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Bruno Hug de Larauze : Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Pays de la Loire.

Bruno Hug de Larauze préside depuis le début de l'année la Chambre de Commerce et d'Industrie régionale. Il commente la réforme des CCI, les axes stratégiques de la nouvelle CCIR des Pays de la Loire et la place des CCI de proximité dans la nouvelle organisation.

Biographie

Bruno Hug de Larauze

Né à Troyes en 1960.

Diplômé en droit et de l'école supérieure de commerce de Lyon.

DRH chez Ford.

Directeur marketing puis des services de la CCI de Nantes-Saint-Nazaire (1991-1995).

Reprend en 1998 le groupe nazairien de logistique industrielle et portuaire, MTTM - IDEA Logistique dont il décuple les effectifs (auj. 680 personnes, 75M€ de CA).

A contribué, par ailleurs, à la création ou à la reprise d'une quinzaine d'entreprises.

Président de la CCI de Saint Nazaire en 2005

Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie Régionale des Pays de la Loire depuis janvier 2011.

Le réseau des CCI est entré dans une nouvelle phase de réforme. Comment cela va-t-il se concrétiser ?
 
L'enjeu : une plus grande efficacité « globale » dans le service rendu aux entreprises grâce à une offre plus homogène, mais pas uniforme, et plus performante (moins consommatrices de ressources fiscales) en renforçant les niveaux régional et national (ACFCI).
Les chefs d'entreprises élus aux dernières élections ont un mandat de transition. Nous devons réinventer un nouveau fonctionnement en conservant notre priorité essentielle : contribuer au développement des entreprises et des territoires. Le positionnement de la CCIR doit être centré sur la performance des entreprises en créant un esprit collaboratif avec l'Etat et les collectivités.
Nous avons convenu entre présidents des CCIT/CCIR de bien réfléchir ensemble à la hiérarchisation des priorités. Nous ne pouvons pas prôner le sens des responsabilités, de l'engagement et un fonctionnement en réseau pour les chefs d'entreprises sans être nous-mêmes dans une même démarche. La CCIR sera donc un lieu d'échanges, d'impulsion, mais aussi parfois d'arbitrage. D'où l'importance de bien savoir y analyser les enjeux. Nous devons inventer une nouvelle gouvernance pour aller vers une nouvelle organisation.

 Vos priorités ?
Nos CCI doivent accompagner les entreprises dans 6 domaines stratégiques :

Ø      innovation et recherche : le mot clé est ici la création de valeur « différenciante »,

Ø      développement à l'international : « passage à l'acte » des primo exportateurs, mais aussi approche de nouveaux marchés et consolidation des positions pour des entreprises déjà expérimentées sur certains marchés étrangers,

Ø      information et intelligence économique : offrir aux entreprises les moyens d'être mieux informées pour être plus réactives et consacrer leur énergie sur les domaines les plus porteurs d'avenir,

Ø      formation et compétences : un sujet majeur pour nos CCI, mais avant tout pour la compétitivité de nos entreprises et de nos territoires,

Ø      aménagement du territoire : encourager le développement des infrastructures (améliorer la performance des transports de voyageurs et de marchandises avec les régions françaises et européennes, notamment par la concrétisation du contournement ferroviaire de Paris par le « barreau » Sud dont le principe est désormais « acté », mais aussi favoriser les échanges intra-régionaux, enjeu de la RN 171 par exemple).

Ø      filières et pôles : la gouvernance est à réinventer ou à « stabiliser » après une période de démarche empirique durant laquelle de nombreuses expériences ont été conduites. L'empirisme est d'ailleurs parfois une forme de pragmatisme ! De nombreuses formes sont possibles : ainsi, la gouvernance de l'Institut de Recherche Technologique (IRT) Jules Verne  est attribuée à une fondation scientifique, mais la SAS associée sera pilotée par la CCIR et les PME pour s'assurer du transfert technologique. Le tout est de trouver l'articulation optimale pour « faire utile et efficient»
Nos grandes missions restent les mêmes. Je regrette toutefois qu'à l'occasion des différentes réformes de l'Etat, des CCI et des collectivités, des clarifications de compétence ne soient pas allées plus loin. L'organisation administrative de la France a réellement besoin d'être restructurée pour alléger notre « millefeuille administratif » qui freine la compétitivité des entreprises.

