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Panorama des investissements dans l’enseignement supérieur

Angers offre un large choix de formations traditionnelles et innovantes à près de 35 000 étudiants. Ses deux universités, son école doctorale, son centre hospitalier, ses écoles d'ingénieurs et de management font de la ville un pôle universitaire de premier plan. A l'heure où l'enseignement supérieur et la recherche sont érigés en priorité absolue, les investissements massifs dans ces deux domaines sont devenus indispensables au développement du territoire.

L'enseignement supérieur et la recherche sont les gagnants du grand emprunt. Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a souhaité distinguer une dizaine de campus d'excellence capables de concurrencer les meilleurs mondiaux. Pour lutter contre l'émiettement territorial, les universités de la région Ouest ont déjà enclenché un processus de rapprochement, sous le label PRES (Pôle Régional de l'Enseignement Supérieur). Seront-elles retenues dans ce plan ambitieux ?

Le PRES plébiscité par le Livre Blanc
Les rédacteurs du Livre Blanc de l'économie de l'Anjou (Conseil général et CCI de Maine-et-Loire) plaident pour un véritable investissement dans la matière grise et soutiennent le PRES. Ce pôle pluridisciplinaire par excellence propose une offre de recherche et de formation  mieux adaptée aux besoins des territoires et plus visible dans la compétition internationale. Il implique une coopération accrue entre universités, grandes écoles et organismes de recherche afin de mutualiser leurs activités et leurs moyens.
La constitution du PRES de l'Ouest réunit dans un premier temps les universités publiques de Nantes, d'Angers et du Mans et l'Ecole Centrale de Nantes. De nombreux établissements angevins ont émis le souhait d'y être intégrés en tant que nouveaux membres fondateurs (ESA, CHU d'Angers, Agrocampus Ouest, le centre régional de lutte contre le cancer Paul Papin...) ou membres associés (Université Catholique de l'Ouest, groupe ESAIP, ESEO, ESSCA...). Les universités et les écoles se préparent donc à affronter ensemble la concurrence internationale.
L'environnement économique et social n'est plus le seul vecteur de la réussite des territoires. Le savoir et la formation y sont associés, puisque le choix des secteurs à valoriser dépend d'abord des domaines d'excellence de l'université, des écoles et des centres de recherche.

Université : des investissements conséquents
Le contrat de projets Etat-région en cours couvre les années 2007-2013 et permet d'assurer des financements de grande ampleur notamment dédiés à l'enseignement supérieur et la recherche. Il se caractérise par un effort immobilier exceptionnel (41,7 M€). Les travaux comprennent la réhabilitation, la construction ou l'extension de nombreux établissements : l'IUT, l'ESTHUA (Etudes Supérieures de Tourisme et d'Hôtellerie de l'Université d'Angers), l'école d'ingénieurs ISTIA, les facultés de médecine et de pharmacie, le centre Universitaire de Formation Continue, une partie des locaux de l'IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) et un bâtiment central pour la vie étudiante.
Le deuxième gros poste couvre le développement de la recherche avec deux axes prioritaires : la santé et le végétal. La santé bénéficie d'un investissement de 16,5 M€ : une rallonge de 1,5 M€ pour terminer le bâtiment IRIS (Institut de Recherche et d'Ingénierie de la Santé) qui va héberger les nouveaux laboratoires au printemps 2010, 7 M€ pour construire le bâtiment IRIS 2 destiné à achever le regroupement des laboratoires et 8 M€ pour financer l'équipement des plateformes de recherche. Ces dernières années ont vu une croissance remarquable de la biologie médicale et de la recherche biomédicale menée conjointement par le CHU, l'université d'Angers et les organismes de recherche.
Le financement du végétal représente 27,9 M€ avec la construction prévue d'un Institut du Végétal regroupant tous les laboratoires de la recherche universitaire et de l'INRA (17,5 M€) et l'achat de l'équipement scientifique (10,4 M€). D'autres investissements relatifs à l'amélioration de la vie étudiante, au financement supérieur agricole et aux innovations de matériaux pour le génie civil, sont en cours.
Dans le Maine-et-Loire, les investissements dédiés à l'université publique, ses différents établissements et la recherche se montent à 92,24 M€. A titre de comparaison, la Loire-Atlantique draine 183,24 M€.
L'Université Catholique de l'Ouest, pour sa part, a entamé des travaux dans le Palais qui accueille le pôle international et le CIDEF (apprentissage du français pour les étrangers), dont la première tranche sera livrée en 2010. L'objectif étant d'attirer plus massivement les étudiants étrangers vers les licences et masters proposés par l'UCO.

