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Portrait d'Eric Grelier, nouveau président de la CCI de Maine-et-Loire

Une mandature engagée pour l'apprentissage, le rayonnement international, la transition numérique...

Le 7 novembre dernier, Eric Grelier a été élu par ses pairs Président de la Chambre de commerce et d'industrie de Maine-et-Loire. Agé de 54 ans, Eric Grelier, jusqu'alors vice-président de la CCI en charge du commerce et de l'entrepreneuriat depuis 2011, est Directeur Général du groupe de distribution végétal Flora Nova (120 magasins franchisés en France). Au cours de son mandat quinquennal, Eric Grelier souhaite mettre l'accent sur trois axes : la transition numérique, la réhabilitation de l'image de l'apprentissage, le rayonnement international.

« Agir en homme de pensée et penser en homme d'action »

De quelle façon votre parcours professionnel vous sera-t-il utile pour appréhender vos nouvelles fonctions ?
La création d'une entreprise à l'âge de 28 ans et de son développement durant 26 ans permet de vivre des réussites et des échecs, des moments difficiles où il faut se battre et des moments de satisfaction. C'est une expérience qui me situe dans le même environnement que mes collègues entrepreneurs et qui me permettra certainement de comprendre et de partager avec eux, exploitation, visions et stratégie. Côté métier, il existe des parallèles, entre celui de franchiseur que je pratique au quotidien et ma fonction de Président de la CCI49. Dans les deux cas, il est essentiel de fédérer, de guider, d'accompagner des personnes, franchisés ou élus de la CCI, entrepreneurs du territoire, d'âge, d'expérience, de tempérament, très différents les uns des autres, de les emmener avec l'ambition d'atteindre nos objectifs fixés. Etre dirigeant d'une franchise, c'est donner un cap à une enseigne, comme pour la présidence de la CCI. De par mon expérience, je souhaite également revenir à des choses simples et de bon sens. Il faut savoir garder les pieds sur terre, être pragmatique. En ce sens, la devise de Bergson me parle : « agir en homme de pensée et penser en homme d'action ». Avoir une vision d'ensemble, prendre du recul et, à la fois, avoir une vision séquentielle et détaillée des événements, autrement dit, être à la fois aigle et tortue.

Quelle est votre principale qualité ?
Ne pas m'interroger sur quelles pourraient être mes qualités et mes défauts. Je ne m'attarde pas sur ma personne, je me connais bien et cela suffit. Ensuite, j'ai des valeurs et des convictions que je défends. Il faut dire les choses et les faire même si l'on peut se tromper. L'échec fait partie de la vie.

Quelle qualité appréciez-vous chez un tiers ?
L'honnêteté et la loyauté. Pouvoir tout dire et tout entendre cela renforce la confiance.

Vous souhaitez axer votre mandature sur trois thèmes en particulier (apprentissage, rayonnement international et transition numérique). De quelle façon ?
Sur chacun de ces thèmes, je vois deux niveaux d'intervention. D'une part, ce que j'appelle l'esprit et l'écosystème, c'est-à-dire la façon dont nous pouvons arriver à faire collaborer ensemble élus, entreprises, collectivités, filières... Le second niveau d'intervention relève de l'aspect technique. Prenons l'apprentissage. Sur ce point, il n'est pas nécessaire de revoir les moyens mais davantage l'esprit. Il faut parvenir à reconquérir les parents, les jeunes et les entreprises. La réglementation, l'image de l'apprentissage ont fait que nous sommes aujourd'hui un peu en perdition sur ce modèle de transmission de savoir-faire reconnu efficace. Il est nécessaire de remettre davantage de lien, de créer de la rencontre pour expliquer, rassurer et redonner confiance. Je souhaiterais que la marque de fabrique de notre mandature soit tournée vers cette capacité à fédérer, à croire de nouveau en des choses perdues, reconquérir un modèle maltraité et dénigré pendant de trop nombreuses années.
Concernant la transition numérique, il est important de trouver les outils appropriés pour que chaque chef d'entreprise puisse concrètement se l'approprier. Notre rôle est d'accompagner ces entrepreneurs dans cette nouvelle vision de l'entreprise qu'est la dimension digitale et qu'ils seront amenés à intégrer. Notre souhait n'est pas de les convertir mais de leur apporter le bon éclairage.
Quant au rayonnement à l'international, nous sommes dans l'esprit, donc dans l'échange. L'équipe en charge de ce thème aura pour mission de créer de la rencontre et du partage d'expérience pour inciter et accompagner les entreprises à exporter leurs produits. Tout ce qui contribue à l'attractivité du territoire est important. Le rayonnement à l'international en fait partie.
Plus généralement, au sein d'une entreprise comme au sein de la Chambre, il est essentiel d'avancer, d'anticiper, d'agir avec agilité.

Avancer ou être audacieux... quelle audace économique vous a le plus interpellée ?
Dans l'audace, je vois la notion de pari qui y est fait où peu de gens y croient sauf le porteur de projet. Je répondrais Tesla Motors (constructeur automobile américain de voitures électriques sportives et de luxe). Dans un tout autre registre, plus humaniste, le projet de Jean-Louis Borloo d'électrifier le continent africain d'ici dix ans.


Marianne Bourgeois
Anjou Eco n°46 - février 2017

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