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Smart city : quand le numérique trace les contours des villes de demain

Demain, les villes devront répondre à de multiples contraintes (énergie, sécurité, mobilité...) et simultanément relever le défi de l'amélioration de la qualité de vie, développer l'attractivité économique et touristique... Smart city ou l'ère de la ville durable.

. Domaines d'application : Stationnement, transport, déchets, éclairage public...

. 25 communes, métropoles et communautés d'agglomération françaises développent des services intelligents. Concernant Angers Loire Métropole : e-Administration, école numérique, fablab, open data portail numérique, smart grids, Wifi linéaire public.

 

Contact CCI :
Thierry Vergnault
02 41 20 49 55
numerique@mianeetloire.cci.fr 

 

 

Pour en savoir plus :

http://pavic.io/

 

Le concept de smart city est souvent propice au fantasme. L'idée que nous en avons est largement influencée par ce que la science-fiction et le cinéma veulent bien nous proposer. L'imaginaire faisant le reste. Qu'en est-il dans la réalité ? De nombreuses villes aujourd'hui se transforment, construisent et testent leurs modèles smart. Certaines figurent déjà au Top 5 (Singapour, Barcelone, Londres, San Fransisco et Oslo). Ces villes ont pour objectif de concilier l'innovation technologique avec les enjeux économiques, sociaux et écologiques de la ville de demain. Leur leitmotiv est avant tout la qualité de vie : comment mieux vivre ensemble tout en respectant notre environnement. La concentration toujours plus importante des individus dans les villes amène irrémédiablement celles-ci à préserver et optimiser leurs ressources et leur organisation. Pour bien comprendre le contexte, deux constats : Actuellement, 50 % de la population mondiale vit dans les villes. En 2050, ce pourcentage passera à 70 %. Les villes occupent 2 % de la surface terrestre et produisent 80 % des émissions de gaz à effet de serre. L'objectif des villes, des métropoles et des territoires est donc d'accompagner cet enjeu sociétal, politique et environnemental.

Qu'est-ce qu'une smart city ? 
La définition des villes intelligentes et durables établie par le Groupe spécialisé de l'UIT (Union internationale des télécommunications) sur les villes intelligentes et durables (groupe FG-SSC) est libellée comme suit : « Une ville intelligente et durable est une ville novatrice qui utilise les technologies de l'information et de la communication (TIC) et d'autres moyens pour améliorer la qualité de vie, l'efficacité de la gestion urbaine et des services urbains ainsi que la compétitivité tout en respectant les besoins des générations actuelles et futures dans les domaines économique, social et de l'environnement.» Ce concept de smart city, d'origine anglo-saxonne n'est pas nouveau. Les pionnières dans le domaine sont les mégalopoles d'Asie (Hong-Kong, Singapour). Depuis 1980, les technologies avancées et les services de pointe sont les activités dominantes de Singapour, ville audacieuse et futuriste. Cela s'illustre notamment par le projet Supertrees, l'implantation à travers toute la ville d'arbres artificiels hauts de 50 mètres. Ces arbres sont équipés de modérateurs de température. Ils éclairent, récoltent l'eau de pluie... On assiste également en Corée du Sud et dans les Émirats à la construction de villes intelligentes, véritables laboratoires connectés destinés à accueillir des habitants. La Ville Internationale de Songdo (Corée du Sud) - quartier de 610 ha de la ville d'Incheon, conçu de toute pièce - est un des projets les plus ambitieux de ces dernières années en matière de smart city. Ses bâtiments sont construits selon des standards américains de haute qualité environnementale. Ses routes et ses édifices disposent de capteurs et de systèmes destinés à mesurer, organiser le trafic, et anticiper et ajuster les consommations d'énergie. En Europe, la concrétisation de ce concept s'illustre différemment. Les pays européens et leurs villes ont choisi de fonder leurs évolutions technologiques sur leurs spécificités culturelles et territoriales.

Un marché porteur
On estime le marché des smart cities à quelque 1500 milliards de dollars dans le monde en 2020. De quoi donner le vertige avec un taux moyen de croissance annuelle estimé à 13,6 %. Dans ce marché à l'avenir prometteur, les secteurs des transports et de la sécurité seraient les plus porteurs. Petits ou grands acteurs économiques s'y sont déjà engouffrés. Aux côtés des start-up, de grands comptes se sont positionnés (Orange, Veolia, Bouygues, Cisco, Siemens, Oracle....).

