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La France s'est enfin dotée d'un plan de modernisation de son parc hôtelier. Objectifs de la réforme : améliorer la lisibilité de l'offre, moderniser les infrastructures et renforcer l'attractivité de la destination. L'Observatoire de l'hôtellerie et de la restauration est un outil précieux pour les professionnels du Maine-et-Loire qui leur permet de mieux anticiper l'avenir.
La restauration aussi...
-près de 1 200 restaurants et 4 000 emplois dans le département
-une hausse de 3,5 % du nombre d'établissements et de 4,4% des emplois.
- la forte croissance de la restauration rapide, le maintien des restaurants classiques et de spécialités, les restaurants économiques en difficulté.
-une offre territoriale bien répartie sur le département.
-un nombre de couverts moyen en diminution mais des chiffres d'affaires en augmentation pour près de la moitié des restaurateurs
Pour plus d'informations ... www.maineetloire.cci.fr
Tombé amoureux d'Angers, l'Irlandais George Walsh a fait sensation en janvier en projetant d'y ouvrir un hôtel 4 étoiles de 36 à 37 chambres boulevard Foch fin 2010. Il se dit prêt à investir 7 millions d'euros. A Avrillé, face au château de la Perrière, une résidence de tourisme de luxe devrait voir le jour en 2011. Le maire d'Angers, Jean-Claude Antonini a pour sa part annoncé sa volonté de créer un centre de congrès sur le Front de Maine couplé à un hôtel « de classe » et à un centre des affaires afin de raviver l'image d'Angers et la rendre plus attractive.
Si le tourisme d'affaires y est bien implanté, le tourisme de loisirs peine à conquérir sa juste place. Ces trois projets d'envergure bouleverseraient la donne actuelle. Après la liquidation judiciaire du Pavillon le Querré en 1998, Angers n'a plus accueilli d'établissement de luxe. La question est de savoir si une structure très haut de gamme sera rentable, surtout dans un contexte économique difficile.
Une réforme attendue
« On observe une certaine morosité de la fréquentation touristique. La clientèle est plutôt régionale et les séjours courts » déplore Edouard Pollet, propriétaire à Angers de deux établissements deux étoiles : l'hôtel de Champagne et le Continental. A Saumur, Jean-René Camus, propriétaire de l'hôtel trois étoiles Anne d'Anjou souligne que les affaires sont très calmes. « Nous avons ressenti la crise depuis le début 2008. Les Anglais ne sont pas venus au printemps. La fréquentation a fléchi l'année dernière ». En cause la baisse du cours de la livre sterling, la crise financière et la concurrence accrue des destinations court séjour à bas coût.
Pourtant il reste des raisons d'espérer. Le changement mis en œuvre par Hervé Novelli, Secrétaire d'Etat chargé du tourisme, avec l'appui des syndicats professionnels, vise à adapter le parc hôtelier français aux standards internationaux. Pour Edouard Pollet dont l'établissement est certifié hôtel cert, « l'aspect qualitatif est enfin entré dans la qualification des hôtels ». Jean-René Camus confirme : « ça va dans le bon sens ».
La réforme remplace le référentiel créé en 1986 qui n'est plus adapté aux attentes des consommateurs. Ces dernières ont évolué alors que les normes de confort et de qualité n'avaient pas été modifiées, et que le parc hôtelier avait lui-même vieilli. On estime que les deux tiers des hôtels classés tourisme nécessitent une rénovation, soit 18 000 environ. Et ce, sans parler des hôtels non classés...
Un marché de la rénovation estimé à 10 milliards d'euros
Applicable à compter du 1er juillet 2009, la nouvelle grille s'étend désormais de la première à la cinquième étoile, les 0 et 4 étoiles luxe n'existant plus. Equipements, qualité de service, accessibilité et développement durable sont les principaux points de ce programme qui balaie 300 critères contre 100 auparavant. Le classement est volontaire, limité dans le temps et renouvelable. Son coût est pris en charge par les professionnels et les visites seront réalisées par des réseaux d'audit spécialisés. Pour accompagner les hôteliers dans leurs investissements, Hervé Novelli a souhaité que les pouvoirs publics les soutiennent et a débloqué un plan d'accompagnement de 1,5 milliard d'euros. Il a demandé à Oséo et à la Caisse des dépôts de créer des outils de financement qui leur soient spécialement destinés. Deux prêts participatifs leur sont proposés. Le marché de la rénovation est estimé à 10 milliards d'euros.
