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Bruno de Laage, Président de Vegepolys

En mars, Bruno De Laage succédait à Michel Velé à la présidence de Vegepolys. L'audit de 2008 a confirmé la dimension mondiale du pôle de compétitivité du végétal spécialisé. Ses priorités pour préserver l'acquis et développer Vegepolys : sortir de nouveaux projets innovants ; doubler le nombre d'adhérents ; rendre la communication plus cohérente ; exister à l'international.

Biographie

Bruno de Laage

Né en 1951 à Saintes

Diplômé d'HEC,

A fait toute sa carrière au Crédit Agricole en région (Charente, Loiret, Sarthe)

Directeur Général du Crédit Agricole de l'Anjou et du Maine depuis 2000

Exerce également d'importantes fonctions au sein du groupe Crédit Agricole (secrétaire général adjoint de la FNCA Fédération nationale des caisses de Crédit agricole...)

En conclusion, un banquier à la tête de Vegepolys, surprenant, non ?
Je ne suis pas issu de la filière végétale. Mais je faisais partie depuis 2006 du Conseil d'administration au titre du Crédit Agricole dans le collège Entreprises. Par mes responsabilités actuelles, je connais bien les milieux agricole et industriel ainsi que la recherche et la formation que Vegepolys accompagne dans ses projets d'innovation. Cela étant, j'ai refusé plusieurs fois la proposition de devenir président avant d'accepter de succéder à Michel Velé. C'est un mandat très prenant. .

 Que représente Vegepolys en 2009 ?
Vegepolys est l'un des 9 pôles de compétitivité français à vocation mondiale labellisés en juillet 2005. Il regroupe 8 filières du végétal spécialisé. Pour faire simple, ce qui n'est pas grande culture, c'est-à-dire horticulture et maraichage, arboriculture, semences, viticulture, plantes médicinales et aromatiques, champignons, cidriculture, tabac. Vegepolys, ce sont 220 adhérents en 4 collèges, entreprises du et autour du végétal, les syndicats, organismes de développement des filières, chambres consulaires ainsi que les centres de recherche et de formation. Avant la création du pôle de compétitivité du végétal spécialisé, il y avait eu de grands efforts, notamment par la CCI, pour constituer une force de rapprochement entre la recherche et les entreprises. Ce fut la raison de la création du PRIA en 1983. Vegepolys a été un des rares pôles de France à s'inscrire dans une trajectoire existante. C'est une chance, mais cela pose des difficultés de gouvernance car il faut faire fonctionner ensemble ce qui existait déjà.

Quel est le bilan des trois dernières années ?
Le pôle s'est structuré. Nous avons développé le nombre d'adhérents en sachant prospecter hors de la région d'Angers au sens strict. Les maraîchers nantais nous ont rejoints. Les projets accompagnés sont aujourd'hui 65 dont 15 projets collaboratifs entreprises / recherche. Vegepolys s'est appuyée sur Angers Technopole pour accompagner les projets d'innovation. Les professionnels du végétal peuvent maîtriser l'information stratégique grâce au Centre d'Intelligence Economique et Territoriale (CIET), porté par la CCI. Deux plates-formes de transfert de technologies ont été créées pour offrir des ponts entre la recherche et les entreprises. Valinov est un Centre d'Innovation et de Transfert de Technologie du Végétal spécialisé qui répond aux attentes des entreprises en matière d'innovation et de R&D. Plante & Cité est le centre technique national spécialisé dans les domaines du paysage et de l'horticulture urbaine. Les entreprises utilisatrices sont souvent de petites et moyennes entreprises, voire des TPE.

Vegepolys a-t-il les moyens de ses ambitions ?
Notre budget s'élève à 850 000 euros par an, financés par l'Europe (Feder), l'Etat, la Région, le Département, Angers Loire métropole et Saumur Loire développement. L'Etat est le plus petit des financeurs avec 50 000 euros. Mais c'est lui qui fixe le cap, les contours de ce que doit être le pôle de compétitivité et qui donne le label. Le 30 septembre, nous avons signé un contrat de performance avec l'Etat. Le pôle a franchi une étape importante qui va lui permettre de se consacrer pleinement à la mise en œuvre de son plan d'actions. En fin de plan, le budget atteindra un million d'euros, mais l'Etat nous demande que les entreprises apportent la moitié de ce budget. Notre équipe ne comptait que deux permanents en début d'année. Depuis, nous avons recruté une chargée de mission à l'international. Un chargé de mission est en cours de recrutement pour faire vivre le réseau et  développer des projets collectifs issus des rendez-vous stratégiques.
En 2008, les 71 pôles de compétitivité français ont été évalués à la demande du gouvernement. Quelles conclusions pour Vegepolys ?
Les résultats de cet audit ont été positifs sur le plan de la structuration et de la mobilisation des acteurs. Trois points restaient à améliorer. La gouvernance et la communication devaient gagner en lisibilité. Les collaborations entre les entreprises, les 8 filières et la recherche étaient à développer : l'audit préconisait une stratégie plus simple pour faire apparaître les points communs aux 8 filières. Enfin, le pôle devait être plus lisible à l'international. Le prochain audit aura lieu en 2011.

Quelles sont vos priorités ?
D'abord, Vegepolys doit sortir des projets. Nous en avons mené 15 sur les 3 dernières années. En 2009, nous suivons 8 nouveaux projets collaboratifs. Ce sont des projets de petite taille, mais ils nous permettent de montrer notre efficacité. Nous relançons la recherche d'idées liées à l'innovation variétale, la protection des plantes, la valorisation de leurs propriétés santé bien-être, le paysage urbain, mais aussi aux processus et méthodes de production et aux supports de culture. Pour cela, nous avons lancé un appel à idées de projets innovants. « Le tremplin de vos idées » s'adresse aux chercheurs et entreprises professionnels du végétal français ou étranger. Ils ont jusque la fin novembre pour déposer leur idée en toute confidentialité sur un site dédié. Les porteurs d'idées connaîtront courant janvier l'accompagnement que nous leur proposons.
Nous devons aussi augmenter le nombre d'adhérents. L'objectif est de le doubler, voire plus, d'ici à 3 ans, avec un potentiel de 4 500 entreprises. Rien ne nous empêche d'aller chercher des entreprises hors région pour les impliquer dans des travaux et les faire adhérer. Il faudra en même temps faire mieux connaitre notre stratégie et dire ce que Vegepolys peut apporter à l'entreprise. Nous allons rendre plus cohérente la communication que l'éclatement des structures dans le passé a pu gêner. Maintenant il faut mettre en avant la « marque ombrelle » Vegepolys.

Vous évoquiez l'international...
Nous voudrions contribuer à la croissance de la part de marché l'export des entreprises du pôle de 3 à 5 points d'ici 2015. Mais exister à l'international est bien la priorité la plus complexe à mener à bien. Nous possédons heureusement toute notre légitimité pour nouer des partenariats forts avec l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne, même la Californie. Il n'existe pas ailleurs en Europe de concentration aussi forte dans le végétal spécialisé. Même pas autour de Wageningen en Hollande qui est articulé autour d'un gros pôle universitaire spécialisé dans le végétal. L'international se travaille aussi sur Angers. Les 12 et 13 janvier 2010, nous organiserons la seconde édition de notre biennale, le Plant International Meeting, au Centre de Congrès.


Propos recueillis par Alain Ratour

www.vegepolys.eu/

« Le tremplin de vos idées » : http://www.call-vegepolys.eu/.

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