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Définition d’une start-up : jeune pousse, mais encore.

Depuis l'avènement de la French Tech et la multiplication des incubateurs, le vocable « start-up » est sur toutes les lèvres. Mais sait-on vraiment ce qu'est une start-up ?

A retenir :

Start-up = Forte proposition de valeur reposant sur une innovation majeure (souvent technologique) avec un fort potentiel de croissance exponentielle.

Petite entreprise (ou business classique) = proposition de valeur courante sur un marché mature avec une croissance linéaire.


Contact CCI :
Christophe Houeix
02 41 20 54 40
christophe.houeix@maineetloire.cci.fr

Qu'est-ce qu'une start-up ? Un endroit où l'on parle numérique, où les salariés portent des baskets et jouent au baby-foot pendant leur pause ? La définition qu'en fait Patrick Fridenson (historien des entreprises et directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales - EHESS) est un peu différente : « Ce n'est ni l'âge, ni la taille, ni le secteur d'activité, qui font d'une entreprise une start-up, mais les conditions suivantes : la perspective d'une forte croissance, l'usage d'une technologie nouvelle et  le besoin d'un financement massif par des levées de fonds. C'est d'ailleurs avec l'apparition des premières sociétés de capital-risque dès 1946 que le terme a commencé à être utilisé massivement ». Impossible également de parler de start-up sans une notion de forte incertitude : la start-up est une entreprise liée à une notion d'exploration. Elle a pour essence de développer une activité sur un marché nouveau dont le risque est très difficile à évaluer. Conséquence : au terme de cette phase de recherche, la start-up cesse d'être start-up. Soit parce que l'activité échoue et que la start-up disparaît, soit parce qu'elle réussit ; dans ce cas, elle est absorbée par un grand groupe, ou elle devient elle-même une entreprise avec un cadre traditionnel et un modèle économique établi.
Les start-up ne verseraient pas toutes dans le domaine du digital, contrairement à ce que la plupart d'entre nous pense. Pour Christophe Angot, directeur d'Angers Technopole, «Une start-up est une jeune entreprise innovante à fort potentiel de croissance dont le cœur de métier peut être un tout autre domaine que le numérique. Les entreprises liées à la biotechnologie, par exemple, souvent portées par la recherche académique, à l'origine d'une rupture technologique, sont aussi des start-up». Depuis 2000, l'incubateur d'entreprises innovantes d'Angers Technopole œuvre pour le développement de l'innovation sous toutes ses formes. Aujourd'hui, il continue d'accompagner ces start-up qui travaillent sur des ruptures technologiques et apportent de nouveaux produits sur le marché (ex : Carlina Technologies, vectorisation de médicaments anti-cancéreux).
« Depuis cinq ans, nous accompagnons des entreprises innovantes du numérique sur des cycles beaucoup plus courts (cf l'Opération Renard)». En rupture technologique ou pas, sur des cycles longs ou courts, l'incubateur d'Angers Technopole accompagne donc ces acteurs « dans la phase de maturation, de construction de la stratégie, de l'offre de services, du modèle économique et dans la recherche de financements publics ou privés, mais également après la création où la jeune entreprise reste encore fragile ». L'accompagnement des start-up, c'est aussi le partage du risque. « En engageant des deniers publics sur des projets liés aux objets connectés, notre réflexion doit se faire très en amont sur l'usage et l'offre. Mais cet investissement contribue aussi à développer les entreprises innovantes sur le territoire et à faire travailler des PME locales. Cet ancrage territorial est essentiel. Il contribue à créer de la valeur ajoutée et de l'emploi ».

Startup Palace : « shape the impossible »
Pour Florian Hervéou de la société Startup Palace (Nantes), aujourd'hui, le mot de start-up est galvaudé. « Une start-up, cela ne signifie pas que cela va vite comme on le pense souvent. Airbnb a mis plus de 36 mois avant de trouver son business modèle. Une start-up est une entreprise à la recherche de son business modèle et d'un potentiel de croissance important». Née de la rencontre de trois entrepreneurs en 2015, l'entreprise accompagne des start-up et des grands groupes dans différents domaines d'expertise (business modèle, développement web, finance et événementiel). Dans le jargon « startupique » on parle de « scabilité » (issu de l'anglais « scale », échelle), autrement dit d'un modèle économique offrant un potentiel de croissance économique rapide avec une économie d'échelle. « Le numérique et le web permettent cela ». Startup Palace intervient à différents niveaux : à la genèse de l'idée, puis au niveau de la pré-accélération. A ce stade, la startup a déjà conçu a minima un produit avec quelques fonctionnalités ». C'est le cas de My Jomo, le badge connecté, qui à sa genèse, était une version non aboutie. L'objectif : essayer de chercher les premières validations du marché pour voir s'il y a une appétence. « Dans ce cadre, nous accompagnons, entre autres, le programme de pré-accélération « l'Opération Renard » (petit cousin du programme nantais l'Opération Eléphant) porté par Angers Technopole. Nous apportons à Angers Technopole une méthodologie (programme d'ateliers avec une suite pédagogique) ». Puis vient le troisième niveau de la fusée... « Le produit commence à fonctionner, un produit qui a une première traction (drainer de nouveaux clients) et de rétention (garder ceux existants) ». Ces start-up peuvent être accompagnées financièrement par le fonds d'amorçage inter-régional Go Capital II avec lequel Startup Palace a signé un accord de collaboration. Une startup a-t-elle une durée de vie ? « Au bout de 36 mois si une startup n'a pas trouvé son business modèle, on peut se poser des questions ». A contrario, quand une start-up se développe, elle prend la forme d'une « scale-up » (entreprise qui a trouvé son business modèle) à l'instar d'Uber qui ouvre une nouvelle ville en quelques semaines. « Il faut souvent plusieurs années pour en arriver là. Facebook a été rentable au bout de 5 ans, malgré les 750 millions d'abonnés qu'ils avaient alors... ». Chose peu banale, si une start-up peut vivre grâce à sa croissance, elle peut aussi en mourir (croissance mal gérée, soudaine et autres écueils) même si il existe un fort développement. Pour autant, comme l'explique Florian Hervéou, il n'a jamais été aussi simple aujourd'hui de créer une start-up du fait de la pléthore de fonds d'investissement qui leur sont dédiés.

