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Retombées du World Electronics Forum : 4 élus s'expriment

La Ville d'Angers a accueilli le World Electronics Forum (WEF) du 25 au 27 octobre 2017. Point de vue sur cette semaine de l'industrie électronique du futur, riche d'échanges et d'enseignement positif, par quatre élus angevins.

Interview de Christophe Béchu, maire d'Angers
1 - Le WEF à Angers : qu'en attendiez-vous ?
C'était une occasion unique pour la Ville d'Angers de mettre en valeur son territoire, plus spécifiquement son écosystème électronique, aux yeux d'acteurs internationaux. Cette occasion, nous avons su la saisir. L'enjeu était de susciter un intérêt auprès des entreprises étrangères présentes pour les inviter à investir en Europe, et évidemment sur le territoire angevin. Il est peu fréquent que des évènements de cette ampleur se déroulent en dehors de Paris. Cela faisait 12 ans que le World Electronics Forum ne s'était pas déroulé en Europe. Les retombées attendues ne concernent  pas que les secteurs de l'électronique et du digital, c'est toute la Ville qui s'est mobilisée pendant une semaine, donnant à voir le potentiel extraordinaire de notre territoire en matière de tourisme ou de coopération universitaire par exemple. Cet événement a permis à la Ville d'Angers de passer à un stade supérieur pour ce qui est de son internationalisation et de valider son expertise en matière d'électronique pour aller encore plus loin dans l'innovation.
2 -Selon vous, quels pourront être les impacts « demain » pour Angers de cet ambitieux challenge relevé avec succès ? Pourrait-il y avoir un Angers « avant WEF » et « après WEF » ?
Il est certain que notre présence sur des événements internationaux de l'électronique, à l'image du CES 2018 à Las Vegas au mois de Janvier, n'aura pas la même « valeur » qu'avant le WEF. Nous avons gagné une forme de légitimité. Nous connaissons et sommes reconnus par les fédérations internationales de l'électronique. Les fondations de partenariats sont établies. Il s'agit à présent de les concrétiser. L'environnement politique français actuel, qui est aujourd'hui pro-entrepreneurial, pourrait favoriser leur mise en œuvre. J'évoque ici des installations potentielles d'entreprises, des investissements étrangers dans le tissu économique local, l'organisation de nouveaux événements en lien avec le secteur, etc... La Connected Week, elle, pourrait devenir une manifestation importante de la Ville d'Angers, à l'image des Accroches Cœurs. Cette semaine s'est illustrée par le nombre impressionnant d'acteurs qualifiés et intéressés qui ont été réunis sur notre territoire. Un fort niveau de compétences s'est fait sentir. Elle sera certainement à l'origine de partenariats locaux et nationaux essentiels au développement économique du territoire.
3 - Une anecdote personnelle sur cet événement ?
Comme vous le savez, je me suis retrouvé sur scène avec Gary Shapiro dans l'après-midi du vendredi 27 octobre, à l'occasion du WEF Summit. Gary et moi avions chaussé des baskets connectées Eram avec lesquelles nous avons fait une entrée dans le noir total. Mais si Gary a eu la chance d'avoir des chaussures à sa pointure, les miennes étaient trop petites, puisque je chausse du 43 et que l'on m'avait réservé une pointure 42 ! Ce qui fait que j'ai un peu souffert le temps de ma keynote. Ces quelques minutes passées face à la salle archicomble du Quai et devant le Premier ministre, Edouard Philippe, restent malgré tout un excellent souvenir.