Des questions en suspens
Pourtant des interrogations demeurent. Qu'adviendra-t-il de l'hôtellerie non classée qui compte environ 12 000 établissements ? Certains sans être des hôtels médiocres ne disposent pas de suffisamment de chambres pour être classés. D'autres véritablement insalubres et vétustes ne méritent pas de porter le nom d'hôtel et nécessiteraient un contrôle suivi des autorités.
La société d'étude spécialisée dans l'hôtellerie et le tourisme Coach Omnium relevait en 2006 que « le manque de garantie en matière d'hygiène et de confort est occulté par le fait que tous ces établissements non classés peuvent porter l'enseigne « hôtel » comme leurs cousins classés ». Ce qui est susceptible de provoquer une certaine confusion chez la clientèle, surtout étrangère, d'autant que les étoiles sont aussi concurrencées par les enseignes de chaînes qui disposent d'une forte notoriété et par les classements internes des réseaux.
Autre souci, la reconnaissance par les clients des fameuses « étoiles ». Nombreux sont ceux qui s'y réfèrent pour choisir un hôtel en pensant qu'il s'agit là d'un classement de l'excellence des prestations. Et ils sont souvent déçus. En fait cette disposition concerne simplement des normes d'espace et d'équipement disponible. La réforme apporte un changement de taille en introduisant de nouvelles exigences concernant l'équipement, la propreté ou la qualité de service. Elle mériterait une campagne de communication d'envergure pour faire connaître ces modifications notables à la clientèle.
Enfin, les réglementations à venir sur la sécurité incendie et sur les établissements recevant du public vont générer de nouvelles contraintes et la profession risque d'y laisser des plumes. Les propriétaires des hôtels pourront-ils tout absorber ? « La sécurité n'a pas de prix, mais elle a un coût sérieux. Les décideurs en ont-ils conscience et les artisans auront-ils le temps de s'occuper de tous les établissements? » s'interroge à juste titre Jean-René Camus.
L'hôtellerie à la loupe
Les CCI du Maine-et-Loire ont réalisé la deuxième édition des enquêtes hôtellerie et restauration auprès des professionnels du département, la précédente datant de 2004. Cet observatoire fournit un état des lieux en Maine-et-Loire à la fin 2007. Il a pour vocation d'apporter des indicateurs sur les caractéristiques et les principales données économiques de la profession. Cette photographie renforce la connaissance de l'appareil touristique et structure un outil d'aide à la décision pour toutes les parties intéressées.
Le département compte 190 hôtels totalisant une capacité d'accueil de 4 500 chambres et fournissant plus de 600 emplois. Entre 2004 et 2007, si le nombre d'établissements (-3,1%) et d'emplois (-2%) ont baissé, le nombre de chambres a légèrement augmenté (+0,4%). Fin 2007, un hôtel c'était en moyenne 3,29 emplois et 23,9 chambres.
Les deux étoiles majoritaires
L'infrastructure hôtelière est constituée de deux catégories. Les hôtels non classés représentent 25 % des offres hôtelières du département. On en compte 11 de moins qu'en 2004. L'hôtellerie classée représente donc les trois quarts de l'offre touristique.
Les deux étoiles sont les plus nombreux. Ils constituent 45 % des établissements, 51 % des chambres et 52 % des emplois. Les 4 étoiles ne sont que 4. L'offre est très concentrée sur 3 pôles urbains : 48 % sur Angers Loire Métropole, 21 % sur Saumur développement et 14 % sur le Choletais. « Plusieurs hôtels se sont construits ou vont l'être dans les environs. J'ai peur que cela fasse trop de chambres d'un coup à absorber » explique Natacha Bisiaux, présidente du club hôtelier de Cholet et propriétaire du Vert Galant à Jallais.
Une offre dominée par les indépendants
Les indépendants sont largement majoritaires dans la profession (62 %). Leur part a augmenté depuis 2004 de 4% en nombre d'établissements et de 5 % en terme d'emplois. Toutefois, leur poids est plus faible en nombre de chambres (38 %).
Le chiffre d'affaire est en augmentation dans une majorité d'hôtels (52%). Les hôtels non classés et les 3 étoiles connaissent une diminution.
6 hôtels sur 10 sont dans une forte dynamique d'investissement. 80 % en ont réalisé les 3 années précédent 2007 et 65 % en projettent les 3 prochaines années, soit 15 % de moins.
A l'heure d'Internet
Au regard des chiffres, l'équipement hôtelier est en nette amélioration. Il reste cependant assez faible en prestations sophistiquées (climatisation, prestations sportives...). Heureusement, l'hôtellerie se met à l'heure d'internet : la moitié des hôtels sont équipés d'un service de réservation en ligne et 52 % d'entre eux proposent l'accès wifi à leur clientèle.
