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A la croisée des chemins, le Pouancéen

Située dans le Haut-Anjou, la région de Pouancé a toujours eu, d'un point de vue historique, une position stratégique. Frontière entre l'Anjou et la Bretagne, ce territoire rural dispose d'atouts économiques et d'un potentiel touristique.

L'Anjou n'est pas Angers...

Terre de landes, de bois et d'étangs, paysage vallonné, bocager... Vu de la « capitale » andégave, d'aucuns pourraient se dire que la région de Pouancé, située à la frontière entre l'Anjou et la Bretagne, c'est le bout du monde (!). Qu'ils se ravisent. Le dynamisme économique et touristique d'un département concerne également les territoires ruraux souvent perçus à tort comme essentiellement agricoles. Leur attractivité passe par la promotion d'activités économiques de proximité, la valorisation des savoir-faire locaux, des ressources locales et patrimoniales. Ainsi en est-il de la région de Pouancé où industrie, commerce, artisanat, tourisme... constituent des activités majeures pour accompagner le développement. Les forces vives du territoire, avec en tête de pont, la Communauté de communes de la région de Pouancé-Combrée - structure intercommunale regroupant 14 communes - font montre d'une volonté sans faille pour dynamiser le tissu économique, le rendre attractif et développer le tourisme.

Atout n° 1 : Au croisement de quatre départements

La région de Pouancé occupe une place particulière en Anjou du fait de sa situation privilégiée. Son équi-distance d'Angers, Nantes, Rennes et Laval en fait une région très ouverte et accessible. La Communauté de communes de la région s'est appuyée sur cet atout majeur pour investir largement le champ du développement économique en anticipant les besoins des entreprises. « Nous avons construit des « ateliers-relais », structures louées aux entreprises dans le cadre de phase de démarrage ou de développement de leur activité. Nous avons développé une zone d'activité commerciale de 5 ha, étendu une zone économique industrielle de 9 ha». Marie-Jo Hamard, Présidente de la Communauté de communes de la région de Pouancé-Combrée, s'inscrit ouvertement, avec l'équipe d'élus qui l'accompagne, dans une démarche de dynamique économique.
Comme Marie-Jo Hamard l'explique très justement, l'aménagement de zones d'activité et autres pôles économiques doit se faire par anticipation. « Il faut créer les conditions idoines permettant aux entreprises de pouvoir s'y implanter, avoir une infrastructure existante, d'où cette démarche d'aménager et de structurer notre région». Accueillir des entreprises sur son territoire, c'est aussi, comme s'y emploie la Communauté de Communes, entretenir avec ces dernières des relations suivies, répondre présent lorsque celles-ci ont des demandes spécifiques, les accompagner dans leur installation, leur développement. Outre sa situation géographique stratégique, la région de Pouancé bénéficie d'une activité économique non seulement diversifiée mais dynamique. L'agriculture qui, avec près de 300 exploitations sur 14 communes, génère une activité économique et commerciale. L'industrie avec quelques belles entreprises aux savoir-faire variés (Sotira, équipementier automobile, 280 salariés - Eolane Combrée (ex-Selco), électronique, 350 salariés - Jousselin construction, 160 salariés..., Trioplast, matières plastiques, 93 salariés. « Bien que rural, notre territoire bénéficie d'un tissu industriel et artisanal important ». Objectif de la Communauté de communes : « Tirer le territoire vers le haut dans une démarche commune afin de favoriser un développement harmonieux qui ne peut se concevoir qu'avec l'ensemble des forces vives du territoire ».

