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Voyages, congrès… les agences réceptives pour vous servir

A moins d'avoir l'âme d'un baroudeur patenté, la première étape d'un voyage passe souvent par la porte d'une agence ou d'un prestataire spécialisé. Entre les tours-opérateurs et les agences de voyage « classiques », la profession a vu apparaître un nouveau métier : les agences réceptives.

Lorsque l'association néerlandaise des croqueurs de Gouda de Meulehaven organise un circuit organoleptique au pays des 365 fromages, ou que le scottish club des taquineurs de saumons de Kiltborough souhaite découvrir les richesses halieutiques hexagonales, ils s'adressent à une agence réceptive (ou à une agence de voyages qui propose des circuits et prestations qui, en réalité, seront pris en charge sur place, la plupart du temps, par ce type de sous-traitant).  

Qu'est-ce qu'une agence réceptive ? Une agence réceptive, également appelée « réceptif » est une agence de voyage ou organisme local qui se charge d'organiser le séjour d'individuels ou de groupes. Concrètement, l'agence réceptive accompagne particuliers et entreprises dans l'organisation de leurs voyages, séminaires, incentives... Réservation d'hôtels, gestion des prestations, organisation des excursions sur le lieu de séjour, représentation locale d'un tour opérateur ou d'une agence de voyages, autant de prestations qui relèvent de ses compétences. Certains institutionnels du tourisme (Comités départementaux du Tourisme, Offices de Tourisme) sont dotés d'un service « réceptif » intégré ou externe  (appelé alors Service Loisirs Accueil). Ce service assure la réservation et la vente de prestations, de forfaits touristiques (produits individuels, circuits groupes...). L'objectif de ces institutionnels n'est pas de concurrencer les agences privées mais plutôt de dynamiser l'offre du département quand il y a carence de professionnels ou que ces derniers ne sont pas tournés vers l'activité réceptive.


Un nouvel acteur dans le tourisme d'affaires
Le « Bureau des Congrès et Evénements » a été créé le 1er mars dernier à l'initiative de partenaires institutionnels locaux (1). Il a pour mission de développer le tourisme d'affaires, source de retombées économiques, et de mutualiser les compétences des acteurs professionnels du tourisme local. Le « Bureau des Congrès et Evénements » (département d'ALT (2)), est une structure dédiée à la promotion de l'agglomération angevine sur le marché des rencontres et événements d'affaires.

Le BDCE dispose d'une agence réceptive « affaires ». Son rôle est de proposer des prestations clés en mains et sur mesure (gestion de l'hébergement, inscriptions, transports, visites...) comme l'explique Valérie Mathieu-Fichot, directrice. L'activité réceptive « agrément » est gérée par le pôle Tourisme de l'Office de Tourisme. Autre nouveauté : le Club Angers MICE (3), plate-forme collaborative dédiée aux acteurs de la filière. Il compte déjà 65 acteurs professionnels (lieux de congrès et de réception, hôtels, restaurants et traiteurs, sociétés de services,...) Une brochure réceptive Affaires 2010 a été éditée en septembre, et un « Meeting Planers Guide » (4) a été mis en place dans lesquels seront référencés les adhérents du Club Angers MICE. « Ce guide pour les organisateurs d'événements existe dans les grandes villes de congrès, et propose la mise en relation des clients avec les professionnels. On y trouve toutes les activités et structures référencées par pôle. Le BDCE souhaite aussi développer les partenariats avec les réceptifs privés, notamment pour les pré/post congrès et les événements internationaux à venir. « Chacun apportera son expertise et son savoir-faire. »


Richou, plus d'un demi-siècle au service du voyage
L'univers du voyage, la société Richou connaît. Depuis sa création, il y a plus de 55 ans, ce professionnel du tourisme a fait voyager des milliers de touristes sous toutes les latitudes. En 2007, Richou crée un département « réceptif » et dépose un nom commercial (Euro Travel Concept - ETC) pour le distinguer de l'activité classique de la société. A sa tête, Jean-François Richou, fils de Daniel Richou, Pdg de la société. « Auparavant, nous faisions du réceptif de façon ponctuelle. Dès le lancement, nous avons essaimé les salons professionnels en France, à l'étranger pour trouver des partenaires (agences de voyages, tours opérateurs). Notre savoir-faire et nos compétences en clientèle « loisirs » nous ont fait privilégier cette orientation. Nous nous sommes axés sur les clientèles francophones et anglophones. Se faire connaître auprès des T.O (5) demande du temps mais les retours sont positifs». Les demandes viennent majoritairement de l'étranger (Amérique du Nord, Russie, Réunion, Brésil). Les 4 régions de France les plus cotées sont Paris, la Côte d'Azur, la Normandie et la Vallée de la Loire. ETC met en avant la destination Vallée de la Loire en proposant des « packages » « Paris-Vallée de la Loire ». « Nos programmes de circuits sont des supports. Nous les adaptons ensuite aux desiderata des clients ». Si le contexte de crise économique actuel risque de freiner ETC dans sa phase de lancement, les premières estimations chiffrées en 2008 étaient en phase avec les objectifs fixés. Selon Jean-François Richou, la création d'un service réceptif au sein du BDCE, ne viendra pas contrarier l'activité des agences réceptives privées. « Nous ne travaillons pas obligatoirement sur le même type de demande, sur les mêmes marchés. Les OT et CDT ont un rôle très important à jouer au niveau local. Nous avons chacun nos compétences spécifiques ».