Et si 1/3 des hôteliers envisagent une augmentation des emplois dans les 3 ans à venir, ils sont 45% à éprouver des difficultés à recruter (60 % pour les hôtels 2,3 et 4 étoiles). Malgré la crise, certains hôtels peinent à embaucher.
Se projeter dans l'avenir
Exploiter un hôtel, c'est optimiser l'offre. 31 % des hôteliers envisagent de se former et 35 % souhaitent une formation pour leurs salariés.
Près de 40 % des hôteliers ont plus de 50 ans et 12 % plus de 55 ans. L'âge de la retraite approchant, une partie du parc hôtelier pourrait être cédée les prochaines années. 27 % d'entre eux souhaitent transmettre leur établissement.
Au final, l'Observatoire fait apparaître un tableau nuancé sur le département : une offre très concentrée, une diminution du nombre d'établissements et des emplois mais une nette amélioration des équipements proposés, une hôtellerie indépendante majoritaire, une dynamique d'investissements bien présente, mais aussi une population vieillissante.
Malgré la crise économique, il ne faut pas sous-estimer les capacités de rebond et de résistance de la profession. Son salut passe par une nécessaire politique d'investissements. Mieux connaître l'offre, c'est aussi se donner les moyens de mieux appréhender l'avenir. Sur la route des étoiles, l'hôtellerie française saura se réformer.
Isabelle Gaudino
Récession, chômage en hausse, moral des ménages en berne... la crise financière, telle une déferlante, entraîne dans son sillage, un climat de morosité et le pessimisme ambiant de gagner insidieusement du terrain. Avant ce tsunami économique, certaines entreprises avaient décidé d'investir. Elles gardent le cap contre vents et marées car comme le dit l'adage « qui n'avance pas, recule ».
La « crise », mal du 21ème siècle ?
Dans une société occidentale où tout va de plus en plus vite, la « crise » est devenu un mot « à la mode » bien malgré lui : crise sociale, crise d'identité, crise financière... La recette du «relevons nos manches » semble bien faible en regard d'un optimisme partout grippé. Pour repartir les batteries chargées, il faudrait notamment, selon Michel Maffesoli (*) « dans les problèmes essentiels, savoir prendre du recul afin de mieux comprendre la réalité empirique ». Tout serait affaire de motivation et de méthode bien que cela ne soit pas aussi simple à appliquer. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs....Certes la crise là, est bien réelle. Crise financière mais aussi grave crise de confiance. Alors, question à 1000 milliards d'euros : quand la confiance se décidera-t-elle à revenir ?
Les media, amplificateur de sinistrose ?
A tort ou à raison, les media, sont taxés d'entretenir cette morosité. Comme le disait un journaliste de la chaîne info BFM, lors d'un débat organisé par le club de presse de Nantes Atlantique en décembre dernier autour du rôle des media et de leur responsabilité éventuelle dans ce climat de sinistrose, « Il était inévitable que les médias aillent trop loin vue la situation exceptionnelle et inédite de cette crise » ou cet autre du JDE (**) «L'information va trop vite. La notion d'instantanéité contribue à faire caisse de résonance ». La confiance est la matière première fondamentale. En pareille situation où tout le monde navigue à vue, les media doivent faire preuve d'une extrême prudence dans le décryptage de l'information
« Ma petite entreprise ne connaît pas la crise »
A trop parler des entreprises qui déposent le bilan ou dégraissent, on oublierait presque celles qui se portent bien et investissent. Certains ont décidé « d'y aller » malgré tout. D'autres préfèrent attendre. Chaque société réagit selon son activité, sa structure. Ce qui pourrait être « la » solution pour l'une ne le sera pour l'autre. De là le nécessaire respect du choix de chacun.
Récemment, la presse locale s'est faite l'écho d‘entreprises qui affichaient une santé presque insolente en ces temps difficiles. Fin 2008, la société Ponticelli (spécialisée dans le levage, la mécanique et la tuyauterie industrielle) annonçait son intention d'investir 5 millions d'euros sur son nouveau site saumurois, d'ouvrir une nouvelle unité de production de tuyauterie dédiée au secteur nucléaire et de créer 30 emplois dès le mois de mars. Au Cormier, près de Cholet, JCM Création, spécialisée dans la maçonnerie de rénovation, où «les besoins existeront toujours » comme le disent les deux jeunes gérants, Jérôme Colin et Mickaël Sécher. La société est en passe d'acquérir un nouveau terrain de 5000 m2 et de recruter du personnel. Leur « + », une excellente réactivité, un savoir-faire reconnu.
