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Didier Bomme, Bomme paysage, Cholet : agir pour la biodiversité

Bomme paysage, à Cholet, conçoit et entretient des espaces verts et des jardins d'agrément. En 2017, son dirigeant, Didier Bomme, emprunte un virage à 360° pour proposer des prestations alternatives aux pesticides. Un investissement matériel et humain pour revenir au plus près de la nature.

Bomme paysage
La Bonnauderie
49300 Cholet

Gérant : Didier Bomme

Activité : services d'aménagement paysager

Effectif : 5 salariés

CA 2017 : 400 000 euros

Membre de l'ADECC

Une prairie naturelle parsemée de pâquerettes a quand même plus de charme qu'un gazon digne d'un parcours de golf. Et quel plaisir de cueillir le pourpier qui envahit vos allées en graviers, mais dont le goût citronné accompagne si bien votre salade, plutôt que de respirer les effluves de l'asphalte en été. Pour Didier Bomme, « toute herbe a son utilité. Il n'y a pas de mauvaises herbes, seulement des adventices ». Ce paysagiste qui prend le tournant du bio, a appris le métier au Lycée du Fresne près d'Angers. Une formation complétée quelques années plus tard par une spécialisation sur l'aménagement des terrains de sport en région parisienne. Il n'a pas encore trente ans quand il rachète, en 1984, l'entreprise paysagiste Pelletier, rue de Lorraine à Cholet. Aujourd'hui, Bomme paysage installée sur plus de deux hectares en périphérie de la ville, emploie 5 salariés. Ils se répartissent dans les trois activités principales : l'entretien d'espaces verts privés pour le particulier, pour l'entreprise (usines, locaux commerciaux, syndic de copropriétés), la création et l'aménagement de jardins (clôture, portail, maçonnerie, engazonnement, plantation).

Retrouver du sens
Grâce à de bons équipements et des salariés impliqués, l'entreprise se développe, et l'activité évolue au quotidien. La règlementation sur les pesticides devient de plus en plus contraignante. La fibre écologique du dirigeant prend alors le dessus. « Ces nouvelles normes obligeaient à porter des gants, des masques, des combinaisons pour appliquer les traitements tant ils sont dangereux. De plus, les audits imposés pour l'utilisation de produits chimiques se multipliaient. Un travail trop administratif pour moi qui n'aime que la nature. Cela n'avait plus de sens». Parallèlement à cette remise en question, la Communauté d'Agglomération du Choletais en partenariat avec la CCI de Maine-et-Loire et le Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement met en place « La charte des paysagistes ». Elle veut ainsi éviter la contamination de la réserve d'eau du Choletais à Ribou. La charte prévoit un passage progressif au « zéro pesticide ». Le paysagiste y adhère en 2016 et propose très vite des contrats d'entretien en gestion alternative sans désherbant. « Il fallait revoir nos méthodes de travail et notre façon de penser. Alors autant y aller rapidement » déclare-t-il. Les mentalités avaient changé et les clients étaient prêts à adopter une démarche tournée vers une nouvelle approche du jardin. « Il faut s'adapter à la nature au lieu de lutter contre, raisonner différemment ».

Le jardin sous un autre jour
Didier Bomme est convaincu des bienfaits de sa démarche sur l'environnement, mais aussi sur la santé de ses salariés et de ses clients. Il n'hésite pas à rompre avec trente années de pratique. Il fait suivre à ses salariés des formations sur les risques liés aux produits phytosanitaires et sur les solutions sans pesticide. Il investit dans de nouveaux équipements (rotofil, broyeur, réciprocateur) pour le désherbage. Il lui reste à remplacer l'outillage à essence par des outils à batterie et à optimiser la plateforme de broyage des déchets. Dans le prolongement de sa démarche, Bomme paysage adhère en octobre 2017 à l'Association pour le Développement de l'Economie Circulaire (ADECC). Ce réseau départemental de 41 adhérents invite les entreprises à travailler ensemble pour valoriser les déchets. Ainsi, l'association « le fil d'Ariane » récupère-t-elle les cartons et les plastiques d'emballage de Bomme paysage pour les recycler. Bomme paysage fêtera ses 34 ans en août 2018. Son dirigeant n'a qu'un souhait « pérenniser l'entreprise pour transmettre plus tard un outil de travail respectueux de l'homme et de son environnement ».

Christelle Gourronc
Anjou Eco n°51 - mai 2018

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