Retour accueil
Vous êtes ici  > Regard  > Regard 2018

Frédéric Godin, Froga, La Plaine : au service du luxe et de l'élégance

Epaulettes, cigarettes de manches et plastrons... Froga conçoit les fournitures invisibles des collections des maisons de couture, portées par les plus célèbres mannequins. L'entreprise ne livre pas ses secrets de fabrication, mais seulement ceux de sa réussite.

Froga
Z.I. La Promenade
49360 La Plaine
Tél. : 02 41 55 92 52
Fax : 02 41 55 99 91
contact@froga.com
www. froga.com

Gérant : Fréderic Godin

Activité : fabrication, vente d'épaulettes

Effectif : 13 salariés

CA : 1 070 000 €

Après une enfance bercée par le son des machines à coudre, la reprise de l'entreprise familiale était presque une évidence pour Frédéric Godin. En 1938, son grand-père rachète l'usine de textile Froga à La Plaine et l'adapte à la fabrication d'épaulettes pour vêtements. Ses parents prennent la succession et donnent une dimension nationale à l'entreprise. Après une courte expérience dans la communication, puis comme commercial en région parisienne, Fréderic Godin intègre le service commercial de l'entreprise, tout en continuant à tisser des liens avec les maisons de haute couture parisiennes. En 1997, il en prend la direction.

L'avenir est dans le luxe
Froga est un des seuls épauletiers en France à fabriquer l'envers des vêtements pour des clients prestigieux tels que Balmain, Dior, Chanel, Balanciaga, LVMH... Une clientèle exigeante, à la recherche de l'excellence. Son meilleur atout : un savoir-faire familial d'exception perpétué depuis trois générations. « Le luxe a pris une telle envergure. Les maisons de couture investissent des sommes énormes sur les défilés de mode et la communication. Nous n'avons pas droit à l'erreur». En relation étroite avec les bureaux de style de ces grandes maisons et sous l'œil vigilant d'Isabelle Guignard, en charge de la partie création, les salariés de Froga bâtissent soigneusement un plastron ou une épaulette à partir d'un prototype ou d'un croquis. « Chaque vêtement de chaque maison et pour chaque saison a son épaulette, même si certaines sont parfois réutilisées », explique Frédéric Godin. Le catalogue compte plus de 3 000 références. Des produits très techniques qui nécessitent l'apprentissage d'un savoir-faire pour lequel il n'existe aucune formation. Les 13 salariés, pour la plupart issus de la confection, ont donc été formés en interne pendant près d'un an. Le dirigeant a la tête sur les épaules. Tout en renforçant son savoir-faire historique, il diversifie son activité en 2001 par le rachat de l'outil de production de la Sofatec, spécialisée dans la fabrication des masques d'hygiène. « L'agroalimentaire utilise des masques jetables bas de gamme. Un marché existait pour des articles plus confortables ». Des masques toujours jetables, mais destinés à une clientèle haut de gamme comme Labeyrie. Le textile à destination du prêt-à-porter et de la haute couture représente 80 % du C.A., le solde provenant des produits d'hygiène et d'équipement de protection individuelle (EPI) pour l'agroalimentaire. Froga s'approvisionne en matières premières haut de gamme (coton, non tissé, polyester, mousse...) auprès de fournisseurs allemands, espagnols ou italiens. Les Français, qui ont délocalisé dans les années 80, n'en représentent plus que 20 %.

La tradition à l'ère du digital et de la RSE
L'entreprise n'a jamais cessé d'innover et d'améliorer son outil de production pour offrir le meilleur à sa clientèle. Elle investit à plusieurs reprises pour atteindre une surface de 2 000 m² et a récemment acquis une troisième machine de coupe à commande numérique. D'autres projets sont en cours, dont l'arrivée d'une machine d'aiguilletage. « Par chance pour nos ateliers, de nombreuses entreprises françaises innovent et développent des machines très techniques pour l'industrie textile ».

L'homme vit connecté avec son temps et veut préserver l'environnement. Les déchets produits doivent être recyclés. Polyester, non tissé, mousse, coton, étaient triés par coloris pour une entreprise qui les recyclait en produit d'isolation pour le bâtiment. Cette collaboration a cessé, mais Fréderic Godin espère bien nouer de nouveaux partenariats.

Pour l'heure, Froga prépare les nouvelles collections. Tant que la fabrication à la française aura de beaux jours devant elle, l'entreprise participera incognito à la Fashion week de Paris, de Milan ou de New York.

Christelle Gourronc
Anjou eco n°51 - mai 2018

export_facebook export_delicious export_twitter export_viadeo  export_linkedin