A Saint-Georges-des-Gardes, la Biscuiterie Saint-Georges, après avoir connu quelques turbulences (rachetée en 2001 par le Groupe Bouvard) reste, avec ses 190 salariés, confiante pour l'avenir de part une diversification de sa clientèle et un repositionnement du site sur des produits à plus forte valeur ajoutée. A l'horizon 2010, un agrandissement de 3 000 m2 est prévu avec l'implantation d'une nouvelle ligne de production.
Ageneau Logistique ne dévie pas de sa feuille de route
Un parc de 180 véhicules moteurs, 300 salariés répartis sur 3 sites (Cholet, Angers, Nantes), un C.A en progression de 5 % sur le dernier exercice : le Groupe Ageneau (qui réunit Ageneau Transports et Seillery Transport) joue dans la cour des grands. Les prémices de la crise, Philippe Ageneau les a sentis venir dès la fin de l'été 2007 : « Bien que nous étions dans une phase de croissance en terme de moyens, on sentait que ça commençait à devenir plus compliqué ». Crise ou pas, ses dirigeants, Jean-Pierre et Philippe Ageneau ont décidé de maintenir le cap : « Si une entreprise n'investit pas, elle meurt ». L'atout d'Ageneau, une clientèle diversifiée qui touche de nombreux secteurs (industrie textile, agro-alimentaire, bâtiment, travaux publics, horticole...) d'où un risque atténué d'être sujet aux aléas de certains marchés fortement touchés (automobile, entre autre).
En 2008, pour répondre à une demande croissante, la société a développé la partie logistique sur le site de Ste-Luce-sur-Loire près de Nantes en s'installant dans un bâtiment de 3 000 m2. L'expérience et l'image de marque de la société sont autant d'atouts rassurants. « Nous sommes pris dans une vague, chahutés de toute part. C'est compliqué, mais on va s'en sortir. Evitons de tomber dans la sinistrose ». Pour 2009, la société a prévu d'investir 4 millions d'euros dont 2 à la construction d'un bâtiment logistique de 3 000 m2 à Cholet, d'installer une plate-forme horticole sur Angers suivie, en 2010, de la construction d'un bâtiment logistique. Philippe Ageneau est optimiste, mais réaliste : « Nous sommes le dernier maillon de la chaîne. Nous naviguons à vue. Nous ne pouvons prévoir le volume des commandes. Cela ne nous empêche pas d'avancer. Il faut essayer d'alimenter le positif et aller de l'avant. On parle toujours des sociétés qui ferment. C'est oublier que nous avons aussi de belles structures dans notre région, de grands groupes comme Isover à Chemillé, Métro et Conforama qui ont implanté leur plate-forme... »
Créer son agence immobilière malgré la tourmente
Nom : Charpentier Antoine. Age : 27 ans. Profession : agent immobilier à Angers « J'ai ouvert mon agence en juin 2008 en partant du constat qu'il y avait d'autres prestations à offrir en terme de service clients. Je me considère davantage comme un conseiller d'autant plus en période de crise. Mon rôle est de cerner les besoins réels de mes clients. Je leur donne toutes les cartes en mains, la décision finale leur appartient ». A. Charpentier a commencé de zéro, aucun fichier client. « C'est plus compliqué mais je connais parfaitement tous les mandats de l'agence ». Aujourd'hui, la cabinet compte deux salariés, l'un embauché en septembre dernier, en pleine tourmente, l'autre à la fin 2008. « Mon objectif est de rester à taille humaine. Cela crée des synergies et permet une réactivité immédiate, indispensable dans un marché où les acteurs sont nombreux. Courriels, téléphones portables, la communication va de plus en plus vite. Il faut être capable répondre dans l'instant ».
A. Charpentier mise sur le facteur humain et voit dans cette crise une opportunité pouvant inciter les entreprises à reconsidérer leur gestion interne : « Privilégier une organisation horizontale à verticale, être polyvalent. Ce sont les hommes qui portent les valeurs d'une l'entreprise et qui font les résultats ». Son « credo » : « Etre soi-même, croire en ce que l'on fait et être cohérent ».