Investir dans l'immobilier pour rester dans la course
Pour les écoles privées, il est vital de rester dans la course. Le groupe ESA (Ecole Supérieure d'Agriculture) a pris possession de ses nouveaux bâtiments (3 000 m² neufs et 4 500 m2 rénovés). 10 M€ d'investissement pour accueillir 3 300 étudiants par an. « Nous sommes le plus grand centre de formation supérieur agricole en France à destination des entreprises et des milieux agricoles et alimentaires » rappelle Bruno Parmentier, directeur général. « L'ESA vise l'excellence scientifique. Nous devons être des champions dans la compétition internationale. C'est pourquoi, nous sommes intéressés par le PRES. Il faut se regrouper pour être visibles, être capables de créer des alliances. Big is beautiful, pour être visibles depuis Pékin ou Sao Paulo, mais tout en restant également persuadés que Quick is beautiful. Il faut garder la possibilité d'innover rapidement dans la compétition internationale. »
Qui dit recherche, dit investissement. Si la recherche appliquée est directement facturée aux entreprises, la recherche théorique demeure financée par des aides publiques et des appels d'offres pour 2 M€ d'euros et par l'école elle-même qui dépensait chaque année 500 000 euros pour sa recherche-développement et qui a décidé de porter ce chiffre à un million d'euros dans les quatre ans qui viennent. 500 à 600 000 euros sont investis chaque année pour le matériel, dont une partie co-financée par les collectivités locales.
L'ESSCA (Ecole Supérieure des Sciences Commerciales d'Angers) a réceptionné récemment l'extension de ses locaux. La construction, d'une superficie de 4 400 m² supplémentaires, porte la surface totale à 17 200 m². Le coût de cette extension est de 10 M€. Les collectivités territoriales (région : 2,2 M€, Conseil général : 2,2 M€ et Angers Loire Métropole : 2,2 M€) ont manifesté leur soutien à l'ESSCA (3,4 M€) en finançant une partie de la construction.
L'ESSCA, qui est la seule école post-bac accréditée à l'international (EFMD), bénéficie d'une belle réputation nationale avec plus de 12 candidats pour une place. Elle est confrontée à une concurrence mondiale qui exige des moyens financiers et humains accrus pour rester compétitive. Or l'école, du fait de son statut associatif, ne bénéficie pas des mêmes aides de financement que ses concurrents. Son modèle économique repose essentiellement sur les frais de scolarité (70 % du budget de 20 M€). Aussi s'est-elle mise en campagne pour recueillir sur la période 2009-2014, des moyens financiers complémentaires via la collecte de fonds.
L'ESPL (Ecole Supérieure des Pays de la Loire) qui délivre des formations de Bac à Bac + 5 en lien avec les besoins de l'entreprise, vient de prendre possession de son nouveau campus au cœur du quartier universitaire de Belle-Beille, pour un coût de 4,5 M€. Philippe Fradin, directeur général, explique que le financement s'est effectué sur fonds propres et emprunts. Cet ensemble architectural de 3 300 m² est doté des nouvelles techniques du multimédia, dont un centre de visio-formation.

Des écoles en projet d'agrandissement
L'ESEO (ou Grande Ecole d'Ingénieurs généralistes), prévoit de déménager  à la rentrée 2011. Jacky Charruault, son directeur général, souhaite implanter l'école dans des locaux plus grands et plus fonctionnels. « Avec 13 000 m² de surface hors œuvre (contre 8 000 aujourd'hui), le futur bâtiment sera un outil pédagogique pratique et évolutif. Il servira de vitrine aux domaines d'excellence de l'école ». L'investissement est de 28 M€, financé par la règle des 4/4 (ESEO, Conseil régional, Conseil général, Agglo).
Pour convaincre les collectivités qu'elles investissent intelligemment, Jacky Charruault a calculé l'impact économique de l'ESEO sur l'Anjou. Pour 18 M€ investis par les trois collectivités, le flux économique généré fait apparaître un coefficient multiplicateur de 33 sur 20 ans.
Les financements annuels de fonctionnement dans les laboratoires s'élèvent à 600 000 €, soit 10 % du budget de l'école. « Il est indispensable qu'ils soient très bien équipés pour professionnaliser les étudiants » souligne Jacky Charruault qui a la volonté de partager le matériel avec les différents acteurs. « A Angers, on ne travaille pas assez ensemble » précise-t-il.
Agrocampus Ouest, institut supérieur des sciences agronomiques, agroalimentaires, horticoles et du paysage, a été créé le 1er juillet 2008 par le regroupement d'Agrocampus Rennes et de l'Institut National d'Horticulture d'Angers. Son centre d'Angers, l'Institut National d'Horticulture et de Paysage, a un projet d'agrandissement lié à la construction de l'Institut du Végétal prévue en 2012. En attendant, les investissements portent sur la rénovation des huisseries et un réaménagement de l'espace interne.
Pierre Collignon, directeur de l'Ircom, (les Ponts-de-Cé), cherche les moyens de  développer son école de communication. La construction de 1 600 m² de bâtiments dépend des collectivités locales et paraît suspendue en ces temps de période électorale. « Pourtant, c'est une question de survie pour notre développement » insiste Pierre Collignon.

L'ENSAM en ses murs
Arts et Métiers Paris Tech (ENSAM), très fortement impliqué dans le réseau industriel de la région, est le seul établissement d'enseignement supérieur d'Angers opérant dans des locaux classés. « Le maintien en l'état de ce patrimoine coûte cher et le développement des activités doit se faire sur place » souligne Bernard Moreira-Miguel, le directeur du centre d'Angers, qui consacre à la maintenance de l'immobilier quelque 300 à 350 000 €. Il prévoit 8 à 10 M€ d'investissements à l'horizon 2015 pour les 200 ans de l'ENSAM avec des projets immobiliers ambitieux qui restent encore à financer.
Enseignement supérieur et recherche doivent faire l'objet d'investissements à long terme, afin d'entrer durablement dans la compétition internationale. Mais il faut aussi savoir retenir après leurs études les étudiants venus en Anjou, souvent originaires d'autres régions. Notre tissu économique local peine à les garder. C'est pourtant aussi l'un des enjeux de notre territoire.

Isabelle Gaudino

Angers offre un large choix de formations traditionnelles et innovantes à près de 35 000 étudiants. Ses deux universités, son école doctorale, son centre hospitalier, ses écoles d'ingénieurs et de management font de la ville un pôle universitaire de premier plan. A l'heure où l'enseignement supérieur et la recherche sont érigés en priorité absolue, les investissements massifs dans ces deux domaines sont devenus indispensables au développement du territoire.

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