Un nouvel accélérateur à Angers : Le Village by CA 
Tout récemment, WeForge (Angers), l'emblématique acteur de l'écosystème numérique angevin, s'est offert un lifting agrémenté de nouveaux locaux. Ces espaces accueillent depuis janvier la première promotion des 10 start-up sélectionnées par « Le Village by CA », une association créée en collaboration avec WeForge et le Crédit Agricole Anjou Maine. « L'objectif est de mettre en place le premier module d'accélération en développement sur le territoire, comme l'explique Simon Gérard de WeForge, d'accompagner des start-up en phase d'accélération et en quête de contrats pour industrialiser leur concept. Ce partenariat inédit leur permettra de se développer, de trouver des partenaires économiques, technologiques et de disposer de conseils financiers, administratifs... ». Créé en 2014 par le Crédit Agricole, ce dispositif (existant dans d'autres villes françaises) offre d'emblée aux jeunes créateurs, une dimension internationale avec un partenariat établi dans des mégalopoles (New-York, Londres, Moscou, Shangaï, Singapour, Tokyo...). La banque s'entoure également d'un tissu de partenaires publics et privés, implantés en région. A Angers ils seront accompagnés dans des domaines d'excellence dont les objets connectés et le végétal, entre autres. Depuis sa création, WeForge a accueilli 164 sociétés (primo créateurs ou sociétés installées). « Avec Le Village, nous souhaitons créer une communauté et un réseau local qui aident les start-up en phase d'accélération à se développer, appuyées par un module d'aide économique. C'est le premier module d'accélération du territoire dédié à ce stade de développement. Il vient compléter les dispositifs déjà existants ». Pour Simon Gérard, il est essentiel de concentrer les énergies sur un même lieu pour faciliter les échanges, pour être plus efficace en termes de création et de développement. « Notre ambition d'ici deux ans : doubler notre espace de travail en étant toujours dans cette dynamique d'un lieu unique ». Simon Gérard constate une évolution significative dans le monde des start-up. «Jusqu'en 2010, les start-up étaient davantage dans une démarche d'optimiser internet, de développer des outils techniques. Aujourd'hui, la technologie liée à internet est assez mature pour l'appliquer à des objets connectés. Personne ne peut dire aujourd'hui comment ces métiers évolueront. Pour l'heure, nous sommes plus le reflet d'une génération que celui d'une maturité économique. Ce qui a évolué, c'est l'envie toujours plus grande de créer et la façon de l'envisager ». La définition d'une start-up pour Simon Gérard, c'est « à la fois une super idée et une équipe qui parvienne à transformer l'essai dans un temps court afin que cela aboutisse à une industrialisation. C'est cette alchimie qui est la plus difficile à réussir ».

Numa, pionnier de l'accélération de start-up en France
A l'occasion du World Electronics Forum, Angers French Tech et Numa, pionnier de l'accélération de start-up en France, ont annoncé le lancement de «  NUMA Angers IoT », un accélérateur dédié aux start-up de l'Internet des Objets (IoT). Le programme ambitionne d'attirer les meilleures start-up IoT d'Europe pour les accompagner dans leur développement. Ce programme d'accélération développé par NUMA en partenariat avec Angers French Tech permettra aux start-up de développer simultanément leur business et leur industrialisation.
Le monde des startups est devenu un cercle vertueux basé sur de bonnes pratiques qui n'existaient pas il y a encore cinq ans. L'éducation des startupers est devenue plus mature, s'appuyant sur l'expérience plus ancienne de leurs aînés américains, illustrant ainsi la fin d'un syndrome, celui de Peter Pan.


Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°50 - février 2018

La CCI est mobilisée pour accompagner les start-up à tous les stades de leur développement.

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