Quel est le rôle des CCIT et la place de la CCI du Maine-et-Loire en particulier ?
L'implication des CCIT des Pays de la Loire comme celle de Maine-et-Loire, sera bien sûr complémentaire dans tous ces domaines. Elles auront un rôle de pilotage territorial et opérationnel. Les entreprises ont besoin de proximité et c'est ce qui fait la pertinence de la chambre territoriale : soutien aux entreprises, notamment en matière commerce, tourisme, création d'entreprise, gestion d'équipements, droit à l'expérimentation... Elles apporteront leurs actions propres. L'objectif est d'assurer l'homogénéité de nos actions et d'éviter les doublons et leur surcoût. Chaque CCI doit identifier ce qu'elle fait de bien ou non et faire des choix. Elle doit savoir se retirer de certaines missions si nécessaire.
Le Maine-et-Loire est évidemment un département clé des Pays de la Loire par son histoire, son dynamisme, ses pôles d'excellence, la diversité et la réactivité de son tissu économique. Comme pour tous les territoires de la région, notre enjeu est de capitaliser sur ses atouts, de remédier à ses points de fragilité éventuels - en bref de préparer l'avenir pour une région forte de ses atouts mis en commun dans une stratégie globale déclinée à tous les niveaux.
Les entreprises du Maine-et-Loire sont représentées au sein de notre CCIR par 9 membres élus sur 46. Je compte, avec Eric Groud, sur l'engagement de chacun d'entre eux pour participer à la construction d'un projet ambitieux, intégrant la double dimension locale et régionale, dans une perspective qui d'ailleurs dépasse largement les frontières administratives de notre région !
Je me réjouis également que le président de la CCI de Maine-et-Loire préside l'un de nos six comités stratégiques, consacré à la Formation et qu'il soit engagé au plan national en tant que président du réseau « NEGOVENTIS » (formations CCI aux métiers commerciaux) et membre de la commission des finances de l'ACFCI.

Quelle vision avez-vous de l'environnement des entreprises ?
Sur le plan national, la régionalisation se déroule dans un contexte sous influence avec :

Ø      la Règlementation Générale des Politiques Publiques : elle représente un travail considérable, mais les grands choix n'ont pas tous été faits, les dépenses publiques sont réduites mais les règlementations continuent de proliférer. Nous devrons retrouver pragmatisme et efficience pour donner à l'environnement des entreprises une agilité et une réactivité maximum.

Ø      le Grand Emprunt : il doit devenir un booster de l'économie.

La France doit aussi faire face à une dette historique accélérée par la crise. Cela implique une réduction drastique des capacités de dépense publique : -13 % sur 5 ans des ressources fiscales CCI et des budgets de partenariat contraints. Mais il faut absolument éviter la tentation d'une réduction proportionnelle de chacun des budgets, et au contraire avoir le courage de supprimer certains engagements dont la valeur ajoutée n'est plus assez significative pour recréer des marges de manœuvres et initier de nouveaux projets. Le comble serait pour les CCI ne plus pouvoir mettre en œuvre l'esprit d'entreprendre !
L'environnement économique mondial est en mutation accélérée. Au lieu de le subir, nous devons faire en sorte d'en bénéficier. Ceci a des répercussions économiques importantes sur les grandes entreprises et les PME.
Notre environnement en matière de recherche et de formation doit se mettre au diapason et la réforme de l'autonomie des universités est une très bonne nouvelle en ce sens.
Pour que l'Europe puisse tirer son épingle du jeu, elle doit avoir la capacité à tirer l'ensemble du territoire sur l'économie de la connaissance. C'est un enjeu majeur.
Ces derniers mois, la reconnaissance de l'IRT Jules Verne par l'Etat au titre des investissements d'avenir a été une nouvelle très importante et très encourageante à moyen terme pour notre tissu industriel. Elle a aussi été le résultat d'une grande capacité des acteurs régionaux à se mobiliser sur un objectif commun.
Mais l'Ouest est loin de l'Europe. C'est pour cela qu'il est important de se mobiliser pour consolider nos infrastructures de transport, y compris sur des investissements hors région qui nous concernent - je pense au TGV notamment. Il faut aussi être conscient que les entrepreneurs sont d'autant plus performants qu'ils travaillent sur un territoire bien structuré.
Les Pays de la Loire sont un territoire équilibré, très diversifié, mais qui doit être plus lisible et encore mieux relié au territoire européen

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