Atelier Billard & Fils, spécialistes de la tôlerie
Spécialisé dans l'aménagement des postes de travail, rangement et manutention, l'Atelier Billard & Fils, situé à St Germain des Prés, fabrique des produits métalliques (armoires de rangements, chariots, caissons, dessertes...) destinés aux locaux d'activité et sociaux sanitaires. Ses clients : des industries, collectivités locales, établissements scolaires... Comme l'explique Benjamin Billard, co-gérant de l'entreprise : « Nous vendons de l'outil de travail et ça, on en a toujours besoin. Notre atout, vendre des produits de qualité et robustes et toucher une clientèle très diversifiée ». Pour répondre à une demande croissante, l'entreprise a sollicité sa banque pour l'octroi d'un prêt destiné à la construction d'un bâtiment. La réponse positive lui est parvenue en septembre 2008. «Nous travaillons avec la même banque depuis des années. Elle connaît la société aussi bien que ses dirigeants ». En novembre 2008, l'entreprise a embauché un commercial. « Le développement de notre réseau commercial est notre priorité pour l'année 2009 ». Au 2ème trimestre de cette année, la société envisage de recruter 2 représentants multi-cartes sur les régions parisienne et Rhône-Alpes.
Morillon, signe extérieur de performances intérieures
Depuis 1865, la société Morillon SAS, spécialisée dans la conception et la réalisation d'extracteurs hydrauliques des produits difficiles, a assis son image de marque sur l'excellence de son savoir-faire liant une technologie sur mesure et une fabrication « cousue-main » de ses équipements. Cette année, afin d'améliorer la gestion des stocks, la société a prévu d'investir dans la construction d'un bâtiment de 500 m2. La volonté de Laurent Morillon, Président de l'entreprise, de maintenir ce projet est aussi celle d'un homme confiant dans l'avenir, même s'il concède qu'il sera sûrement amené à revoir ses prévisions, faute de visibilité à long terme. «Nos clients reportent leurs demandes. Ils ne les annulent pas. Beaucoup de projets sont en attente. Le cas échéant, nous rapatrierons un certain nombre de services qui, pour l'instant, sont externalisés. Nous rationaliserons la gestion des horaires. Mais, nous n'en sommes pas là ». La société réalise 75 % de son C.A à l'export, une diversification des marchés qui permet, selon L. Morillon, d'atténuer les « retours de flamme ». L. Morillon est conscient du sérieux de la crise actuelle. Parce que tout a un début et une fin, il s'attend à des jours meilleurs : « Lorsque cela redémarrera, il faudra être prêt et réactif dans des conditions optimum » et de voir dans cette crise des opportunités éventuelles :
« Le contexte incite à aller prospecter de nouveaux marchés, à porter davantage d'attention à toutes les demandes, quelles qu'elles soient, celles qui ne semblaient pas intéressantes auparavant et que nous allons examiner de plus près désormais ».
Tout le monde s'accorde à dire que la crise actuelle est sévère avec quelques trous d'air à prévoir dans les mois prochains. S'il est une règle d'or en pareille situation, c'est d'éviter tout jugement à l'emporte pièce quant aux choix de chacun, jugement qui viserait davantage à culpabiliser les acteurs économiques suffisamment bousculés et fragilisés. Chaque entreprise est un cas unique. Pour le reste, deux options : soit céder aux sirènes du déclin, soit tenter de voir comment il est possible de traverser au mieux cette tempête. Suivons le conseil « avisé » d'un ancien Premier Ministre et essayons d'adopter la « positive attitude », célèbre « raffarinade » en son temps.
Marianne Bourgeois
(*) : «Le réenchantement du monde, une éthique pour notre temps » Ed La Table Ronde
(**) JDE : Journal des Entreprises
Premier sport olympique, l'athlétisme est un sport universel accessible à tous. Cet été, il va donner l'occasion à Angers de se distinguer par l'organisation des Championnats de France « Elite » au stade du Lac de Maine à Angers. Pour les entreprises participantes, c'est aussi l'occasion de profiter du large impact médiatique local, régional voire national que draine cette manifestation ouverte aux sportifs et aux passionnés.
Contacts :
- Fédération Française d'Athlétisme (Paris)
Tél. : 01 53 80 70 00
Responsable Commercial
Philippe Boidé - 01 53 80 70 65
Chargé de partenariat
Antoine Panicali - 01 53 80 70 52
- Angers Terre d'Athlétisme
Sylvain Cesbron
Commission Communication et Marketing
Tél. : 06 85 01 94 59
E-mail : sylvain_cesbron@yahoo.fr
Angers Terre d'Athlétisme
C'est l'effervescence au sein des organisateurs. Faire venir quelques dizaines de milliers de spectateurs pour assister aux Championnats de France d'Athlétisme, et ça durant trois jours. La mobilisation est à son comble et chacun y va de son organisation, sans compter les bénévoles, les pieds dans les starting-blocks. Cet événement sportif revient à nouveau à Angers après les succès sportif et populaire rencontrés lors des précédents Championnats qui se déroulaient dans la même ville en 2005. Cette réelle réussite a certainement contribué dans l'attribution de cet événement sportif pour 2009. En juillet, Angers sera terre d'athlétisme. C'est le nom donné à l'association « Angers Terre d'Athlétisme », créée récemment pour organiser les événements athlétiques sur Angers. Cette association, présidée par Madame Dominique Brémond et affiliée à la FFA (Fédération Française d'Athlétisme), regroupe les 7 clubs angevins, des représentants de la Ville d'Angers, mais aussi de l'Office Municipal des Sports, et la Ligue des Pays de la Loire (avec ses 13 500 licenciés). Elle pilotera l'organisation de l'événement avec le concours de la Ville d'Angers. A noter que cette dernière a fait de l'athlétisme le fil rouge de son programme d'animation dans ses différents quartiers et organise une « caravane athlé ». Le mercredi 10 juin, aura lieu la Fête de l'Athlé, en présence d'un des meilleurs athlètes français. C'est donc toute la ville qui vibrera « athlétisme » jusqu'aux Championnats.
