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La piste sous-estimée de l’aviation d’affaires

Les idées reçues excluent encore naturellement l'aviation d'affaires du spectre des solutions en matière de déplacements professionnels. Et pourtant. Chiffres et expériences à l'appui, elle constitue un outil stratégique pour les entreprises, en proposant une solution flexible et compétitive. À l'issue d'un groupe de travail dédié, la conclusion est claire : l'aviation d'affaires a toute sa place à l'aéroport d'Angers-Marcé. Pour ajouter des heures aux journées, rapprocher les destinations, voire alléger la note. Et si cela valait le coup d'aller voir ?

Pour cette entreprise du Maine-et-Loire, le développement passe par le rachat d'une affaire en Allemagne. L'Allemagne ? Il faudra aller à la gare d'Angers en voiture, payer le parking sur plusieurs jours. Prendre le train jusqu'à Paris, puis un avion. Sur place, prendre un taxi, un hôtel, se restaurer. Une fois la première discussion menée, refaire le chemin en sens inverse. C'est faisable. Une fois, deux fois, trois fois. Pas sûr pour la quatrième. Malgré tout, pour que l'affaire soit signée, ce chef d'entreprise devra se déplacer en Allemagne 14 fois en un an. La calculatrice parlera d'elle-même au moment de chiffrer le montant global de ces 14 déplacements. Et pourtant, intègrera-t-elle bien tous les frais connexes au seul montant des billets de train : hébergement, restauration, stationnement, temps d'attente perdu, fatigue, déséquilibre vie professionnelle - vie personnelle, stress ? Dans de telles circonstances, il est inimaginable pour cette entreprise de passer à côté d'une opportunité d'affaires. Le sujet n'est donc pas « Y aller ou pas ? » mais bien « Comment y aller ? »

Marcé : l'infrastructure qui rend possible
Dans le mix-mobilité, il existe une voie encore trop peu explorée, qui présente de réels avantages, celle de l'aviation d'affaires. Elle est chargée d'idées reçues. L'avion ? Pour les grosses entreprises, pour les grands patrons, pour les longs déplacements, pour les riches. Pour les autres en somme. En réalité, chiffres et bon sens à l'appui, l'aviation d'affaires s'avère être une alternative plus que compétitive. C'est précisément pour explorer cette option méconnue et sous-utilisée que la CCI 49 a lancé en février dernier, un groupe de travail sur l'aviation d'affaires en Maine-et-Loire. Pour Cyrille Laheurte, l'occasion d'ouvrir l'horizon des solutions mais aussi de repenser les potentialités de l'aéroport d'Angers-Marcé : « L'aviation d'affaires souffre d'une image caricaturale. On pense au PDG millionnaire qui voyage en jet privé. On ignore qu'il s'agit en réalité d'un outil de travail pertinent dans bien plus de cas qu'on ne le pense. L'aéroport de Laval en Mayenne nous fait la démonstration par l'exemple, avec 11 avions d'affaires basés, que le potentiel est réel pour le Maine-et-Loire. » En transportant 22 000 passagers à l'année, l'aéroport de Laval, actif depuis 15 ans, fait effectivement figure d'exemple. Les avantages de l'aviation d'affaires pourraient être réels sans que le Maine-et-Loire n'ait aucune solution à proposer. Tel n'est pas le cas. Il existe avec l'aéroport d'Angers-Marcé, toute l'infrastructure nécessaire pour déployer la solution. Emmanuel Picot, PDG d'Evolis et élu CCI, fait partie des utilisateurs réguliers de l'aviation d'affaires. Une solution indispensable dans son quotidien de dirigeant d'une entreprise internationale mais aussi un moyen de valoriser un outil existant sous-utilisé : « L'aéroport d'Angers-Marcé est un très bel outil qui n'a pas l'attention qu'il mérite. C'est particulièrement dommage lorsque l'on sait que notre bassin économique a des velléités de développement. Or, le développement demande de la fluidité, de la simplicité, de la rapidité, de la réactivité. L'aviation d'affaires est en ce sens une réponse. »