Interview d'Eric Grelier, Président de la CCI de Maine-et-Loire
1 - Le WEF à Angers : qu'en attendiez-vous ?
L'accueil d'un évènement professionnel international sur un territoire est une formidable opportunité de mettre en avant les atouts et expertises du territoire d'accueil et de le faire rayonner au-delà de sa zone d'influence habituelle. Ces deux dimensions ont été parfaitement mises en évidence fin octobre dernier mais aussi à l'occasion des nombreuses séquences qui ont précédé le WEF et celles qui l'ont suivi. La filière de l'électronique, portée par le cluster WE Network, et relayée dans sa dimension «usages » par les Pôles et filières de la région, a su montrer son potentiel d'innovation, de recherche, de production et de commercialisation. Notre territoire est compétitif pour relever les défis de la production mondiale des objets connectés et des solutions électroniques de demain. Ce temps fort économique aura eu le mérite de donner un sentiment de fierté aux acteurs angevins et de la région. Cette dimension psychologique est essentielle pour donner confiance en notre potentiel économique et notre capacité individuelle et collective d'aller à la conquête des marchés mondiaux. Ce fut une très belle occasion de mesurer les forces et l'envie des acteurs des filières concernées.
2 -Selon vous, quels pourront être les impacts « demain » pour Angers de cet ambitieux challenge relevé avec succès ? Pourrait-il y avoir un Angers « avant WEF » et « après WEF » ?
Le WEF a constitué pour moi un « match de référence » au regard de la capacité de tous les acteurs à jouer collectif. Nous ne nous sommes pas contentés d'accueillir, à huis clos, un symposium d'une centaine de décideurs issus des branches professionnelles du secteur de l'électronique mondiale. Nous avons profité de cette opportunité pour stimuler et fédérer le maximum d'initiatives autour des enjeux de la digitalisation de notre économie. La Connected Week a regroupé plus de 30 évènements et mobilisé environ 20 000 personnes. C'est considérable. Ce foisonnement inédit doit pouvoir se poursuivre dès 2018 avec une nouvelle édition la 2ème quinzaine de novembre. Une autre retombée immédiate du WEF, structurante pour notre économie, réside dans la feuille de route, que We Network avec les acteurs de la filière et la CCI, ont rédigée pour définir une politique française voire européenne autour de l'industrie électronique 4.0. Cette vision industrielle sera partagée avec le gouvernement français dans les prochains jours et pourrait aboutir à l'adoption d'un plan ambitieux de soutien à la filière. L'investissement réalisé en octobre 2017 par les acteurs publics et privés de notre région a d'ores et déjà permis de recueillir un certain nombre de fruits qui devraient se multiplier durant les prochains mois.
3 - Une anecdote personnelle sur cet événement ?
Avant le WEF, les entrepreneurs que je croisais me posait la question " je ne suis pas dans l'électronique, quel intérêt pour moi ?". Je ne vais pas vous citer une anecdote mais je peux vous faire un retour sur ce qu'apporte ce type d'évènement à quelqu'un qui n'est pas dans le business de l'électronique, ce qui est mon cas.
Le mot clé est "rencontre". Il ne faut pas voir cela comme un salon de l'électronique mais comme un espace temps où vous découvrez le monde de demain et une autre façon de penser. Alors, si je devais résumer en quelques mots, et bien, je reprendrais une discussion avec un acteur clé rencontré lors de cette manifestation : "soyons dans le Why et non dans le What."