Déroulement
Ces Championnats s'inscrivent dans une démarche de développement durable qui fait intervenir ses trois grands principes : l'économie, l'environnement et le social. Ce sont les premiers Championnats de France d'athlétisme « développement durable » jamais organisés en France. Une démarche qui tient à cœur au Président de la Fédération Française d'Athlétisme, Bernard Amsalem. « Nous souhaitons que cette compétition soit éco-responsable, c'est-à-dire que les effets négatifs sur l'environnement soient réduits au maximum. » D'autres démarches environnementales seront mises en application, comme le covoiturage, la gestion des déchets, les achats, l'accessibilité du site aux handicapés, la compensation carbone... Cette manifestation sera aussi l'occasion de proposer des animations pour faire découvrir ce sport et faire participer un grand nombre de sportifs en herbe, sous forme ludique, pour ensuite orienter les intéressés vers les clubs de la région.
Le Championnat en chiffres :
Très attractifs pour les athlètes, ces Championnats de France représentent la dernière épreuve qualificative avant les Championnats du Monde qui auront lieu en août 2009 à Berlin. Autant dire que « C'est le passage obligé pour pouvoir prétendre à une qualification » souligne Bernard Amsalem. Sont donc attendus à Angers, 700 athlètes en compétition pour 42 titres de champions et championnes de France décernés, soutenus par 30 000 spectateurs, arbitrés par 120 juges officiels, encadrés par 200 volontaires et photographiés et interviewés par 150 journalistes de la presse, radio, TV.
Un événement des plus médiatiques pour le département qui incitera ses entreprises à prendre part à l'organisation, à nouer des partenariats inter-entreprises, à fédérer et impliquer les salariés autour des valeurs de l'athlétisme. La FFA et l'association Angers Terre d'Athlétisme travaillent déjà avec des entreprises locales et sont en recherche de partenariats financiers ou produits. Un catalogue de prestations est à disposition auprès des contacts suivants.
Pilotée par la région des Pays de la Loire et l'Etat, Dinamic Entreprises est une opération dont l'objectif est de conduire annuellement 300 entreprises de la région vers une amélioration de leurs performances. Neuf mois, c'est le temps nécessaire pour lancer et analyser les besoins, pour définir un plan stratégique à trois ans, pour mettre en place les outils, les actions, et récolter les fruits de l'investissement, dès la première année.
Trois axes de performance sont possibles:
- développement de la performance interne : identifier les gisements de progrès et agir sur les points de blocage coût/délais/qualité
- développement commercial : lancer des actions commerciales pour préserver ou développer des marchés à forte valeur ajoutée. But : augmenter la marge et renforcer l'avantage concurrentiel
- développement par l'innovation : choisir et mettre en place une démarche pérenne d'amélioration continue des produits et services. Préparer des projets à fort potentiel, créer de nouveaux process en interne.
Pour les entreprises ayant terminé une boucle dinamic, elles peuvent en démarrer une nouvelle sur un autre thème. Ex. : choisir la performance commerciale après avoir terminé la performance interne.
Coût :
4 500 euros déboursés par l'entreprise pour tout le parcours.
Déroulement de l'opération (3 phases) sur un an, maximum:
Une équipe, constituée au sein de l'entreprise d'un pilote et parfois de co-pilotes, assure le relais avec les consultants.
Qui a droit à Dinamic Entreprises ?