Le moyen de faire simple et rapide
Chronomètre en main, difficile effectivement de rivaliser. Pas de portique, pas d'attente, pas d'enregistrement des bagages. Lorsqu'il faut arriver 1,5 heure avant le décollage de son avion pour les lignes commerciales classiques, 15 minutes suffisent avec l'aviation privée. Daniel Bellanger, Président du Syndicat Mixte de l'aéroport de Laval, a dirigé plusieurs entreprises et organisé son business en comptant sur l'aviation d'affaires : « On ne vous demande pas d'enlever vos chaussures, votre ceinture et votre ordinateur. Vous arrivez, vous montez, vous partez. L'aviation d'affaires rend les choses faisables. Elle facilite le business en simplifiant l'agenda souvent contraint des chefs d'entreprise. Elle est un allié clé et structurant pour les entreprises en développement. Souplesse, rapidité, simplicité mais aussi sécurité. Lorsque j'avais à signer un contrat à Carcassonne pour mon entreprise dans le photovoltaïque, je prenais l'avion à 07h30, j'arrivais à 09h sur place pour repartir après le déjeuner. À 15h, j'étais au bureau, et le soir, je dormais chez moi. Avec l'aviation d'affaires, quand on part deux jours, c'est que l'on a besoin de deux jours de travail. Pas que l'on perd 1,5 jour sur le trajet pour une demi-journée de travail. »

La solution qui fait tomber les idées reçues
Si l'option avion se montre sous ses plus beaux atours, l'offre est loin cependant d'être exclusivement réservée aux chefs d'entreprise en mal d'heures dans leurs journées. Là aussi, l'idée reçue mérite d'être déboulonnée. Alexandra Renard est travel manager au sein de l'entreprise PCM Europe ; comprendre qu'elle est gestionnaire des voyages et déplacements. Parallèlement à cela, elle est déléguée régionale grand Ouest de l'AFTM - Association Française du Travel Management. C'est dire si la question de la mobilité professionnelle est au cœur de son exercice. Membre du groupe de travail de la CCI 49, elle a découvert la solution de l'aviation d'affaires qui ouvre de nombreuses perspectives. « Nourrie par des clichés en termes d'accessibilité et de coûts, l'aviation d'affaires ne faisait clairement pas partie des options que j'étudiais. La méconnaissance des entreprises en la matière fait qu'elles ne concurrencent pas les voies classiques de déplacement. Lorsque l'on se penche sur la question, calculatrice en main, on découvre qu'en réalité, cette solution peut s'avérer particulièrement compétitive. Pas si l'on ne regarde que la valeur faciale d'un billet d'avion, mais si l'on pense en coût global. Lorsque l'on peut aller à Strasbourg dans la journée plutôt qu'en deux jours, lorsqu'un séminaire d'équipes nécessite de se rendre à six à Bilbao, cela vaut vraiment la peine de comparer. » Et si les économies sont réelles, l'apport est également ailleurs, dans le stress et la fatigue épargnés, mais aussi dans la valeur ajoutée humaine, comme aime à le souligner Emmanuel Picot : « Se déplacer plus rapidement est un avantage de taille. Mais l'autre point important est que cette solution permet la rencontre. Par souci de gain de temps, on opte parfois pour les mails ou les solutions de conférence à distance. Or, dans bien des cas, le rendez-vous en face à face reste la meilleure des options. Pour signer un contrat, négocier des prix, échanger sur des points sensibles, entretenir une relation commerciale, c'est quand même souvent mieux de se voir. Une solution de déplacement simple et rapide permet cela. »

Une plateforme web pour se lancer
Si à l'aéroport de Laval, les avions sont privés ou en co-propriété, Angers a fait le choix de proposer sur son aéroport une solution plus souple et plus abordable, en travaillant avec des opérateurs pertinents pour le bassin économique angevin. Le 07 septembre, la CCI 49 a ainsi officiellement lancé une plateforme web participative, permettant de faire concrètement découvrir l'offre mise en place. En ligne, chacun est libre de coter son déplacement par avion privé. Destination, planning, budget envisagé... Une fois les données saisies, une proposition est soumise : type d'avion, temps de vol, budget. Un principe de simulation qui permettra à chacun de se faire une idée de la compétitivité de la solution, avant de l'essayer concrètement et d'en être, à en croire les utilisateurs réguliers comme occasionnels, rapidement et définitivement conquis.


Contact CCI :
Cyrille Laheurte
cyrille.laheurte@mianeetloire.cci.fr

Aurélie Jeannin
Anjou Eco n°52 - septembre 2018

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