Atout n° 2 : un potentiel touristique

Mettre en valeur un patrimoine touristique, c'est un peu dépoussiérer une maison ancienne, lui redonner du lustre. Comment la région de Pouancé, à l'écart des flux touristiques, peut-elle tirer profit de sa situation géographique stratégique et privilégiée ? Consciente de son potentiel touristique, elle s'est engagée dans une démarche de valorisation de son patrimoine en faisant appel à un bureau d'études. Objectif : établir un état des lieux, faire émerger les points d'appui pour les activités de tourisme et de loisirs, identifier les pistes d'action qui seront proposées d'ici la fin de l'année. « Tous les interlocuteurs rencontrés, professionnels, élus, ont montré une réelle motivation et une volonté d'aller de l'avant » comme l'explique Isabelle Pierre de MLV Conseil, en charge de l'étude. Pouancé possède en effet plusieurs éléments notoires du patrimoine, tels le château - 2ème forteresse d'Anjou - le grand moulin, le colombier, la tour de la Porte angevine (patrimoine classé) et le grenier à sel (patrimoine inscrit) sans oublier le petit patrimoine rural des alentours (lavoirs, petites églises...) et le chemin de Compostelle qui traverse le territoire. Tourisme patrimoine, mais aussi tourisme vert : étangs, 160 km de sentiers de randonnée balisés, centres équestres, gîtes, structures d'accueil.
Cette démarche de valorisation s'inscrit dans un autre projet dont l'envergure essaimerait bien au-delà de la région. En 2009, Pouancé et d'autres communes situées sur les Marches de Bretagne (zone militaire qui séparait Bretagne ducale et Royaume de France) se sont associées pour effectuer une demande d'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. Une marche de plus, et non des moindres pour la valorisation touristique de Pouancé.

Atout n° 3 : une terre de cheval

La région de Pouancé c'est aussi et surtout le Centre d'entraînement régional de galop de l'ouest (CERGO), situé sur les communes de Pouancé et de Senonnes en Mayenne. Superbe vitrine équestre, constitué d'un centre d'entraînement et d'un hippodrome, il est, en terme de notoriété le 3ème centre régional de France. Le Centre bénéficie d'un PER (« Pôle d'excellence rurale » dont le but est de soutenir des projets créateurs d'emplois en milieu rural) porté par la Mayenne dont les effets, de par sa situation sur 2 départements, essaimeront naturellement dans le Maine-et-Loire. Crée en 2000, porté par deux Communautés de communes (St Aignan-Rénazé - 53 - et Pouancé-Combrée) il accueille aujourd'hui près de 600 chevaux, une trentaine d'entraîneurs et affiche une santé insolente et un allant dynamique. Autant dire que Jean-Claude Moreau, Président du Syndicat mixte du Centre d'entraînement, est un homme heureux. «Sur Pouancé, le Centre s'étend sur 100 ha dont 40 utilisés pour les pistes, manèges, allées cavalières... Nous accueillons des entraîneurs de l'ouest et de la région parisienne. Nous avons mis en place une zone Equipôle permettant aux jeunes entraîneurs d'acquérir des parcelles. Nous prévoyons d'en créer une nouvelle d'ici 2 ans ». Le CERGO, une offre alléchante d'où une cote auprès des entraîneurs : des pistes remarquablement aménagées, une infrastructure, des professionnels sur place qui répondent parfaitement aux attentes de chacun. Autre avantage et non de moindres : Le foncier disponible, une denrée aujourd'hui de plus en plus rare. « L'investissement pour un jeune entraîneur est beaucoup moins onéreux et le coût plus avantageux ». Le Centre a également mis en place un foyer d'hébergement pour les jeunes apprentis désireux de devenir jockeys. Le CERGO génère de l'activité économique, crée des emplois et attire de nouvelles âmes dans la région.
« Depuis trois ans, huit jeunes entraîneurs sont déjà venus s'installer. Tout cela crée une animation que l'on n'aurait pas sans le Centre ». Quant à l'hippodrome situé sur Senonnes, il accueille 7 à 8 réunions annuelles. A l'allure actuelle, Jean-Claude Moreau ne doute pas que le Centre de Pouancé-Senonnes acquerra la même notoriété que les Maisons-Laffitte (Ile de France) et autres cités du cheval tout aussi renommées.

Marianne Bourgeois


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