Encadrement :
Contacts avec les chefs de projet :
Suite à une expérience très concluante conduite en Loire-Atlantique, l'idée a fait son chemin et en 2007, Dinamic Entreprises est née. L'originalité de l'opération réside dans son aspect collectif dans la mesure où un groupe est lancé dès que sont inscrites 6 à 10 entreprises, quel que soit l'axe de performance choisi. Des réunions entre les chefs d'entreprises d'un même groupe sont organisées pour échanger leurs points de vue, leurs problématiques, et faire un point comparatif sur l'avancement de leur démarche. Au sein même des entreprises, un relais est constitué par la nomination de pilotes et co-pilotes pour la conduite des plans d'action. Un consultant est nommé pour accompagner individuellement chaque entreprise pendant plus de 10 jours dans son développement. Un programme de formation de 30 jours homme est proposé pour tout le personnel, après analyse des besoins de l'entreprise.
Depuis le lancement de l'opération, une quarantaine d'entreprises du Maine-et-Loire ont déjà pu bénéficier de cet accompagnement. Rien qu'en 2008, trois groupes ont été constitués, rassemblant ainsi une vingtaine d'entreprises du département. Chaque entreprise est accompagnée dans sa démarche tout au long de l'opération par un chef de projet (conseiller CCI), qui encadre le consultant et les formateurs. Voici quelques témoignages de chefs d'entreprises qui se sont engagés dans ce processus.
EPM Fortin à St-Macaire-en-Mauges
Validé
Sébastien Dessein dirige depuis 7 ans l'entreprise EPM Fortin basée à St-Macaire-en-Mauges (20 salariés). Elle est spécialisée dans la fabrication d'outils de découpe de type emporte-pièce utilisés dans la maroquinerie de luxe, mais aussi l'emballage plastique, carton, papier. Ayant la volonté de faire progresser son entreprise, Sébastien Dessein a choisi d'investir temps et argent dans l'opération Dinamic Entreprises au printemps de l'année dernière. «La première étape, qui a duré deux mois, a révélé qu'il fallait s'orienter vers la performance interne de l'entreprise. Ensuite un consultant spécialisé dans l'organisation industrielle nous a aidés à établir un diagnostic technique. Il s'agissait de balayer l'ensemble des fonctions et services pour en déceler forces et faiblesses. Déjà, le fait de lister tous les problèmes existants a suscité des premières solutions. Nous avons mis en place une équipe projet dirigée par un pilote, référent de l'opération, ainsi que trois co-pilotes et moi-même. Ensemble, nous avons suivi et complété la trame des documents Dinamic, base de travail pour le consultant. Nous abordons actuellement le programme de formation personnalisé. Dinamic Entreprises a permis de mettre en évidence la problématique du respect des délais, la fluidité du traitement des commandes et surtout de suivre l'évolution grâce à la mise en place d'indicateurs. » Quelques solutions ont déjà été apportées comme le ré-aménagement des ateliers, la signalisation c'est-à-dire des repères visuels dans les ateliers pour signaler l'état d'avancement des commandes. « L'opération Dinamic Entreprises, qui aboutira en avril, représente une charge de travail surtout pour l'équipe projet mais aussi pour chaque salarié. Au final, elle va nous apporter des solutions pour mieux travailler et être plus efficaces tout en motivant les troupes. Rien que pour cela, cette expérience mérite d'être vécue. »
Rivazur Cakes à Seiches-sur-le-Loir
Jean-Philippe Pasquier a racheté Rivazur Cakes en 2006 (45 salariés). Sur un marché de la pâtisserie industrielle déjà mature, l'entreprise a réalisé en trois ans une augmentation de 46 % de son CA, grâce aux marques de distributeurs. Cakes aux fruits et gâteaux marbrés, de format familial ou en portions individuelles sortent chaque jour de l'usine de Seiches-sur-le-Loir, direction le réseau GMS et hard discount (75 % du CA), la distribution automatique (10 % du CA), et la restauration hors domicile ainsi que la sous-traitance pour le compte d'entreprises telles qu'Air France. En 2008, 2 800 tonnes de pâtisseries ont été produites représentant un C.A. de 9,3 millions d'euros. «Nous avons adhéré à l'opération Dinamic Entreprises en octobre 07 avec comme axe la performance interne de l'entreprise, au moment où la crise sur la matière première sévissait. Notre difficulté était de savoir comment répercuter ces hausses sur nos prix de vente. Par ailleurs, le programme Dinamic nous a permis de travailler sur le taux de rendement matière. D'abord le mesurer, puis l'optimiser en apportant des modifications sur les dosages, limiter les pertes et déchets de production. L'extension et la restructuration de l'usine en 2005 nous a permis d'augmenter notre capacité de production. Aujourd'hui, nous avons un nouveau projet d'extension avec la création d'une troisième ligne de fabrication. Grâce à Dinamic, deux postes d'encadrement terrain ont été créés. Ces deux nouveaux chefs d'atelier sont les co-pilotes de l'opération. » Le plan d'action découlant de Dinamic a mis en place des indicateurs sur les lignes de production et de conditionnement pour optimiser les rendements. «Les réunions de travail sont plus constructives car nous discutons à partir de chiffres et données et non plus sur de simples ressentis. Ce changement de culture au sein de l'entreprise est important : les salariés ont pris conscience de l'importance de la notion de résultat. » Rivazur Cakes a clôturé de façon très positive son programme en décembre de l'année dernière.
