pompes Bécot sont essentiellement des industriels utilisateurs de fluides et donc de grandes quantités d'eau. Selon Patrick Bécot, cette nécessité de mieux gérer l'eau en entreprise est aujourd'hui entrée dans les mœurs, pour une raison évidente : le coût.

Des économies substantielles
De par son activité, Plastil France, spécialiste de l'extrusion, située à Maulévrier, utilise de grandes quantités d'eau pour le refroidissement des pièces plastiques. « Nous avons pris conscience de ce problème il y a 20 ans », comme l'explique Dominique Bousseau, directeur d'établissement du site de Maulévrier. «Après chaque utilisation, l'eau était jetée. Trop chaude, elle ne pouvait plus servir pour refroidir ». La société a alors mis en place des bassins pour récupérer l'eau. A l'aide de pompes, l'eau est envoyée vers un refroidisseur. Puis retour vers les machines pour retrouver une eau froide et exploitable, soit une économie de 1 000 m3 d'eau par jour. Si économie notable d'eau il y eut, développement d'algues il y eut itou. La qualité de l'eau en circuit fermé se détériorait, mettant à mal les machines. «Nous avons mis longtemps avant de trouver le bon traitement. Jusqu'en 2005, les bassins devaient être nettoyés trois fois par an, avec 70 m3 d'eau perdue à chaque opération ». Depuis, le déversement hebdomadaire de dispersants et de biocides dans les bassins a résolu le problème. Ces mesures ont été accompagnées par une sensibilisation du personnel. «Lors du process, il y a toujours un risque potentiel de fuite d'eau. Le cas échéant, nous le savons immédiatement ». Autres mesures : le relevé journalier et l'affichage des consommations d'eau. Résultat : un gain dont on a peine à réaliser qu'il soit vrai tant les chiffres sont éloquents. Selon Laurent Michenaud, responsable maintenance, « la consommation pour l'ensemble de l'usine est de 7,45m3/jour. Sans les refroidisseurs, cela servirait à faire tourner une seule des 23 lignes de machines pendant une heure et nous consommerions... 2 304 m3/j ( !) ».  

Une solution tombée du ciel
La société Jousselin, basée à Chazé-Henry, est spécialisée dans la préfabrication du béton architectonique (béton moulé et coloré). Le béton nécessite une grande consommation d'eau non seulement pour sa fabrication (1m3 de béton = 100 l d'eau utilisés) mais aussi pour le nettoyage des installations, les traitements de surface. Il y a 2 ans, suite à de nouveaux aménagements de son site, la société a mis en place un système de récupération d'eau de toutes les surfaces disponibles, que ce soit en toiture (10 000 m2) ou au sol (40 000 m2). Une fois récupérée, l'eau est retraitée, filtrée pour être réutilisée 6 à 7 fois de suite. Comme l'explique Jean-Yves Jousselin,  PDG, « tous les réseaux de canalisation ont été refaits et sont dirigés vers un bassin de récupération». Bilan : 30 000 m3 d'eau récupérés par an et une facture divisée par 5 ( !). Sur sa lancée, Jousselin envisage de s'équiper d'un système de filtration encore plus pointu pour certaines applications nécessitant une eau très propre.

Par éthique et conviction
Lorsque Philippe et Christine Dehaese reprennent l'hôtel-restaurant du Parc à Saumur en 2009, un important programme de rénovation s'impose à eux et avec le souci de limiter leur empreinte environnementale. Concernant l'eau, Philippe Dehaese, pragmatique, a procédé à quelques aménagements de bon sens : débit limité des mitigeurs, système de chasse d'eau à double commande, acquisition d'un lave-vaisselle et lave-linge peu « aquaphages », arrosage intégré des espaces verts, programmable. Bilan : une réduction de la consommation d'eau de 36 % et sa facture de 29 % en 2 ans. Le personnel a été associé aux éco-gestes, tout comme la clientèle. « Nous invitons nos clients à signaler d'éventuelles fuites. Notre souhait : continuer à améliorer l'environnement de l'hôtel, ses 41 chambres et ses 5 000 m2 de jardin, tout en maîtrisant la consommation d'eau. L'eau est un enjeu environnemental majeur. Il est de notre responsabilité d'entreprise, de citoyen d'utiliser l'eau à bon escient.». Fidèle à ses convictions, Philippe Dehaese a obtenu récemment la certification « Ecolabel Européen » services hébergement touristique.
Les nombreuses campagnes de sensibilisation  montrent combien économiser l'eau est devenu un sujet d'actualité. Et s'il était possible d'améliorer ainsi notre empreinte hydrique en renversant la vapeur par un usage maîtrisé de l'eau ? « Nous ne connaissons la valeur de l'eau que lorsque le puits est sec. » (proverbe anglais).


Marianne Bourgeois

Gérer les risques inondations
Et quand l'eau... il y en a vraiment trop ! Près de 50 % des communes de Maine-et-Loire sont touchées par le risque d'inondation. Des événements pas si anciens, notamment la crue historique de 1995 avec l'évacuation de plusieurs villages ou quartiers urbains, ont justifié la mise en place dans le département d'une politique de prévention ambitieuse.
Une cartographie des zones sensibles dans le département a été établie. Elle est consultable sur le site de la Préfecture.
La maîtrise des risques s'exprime par les PPR (Plans de Prévention des Risques).
Ces documents réalisés par l'État réglementent l'utilisation des sols pour bâtir. Il existe 11 PPR en Maine-et-Loire.
L'Etablissement public territorial de bassin propose aux entreprises des diagnostics gratuits du risque vulnérabilité. Des formations associées sont dispensées.

E-mail : pfi@eptb-loire.fr
Tél. : 02 38 64 37 30
site web : www.eptb-loire.fr

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