« De la smart city au territoire d'intelligence(s) - L'avenir de la smart city »
En 2017, Luc Belot, alors député, a été chargé par le Premier ministre d'une mission sur la ville intelligente (« smart city ») et les opportunités qu'elle pouvait apporter aux services publics ainsi qu'aux entreprises. Pour que les « smart cities » se développent au profit de tous, l'auteur estime qu'il faut réaffirmer le rôle des collectivités territoriales comme tiers de confiance, garantes de l'égalité et créatrices de lien social. Le rapport propose, entre autres, de doter les établissements publics de coopération intercommunal (EPCI) d'une compétence sur la donnée, de leur redonner une compétence économique pour leur permettre d'accompagner les innovations territoriales ; de réduire le risque juridique de la commande publique ; de favoriser les mutualisations entre collectivités et enfin, de multiplier les formations pour que l'ensemble des décisions qui entourent la numérisation des services publics locaux puisse être pris de manière éclairée. Au-delà de ces recommandations techniques, il s'agit pour l'auteur de replacer l'usager au coeur de la stratégie publique, de chercher à répondre à ses besoins, et de concentrer les efforts à la mise en place d'une « expérience utilisateur riche, positive et inclusive ».

Concilier économie et cadre de vie
Pour séduire et retenir les jeunes talents et les ménages aisés, les villes se soucient aussi d'apporter des services de qualité ainsi qu'un cadre de vie respectueux de leur santé. Un enjeu sur lequel se mobilise notamment Paris, qui consacrera 1 milliard d'euros entre 2014 et 2020 pour rendre la ville plus durable et en optimiser le fonctionnement grâce à la collecte et l'exploitation des données provenant de caméras, compteurs, capteurs de présence... En dehors de la capitale, une vingtaine d'autres villes a entamé sa transformation digitale. A Angers, l'association PAVIC (Plateforme d'Aménagement de la Ville Intelligente et Connectée), créée en 2016, a pour but de favoriser et développer les expérimentations en situation réelle sur Angers et son territoire, dans le domaine des objets connectés et des nouveaux usages liés à la Ville Intelligente. « PAVIC associe l'agilité d'une start-up et les ressources de ses membres pour raccourcir la durée des expérimentations et faciliter la mise sur le marché des produits et services qui en découlent. Très pragmatique, elle capitalise sur un chef de projet unique » précise son président, Eric Grelier. Plusieurs expérimentations sont testées à Angers : un passage pour piétons sécurisé diffusant une lumière bleue sur le sol ; de l'éclairage intelligent muni de capteurs infrarouge détectant la présence pour augmenter la luminosité lors du passage dans les jardins publics ; de la signalétique intelligente aux abords des écoles s'illuminant au passage d'une automobile...Singapour a pris le problème à bras-le-corps en lançant son programme Safe City, qui utilise des caméras vidéo dont les images sont traitées par des algorithmes de reconnaissance d'images et du « machine learning » afin de repérer un individu recherché, compter les gens sur un lieu public ou encore détecter un bagage isolé. Outre-Atlantique, c'est la décongestion du trafic urbain qui mobilise l'attention du gouvernement. Ce dernier a fait appel à Sidewalk Labs, filiale de la maison mère du géant Alphabet (société-mère du moteur de recherche Google), afin de mettre en place dans sept villes étasuniennes, dont San Francisco et Austin, une plateforme de « big data » consacrée aux transports. Baptisée Flow, celle-ci utilise la remontée de données provenant de bornes intelligentes ainsi que des outils analytiques afin d'identifier les zones congestionnées et ouvrir de nouveaux services. Flow pourra ainsi aider l'automobiliste à trouver une place de parking rapidement et proposera le meilleur itinéraire pour s'y rendre, sans craindre les embouteillages.

Prédire notre consommation d'énergie
Autre enjeu sur lequel phosphorent les smart cities : leur capacité à prédire l'évolution de la consommation énergétique de leur population. Un sujet sur lequel réfléchit l'Institut de recherche technologique SystemX (dédié au domaine de l'ingénierie numérique du futur) qui travaille notamment sur des programmes de recherche sur les smart cities orientés sur la mobilité et l'énergie. Objectif : aider les villes à faire évoluer leur politique d'investissement énergétique en se basant sur les consommations actuelles de leurs citadins. Grâce à la collecte de données dans les foyers, il sera possible de prédire l'évolution de leur consommation en tenant compte de certains paramètres comme leur profil socio-économique, le type d'énergie habituellement consommée, son prix... A l'échelle du bâtiment, il sera également possible de faire des recommandations aux occupants d'un logement en anticipant leurs besoins tout en tenant compte du prix de l'énergie et de l'ensoleillement. Le concept de smart city est étroitement lié au big data. La collecte des données nécessaires à l'émergence de villes intelligentes est également limitée par des freins légaux. En France, la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) a un droit de regard sur l'ensemble des projets informatiques menant au stockage de données personnelles. Il s'agit donc pour les pouvoirs publics et les entreprises ayant l'ambition de participer au développement des smart cities d'opérer un numéro d'équilibriste entre la nécessaire collecte d'information et le respect de la vie privée des utilisateurs.

 

Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°51 - mai 2018 

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