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Retombées du World Electronics Forum : interview de Pierre Gattaz, Président du MEDEF

Parmi les nombreux intervenants à avoir répondu présents à cette 22ème édition du World Electronics Forum à Angers, Pierre Gattaz, Président du Medef et Président du Directoire de Radiall. Rencontre avec un homme enthousiaste et confiant.

Le WEF en France, qui plus est à Angers, berceau de l'électronique, quel signe voulez-vous y voir ?
J'y vois un très bon signe pour la France, pour Angers également. Depuis peu, il y a un regain d'attractivité pour notre pays. En ce sens, la French Tech est une excellente initiative. Cela contribue au rayonnement de la France, à donner une image dynamique de notre pays dans le monde. Ce regain d'intérêt avait déjà été amorcé avec la venue d'Emmanuel Macron au CES de Las Vegas, parlant devant quelque 4000 Américains....S'il y a pu avoir récemment un peu de « France bashing » aujourd'hui ce n'est plus le cas. Nous sommes compétitifs et il faut le faire savoir. C'est ce que nous nous employons à faire au Medef. Nous sommes très heureux pour Angers que la 22ème édition du WEF se soit déroulée ici. Je voudrais d'ailleurs rendre un grand hommage à votre Maire, Christophe Béchu. Il le mérite. C'est un homme innovant et visionnaire. Le WEF est l'opportunité pour la France et le Grand Ouest d'être mis en lumière. Quelque 25 pays présents, 150 participants...ce n'est que du bonheur ! La France a des atouts incroyables. Il faut engager la transformation numérique de 100 000 PME et faire en sorte que toutes nos entreprises soient rapidement en mesure d'équiper le monde grâce à des produits et des services connectés. Je suis convaincu que la transition numérique est une excellente chose pour la croissance française. Cela va permettre aussi à des métiers de se transformer. Il faut accompagner cette transition numérique. Tirer profit de cela. Agilité, rapidité...Tout cela génère de l'attractivité. Il faut continuer à accompagner les start-up et la transformation des PME françaises.


De quelle façon ? 
Parce que la transformation numérique est une des priorités du Medef, nous avons défini pour ce faire, une stratégie autour de cinq axes, déclinés en propositions de réformes et en actions. Axe 1 : faire de la France la « Silicon Valley » de l'Europe autour des technologies et des plateformes de la filière IoT (Internet of Things). Axe 2,  créer un écosystème attractif et compétitif en France autour du prototypage, de la préindustrialisation et de la fabrication de solutions IoT. Axe 3 : accompagner 100.000 TPE PME et ETI françaises dans leur transformation vers la « Smart economy » avec le Programme Metamorphoses (sensibilisation, formation, accompagnement et financement). Axe 4 : rendre la France « business friendly » pour attirer les investisseurs et favoriser la croissance de nos start-up et PME en ETI et en grandes entreprises. Enfin, dernier axe, mettre en place une stratégie de communication internationale autour de notre vision et de notre stratégie « smart economy ».


A propos du Programme Metamorphoses, en quoi consiste-t-il plus précisément ?
Métamorphoses est un MOOC dédié à la transformation numérique, à destination principalement des dirigeants des TPE et PME. Pour les aider à rattraper leur retard sur le numérique en B2B, le Medef a imaginé avec les enseignants du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et du groupe Caisse des dépôts, une formation en six points : se préparer à la transformation numérique de l'économie, innover différemment, adapter le management, développer la relation-client, s'ouvrir à l'international, ou encore s'enrichir de témoignages d'entrepreneurs qui ont déjà bien pris le virage numérique. Nous avons déjà accompagné quelque 200 entreprises. Notre objectif est d'atteindre les 100.000.


Quel regard portez-vous aujourd'hui sur la France « entrepreneuriale » ?
Notre pays doit être plus « risk friendly ». Dit autrement, plus enclin à prendre des risques. Il faut savoir accepter le risque et accompagner le rebond après l'échec quand il arrive. Culturellement, la France est dans une phase de changement aujourd'hui, celle d'une révolution entrepreneuriale. Soyons prêts, ensemble, jouons collectifs. La confiance revient, la croissance aussi. Le numérique va toucher tous les business modèles. Nous avons tous les atouts pour réussir. Nous sommes excellents dans la réflexion. Soyons le aussi dans l'action. Aujourd'hui, après les « 30 piteuses » (*), nous devons créer les « 30 audacieuses ».


(*) : Les trente piteuses, titre d'un ouvrage de Nicolas Baverez (juriste, éditorialiste, essayiste, magistrat). L'expression « trente piteuses » est une allusion aux Trente Glorieuses. Dans ce livre, l'auteur traite de la période de récession qu'a connue entre 1974 et 2004 la grande majorité des pays développés, membres pour la plupart de l'OCDE. Cette crise est notamment due au premier choc pétrolier.



Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°50 - Février 2018

 

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