Les « réceptifs » intégrés aux Offices du Tourisme
Le réceptif, les institutionnels du tourisme le pratiquent depuis plusieurs années. Ainsi en est-il de l'Office du Tourisme du Saumurois (6) qui propose cette prestation depuis 1991. « Nous gérons les demandes de groupes. Pour les individuels, les prestations, essentiellement liées à l'événementiel, sont vendues par Internet. Nos clients sont des autocaristes et transporteurs, des associations, des groupes de retraités », comme l'explique Chantal Bessière, responsable du réceptif de l'OT du Saumurois. « Ils viennent des départements limitrophes (Centre, Normandie, Bretagne, Poitou, Charentes...). Nous avons aussi des clients de l'Est de la France, de Marseille, de Lyon qui viennent pour des séjours plus longs ». Les contacts avec les TO et les agences étrangères restent très rares et ne font l'objet que de prestations ponctuelles. Côté clientèle étrangère, nos amis belges ont la cote : «C'est une clientèle fidèle. Ils viennent pour des circuits de plusieurs jours et sont demandeurs de prestations touristiques». Tout comme les réceptifs privés, les OT prospectent de nouvelles clientèles. «L'an dernier, nous sommes allés à la rencontre d'autocaristes de la région Centre. Cette année, ce sera la Normandie. Cela nous permet de nouer des contacts, d'être présents dans les brochures ». Chaque année, le service réceptif de l'OT adresse son catalogue, par courrier, à l'ensemble de ses clients. Ils sont également contactés deux fois par an à l'aide d'une newsletter. (par exemple, ils sont informés des conditions spéciales groupes pour le Grand Carrousel de Saumur qui se déroule en juillet). « Nous proposons aussi beaucoup de « sur mesure ». Si les visites guidées faisaient déjà partie des prestations dites classiques, elles ont, depuis mai 2008 (date à laquelle Saumur est devenue « Ville d'Art et d'Histoire ») trouvé une autre dimension grâce à la présence d'un service de guides conférenciers ».

Un constat : à ce jour, le marché « réceptif » est majoritairement tenu par les Offices de Tourisme. Selon Christian Morineau, Président de la Commission Tourisme de la CCI, « Plus il y a de concurrence, plus la région accueillera de touristes. Il faudrait davantage de réceptifs privés qui puissent, tout comme les OT, porter l'image de la région ». Malgré ses atours, la destination « Pays de Loire » manque de visibilité. Vendre les couleurs de la région au-delà des frontières, cela ne peut se faire sans la volonté d'une vraie politique régionale : « Le tourisme doit être considéré comme une entité à part entière et valorisé comme tel ».


Marianne Bourgeois

  • (1) Ville d'Angers, Angers Loire Métropole, Angers Loire Tourisme, Angers Expo Congrès, CCI de Maine-et-Loire
  • (2) Angers Loire Tourisme
  • (3) Meeting Incentive, Congress, Exhibition/Events : Séminaires de motivation, Congrès, Manifestations/Evénements
  • (4) Meeting Planers Guide : Annuaire des professionnels dédié aux organisateurs
  • (5) Tours Opérateurs
  • (6) L'Office du Tourisme du Saumurois est un OT d'agglomération regroupant 5 communes (Fontevraud, Montsoreau, Montreuil-Bellay, Brain-sur-Allonnes, le Puy-Notre-Dame)

Encadré :

Au cours du 1er semestre 2009, la CCI de Maine-et-Loire a réalisé, avec le soutien des CCI des Pays de la Loire (*), une enquête sur l'activité réceptive au sein des agences de voyages de la région.

Carte d'identité des agences de voyage en Pays de Loire :

  • - 2 sur 3 appartiennent à un réseau national
  • - Pour 94 % d'entre elles, la clientèle loisirs représente plus de la moitié du CA
  • - ¼ développe une activité autre que le loisir et le tourisme d'affaires (incentive, événementielle)

Le réceptif  ligérien :

  • - Faible présence du réceptif en Pays de Loire (15 % des agences interrogées proposent cette prestation).
  • - Les agences réceptives sont plus volontiers situées en Loire-Atlantique et en Vendée.
  • - 57 % d'entres elles sont indépendantes.
  • - Le réceptif ne représente souvent qu'une partie de l'activité des agences (2/3 des agences réceptives réalisent moins de 30 % avec cette activité).
  • - 80 % d'entre elles pratiquent le réceptif depuis plus de 3 ans, à destination essentiellement des groupes (8 % ne traite que des demandes individuelles).

Développement du réceptif ligérien :

  • - 9 % des agences réceptives souhaitent à terme développer cette activité (taux potentiel non négligeable au vu des 15 % d'agences pratiquant le réceptif et au regard de la spécificité de l'activité).

Les freins à son développement :

  • - 40 % des agences souhaitent privilégier d'autres axes de développement, 25 % appartiennent à un réseau qui prend déjà en charge l'activité.
  • - 40 % estiment que la destination Pays de Loire manque d'attractivité, n'a pas une notoriété et une offre suffisantes (hébergement, qualité des prestations, rapport qualité-prix...) pour attirer une clientèle touristique.