Herb'Atlantic à Champs-sur-Layon
validé
A Champs-sur-Layon, la société Herb'Atlantic transforme les plantes médicinales et aromatiques et fabrique des compléments alimentaires. Créée en 1992, elle était dirigée jusqu'à présent par Monsieur et Madame Gabard qui passent le relais à leurs enfants, Christelle Faivre, gérantre, associée à ses deux frères. En quelque sorte, une affaire familiale qui tourne bien, avec ses 12 salariés. «L'année 2009 sera décisive pour l'entreprise, compte tenu de cette transmission de gérance. Nous attendons beaucoup de cette opération commencée en juin 2008, pour redynamiser l'activité et « dépoussiérer » les habitudes. Cela va nous permettre de mieux cerner le métier, la structure, le personnel qui se montre très impliqué dans tout le déroulement, mais aussi donner un nouvel élan et une méthode de travail plus confortable pour le personnel. » L'axe choisi, la performance interne, a décelé un taux de rendement machine insuffisant. Le plan d'action mis en place permet une optimisation de l'utilisation des machines qui, de ce fait, va augmenter le rendement de la production. Par ailleurs, Dinamic Entreprises a donné confiance à Herb'Atlantic pour investir dans une nouvelle machine de décontamination vapeur pour les plantes, ceci afin de diversifier les débouchés des produits dans le domaine très réglementé qu'est la pharmacopée.
Tolectro à Nyoiseau
Jean-Paul Rochais a repris Tolectro, et une partie de ses salariés, en décembre 2006 à Nyoiseau alors qu'elle était en difficulté. Spécialisé dans la tôlerie fine, la mécanique, l'assemblage, pour des secteurs tels que le ferroviaire, l'agro-alimentaire, Tolectro compte aujourd'hui 35 personnes qui réalisent un C.A. de 3 millions d'euros. «Le projet Dinamic Entreprises ? C'était un bon tremplin pour repartir sur de bonnes bases. Nous avons choisi l'axe de la performance interne au sens large du terme. » Réorganiser la structure, mettre en place de nouvelles procédures pour développer la production et pouvoir embaucher du personnel. Jean-Paul Rochais a repris cette société à taille humaine où l'échelle de grandeur n'est pas la même que celle du secteur automobile d'où il vient, où tout est hiérarchisé, industrialisé. «L'opération Dinamic a permis de réfléchir sur la réduction des coûts de production, l'amélioration de la sécurité du personnel face aux machines. Pas toujours facile de sensibiliser le personnel déjà en poste depuis 15 ans, avec leurs habitudes de travail. » Débuté en mars 2007, Tolectro vient de terminer Dinamic par la mise en application de son plan d'action. « Une initiative qui s'est avérée nécessaire pour relancer la société. »
Rocher à Saumur
Christian Jozan a le souhait de faire évoluer son entreprise du stade artisanal au stade industriel sans en négliger sa rentabilité. Il dirige la société Rocher à Saumur, (100 salariés) spécialisée dans l'équipement des véhicules industriels et plus particulièrement dans la pose de citernes (camions de pompiers). Elle se diversifie aussi dans la fabrication de grosses pièces en polyester. L'opération Dinamic Entreprises va lui permettre d'industrialiser le process de ses véhicules spécifiques. A terme, Christian Jozan compte développer l'export avec des produits compétitifs ce qui implique une maîtrise des outils de production qui permettra une augmentation de 20 % de l'activité. « Se lancer dans l'opération Dinamic Entreprises est assez ambitieux. Il faut être conscient que c'est contraignant et mobilisateur de temps et d'énergie. Toutefois, sa mise en place et son bon déroulement sont facilités car ce dispositif est très structuré, avec des cadres de procédures bien formulés. Savoir se donner les moyens de gérer le quotidien en parallèle est primordial avant de se lancer dans cette aventure. Cette opération permet à une PME comme la nôtre qui veut se remettre en cause et évoluer, de pouvoir bénéficier des aides de la Région pour réaliser son projet. »
Dominique Gruson