Interview de Michel Perrinet, Délégué territorial #AngersFrenchTech
1 - Le WEF à Angers : qu'en attendiez-vous ?
Quand nous avons élaboré notre dossier de candidature au Label French Tech en juin 2015 et que nous sommes allés chercher le parrainage de Garry Shapiro, président du CTA (Consumer Technologie Association) & organisateur du CES et du WEF, nous étions loin d'imaginer accueillir une organisation de rayonnement mondial à Angers 2 ans après.
Nous avions plusieurs attentes :
Bâtir les relations internationales utiles dans notre domaine de prédilection, les objets connectés.
Le rayonnement national et international du savoir-faire du territoire: en termes d'objet connecté, le territoire angevin et le grand Ouest, est un territoire qui compte en Europe, à la fois en matière de production, mais aussi d'usages appliqués à ses différentes industries.
Une mobilisation de la filière industrielle du territoire: en présentant la vision des usages du «SmartWorld» dans 7 domaines d'application d'excellence du grand Ouest français auprès de ces délégations étrangères, nous avons fédéré Angers French tech, We'Network, les pôles de compétitivité et plus de 50 entreprises du grand Ouest pour construire cette vision commune et concrète du futur.
Lancer la première «Connected Week»: prendre prétexte de ce WEF pour concentrer les évènements IoT angevins d'automne. Autour des forums professionnels de l'IoT organisés par les grandes écoles du territoire, est venue s'agréger une trentaine d'évènements. Une belle occasion de sensibiliser le grand public et le professionnel à l'impact de l'objet connecté dans notre futur et travailler ensemble: CCI, Ville, ALM, Angers French Tech,...
2 -Selon vous, quels pourront être les impacts « demain » pour Angers de cet ambitieux challenge relevé avec succès ? Pourrait-il y avoir un Angers « avant WEF » et « après WEF » ?
Avoir relevé avec succès un tel challenge doit nous rappeler qu'il est permis d'être ambitieux. Osons porter les projets de rayonnement économique à un niveau où notre modestie habituelle nous freine. C'est sans doute cela « l'après WEF », mais pas que... Nous avons décidé de passer du collectif au coopératif en créant la coopérative Angers French Tech. Elle aura pour vocation à faire d'Angers une place de référence dans l'IoT à l'échelle européenne et mondiale.
Vous êtes tous invités à souscrire à son capital construire ensemble l'avenir de notre territoire en matière de production ou d'usage de l'objet connecté. Rendez-vous sur http://coop.angersfrenchtech.com/..
3 - Une anecdote personnelle sur cet événement ?
La semaine du WEF a été très dense. Je retiens notamment l'annonce de la création de la coopérative le 28 octobre devant 150 personnes, parrains de renoms qui s'étaient mobilisés pour accompagner notre lancement aux côtés de Christophe Béchu, maire d'Angers et Président d'honneur d'Angers French Tech : Mounir Mahjoubi, secrétaire d'état auprès du 1er ministre chargé du Numérique, Pascal Cagni, Président de Business France, Eric Carreel, Gary Shapiro, Président du CTA, David Monteau, directeur de la mission French Tech, Ludovic Le Moan, co-founder CEO SigFox, Amixem, you-tuber de renom.
J'ai été ému de réaliser que le projet de coopérative se concrétisait et était largement approuvé par l'assemblée !

Interview de Vincent Bédouin, Président de Lacroix Group, Président du WE Network
1 - Le WEF à Angers : qu'en attendiez-vous ?
Tout d'abord utiliser l'évènement pour mobiliser et mettre en lumière, auprès des délégations internationales du WEF, notre écosystème d'innovation du Grand Ouest en associant les entreprises, les écoles et les laboratoires de recherche. Plus particulièrement c'est notre capacité à penser et développer les nouveaux usages du Smart World, ce monde physique numérisé et connecté, que nous souhaitions démontrer aux principaux acteurs de l'électronique mondiale. A en croire leurs retours, le pari est réussi !
2 -Selon vous, quels pourront être les impacts « demain » pour Angers de cet ambitieux challenge relevé avec succès ? Pourrait-il y avoir un Angers « avant WEF » et « après WEF » ?
Au sein du cluster WE Network, nous travaillons depuis 2013 à mettre en lumière la filière électronique professionnelle de l'Ouest et nous le faisons à partir d'Angers qui est au cœur de cette « electronics valley » unique en Europe. Nous avons utilisé le WEF comme un formidable coup de projecteur sur cette richesse industrielle trop méconnue, même dans notre propre pays. Nous sommes allés encore plus loin en nous projetant vers l'avenir.
Près de 150 experts de l'industrie électronique française se sont ainsi réunis pendant le WEF, concluant une mobilisation exceptionnelle initiée dès le mois de Juillet, pour converger sur une feuille de route nationale sur l'industrie électronique du futur.
Cette stratégie ambitieuse pour l'électronique française sera rendue publique d'ici la fin de l'année et annoncera le début d'un nouveau cycle pour notre filière en France et en Europe. Nul doute qu'Angers aura un rôle clé à jouer dans cette nouvelle dynamique.
3 - Une anecdote personnelle sur cet événement ?
Je rappellerai la phrase prononcée par le Premier Ministre Edouard Philippe en clôture de son discours : « Je suis convaincu qu'il n'est pas loin le temps où lorsqu'on parlera de la Côte Ouest, il faudra préciser de quel Continent on parle ! » Elle résume assez bien l'ambition que nous avons pour le pays, l'Ouest et Angers : France is back !


Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°50 - Février 2018

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